16 juillet 2006

L’arbre qui cache la forêt

La promotion du 14 juillet dans l’Ordre national de la Légion d’Honneur m’offre l’opportunité de souligner que depuis le vote de la loi sur la parité du 6 juin 2000, le nombre de femmes promues ou nommées dégringole d’année en année. Et que cette année, l’arbre (l’élévation par le Premier Ministre de Mme Antoinnette Fouque, une célèbre féministe, psychanalyste et universitaire, au grade de Commandeur), cache la forêt de distinctions masculines qui ne cessent d’augmenter au fur et à mesure que la proportion de femmes décorées se réduit en peau de chagrin (de 23, 24% en juillet 2000 à 17,85% en juillet 2006).
            Mais ce qui me sidère, c’est que la chute vertigineuse affecte également deux des ministères les plus féminisés, celui de l’Education nationale et le celui de la Justice.

            Alors, il faut se poser une fois de plus la question de savoir qui décide. Et apprendre, non seulement parce que c’est une cause juste, mais une exigence, les femmes sont la moitié de l’humanité, à partager le pouvoir, comme il faut après 2007, attendre des nouveaux gouvernants qu’ils partagent les richesses.

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Gouverner autrement

Au moment où les français expriment, en plébiscitant la candidature de Ségolène Royal à l’investiture du Parti socialiste, leur désir de renouvellement, une autre femme, Yvette Chassagne,  Conseiller Maître à la Cour des comptes nous montre comment gouverner autrement.

            Cette élue d’opposition de Narbonne, membre de la Commission d’appel d’offre est à l’origine d’une économie de 130 000 euros par an, en démontrant l’intérêt de construire une structure en dur plutôt que de continuer à louer un chapiteau au Parc des sports. Le maire « divers droite » Michel Moynier a vivement remercié cette femme ancien Préfet devenue Conseillère municipale à 79 ans,  pour « son travail positif ».

            Une réponse, certainement, aux septiques de la parité, qui se demandent encore ce que les femmes peuvent apporter de plus à la politique. En tous cas, à ce qu’elle a de plus noble, servir l’intérêt général et le bien être de ses concitoyens.

            Les femmes, seules, seraient –elles aptes à faire de la politique autrement ?

28 juin 2006

« Clanique et Match’o »

C’est ainsi que Claudy, commentant l’article paru dans Midi-Libre de dimanche passé, parle du landerneau politique sétois. Elle ajoute dans son message : « Je réside à Sète. Par ailleurs, si je suis profondément de gauche, mon vote va plutôt
généralement à " la gauche de la gauche" mais j'avoue que cette législative vous avez ma voix car je vous sais  de gauche et vous saurez faire entendre aussi une voix féministe...  dans ce canton clanique et "match'o", votre candidature renouvelle le paysage.  Et apportera des
idées nouvelles ».

            Alors, allez les femmes ?

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25 juin 2006

Bon sang ne saurait mentir

 Il a raison, Dédé Lubrano, Conseiller municipal de Sète !

Vous l’aurez compris, je suis capable de vous organiser une réunion un soir capital de Coupe du Monde. Non pas que l’avenir des bleus me soit indifférent, au contraire, je suis bon public ; je ne répugne pas aux comptes rendus de presse des lendemains et j’aime les hymnes nationaux, surtout quand les équipes les entonnent ensemble à pleins poumons.

            Justement, hier soir, j’étais servie ; c’était Argentine/Mexique. Du cœur battant de la pelouse, les chants s’élevaient, valeureux et virils ; dans les tribunes les supporter(e) s reprenaient. Bonheur de l’union des peuples par le sport ; soit !

            A droite de l’écran –je veux dire du terrain- une inscription : non au racisme. Bien. Mais quoi à propos du sexisme, de la traite des femmes dont j’ai maintes fois parlé, esclaves modernes des lupanars de Berlin ? Rien.

            Si. La petite Alexandra, petite fille de Yvette Rosenfeld secrétaire en son temps de la Section socialiste de Saint-Thibéry, une amie,  venait de parler. Pour dire, avec autorité, à la FIFA que la Miss France qu’elle était, n’était pas du tout d’accord avec cela.   Bravo, Alexandra, et  bon sang ne saurait mentir !

Adieu Général

Adieu Général

            Le Général Michel Poulet vient de disparaître, emporté brutalement par un cancer foudroyant.

            C’était un ami. Un ami des femmes.

            Au début de l’année 2000, il m’avait appelé par téléphone. Il voulait me voir. Nous avions déjeuné à Montpellier à l’Ecole d’application de l’Infanterie (EAI) qu’il dirigeait. Il était préoccupé par la fin de la conscription. Plus d’appelés le priverait du lien social que ces derniers tissaient entre l’Armée de Terre et les femmes.

            Je ne comprenais pas. Alors il m’avait expliqué que les soldats parlaient de leur vie militaire à leurs familles, leurs fiancées, leurs épouses, leurs mères et leurs sœurs, et que désormais la professionnalisation allait conduire l’Armée à recruter des milliers de civils. Plus de service militaire signifiait, plus de séparations, plus de mythes, la fin du romantisme, plus d’occasion de dire à la belle dans ses lettres, comment l’Armée l’était aussi. La fin de la conscription rompait un maillon de la chaîne qui permettait à l’Armée de se faire positivement connaître et reconnaître par les citoyennes. Bref, il  importait  au Général Poulet de maintenir ce dialogue que des générations de soldats avaient tissé avec les femmes.

            Il avait aussi, derrière la tête une autre idée.

            L’Armée, privée des bataillons de conscrits, cuisiniers, serveurs, maçons, mécaniciens, coiffeurs, informaticiens, agents administratifs… que sais-je, allait devoir faire appel à une main d’œuvre tout à la fois qualifiée, mais répondant aussi au critère de discipline, de rigueur et de moralité qui caractérise la vie militaire.

            Alors, il avait pensé aux femmes. Et n’avait nullement caché –j’aimais ce style direct aux antipodes de la langue de bois-, son ambition de redorer, dans cet objectif à leurs yeux … le blason de l’Armée de Terre.

            J’ai sauté, pour ainsi dire sur l’occasion. L’EAI s’offraient à l’Assemblée des femmes. Ses exigences n’ont eu de limites que celles de ces adhérentes ; merveilleux Général Poulet ; il était toujours là, en grande tenue pour nous accueillir. Et ne manquait jamais de s’entourer de ses dames, toujours elles aussi, en grande tenue, histoire de nous faire voir !

            Il est parti à Tours à l’été 2002. Il devait revenir à Montpellier. Il a tenu parole.

            Mais ce n’est pas ainsi qu’il en avait été convenu.

            Adieu, Général, adieu l’ami !

Photo : « Les cravates rouges » (le Général Poulet et Mme Yvette Chassagne) sur le site de l’Oppidum d’Ensérune – Remise des insignes de la Légion d’Honneur à Geneviève Tapié.

24 juin 2006

Adieu Général

Le Général Michel Poulet vient de disparaître, emporté brutalement par un cancer foudroyant.
    C’était un ami. Un ami des femmes.
    Au début de l’année 2000, il m’avait appelé par téléphone. Il voulait me voir. Nous avions déjeuné à Montpellier à l’Ecole d’application de l’Infanterie (EAI) qu’il dirigeait. Il était préoccupé par la fin de la conscription. Plus d’appelés le priverait du lien social que ces derniers tissaient entre l’Armée de Terre et les femmes.
    Je ne comprenais pas. Alors il m’avait expliqué que les soldats parlaient de leur vie militaire à leurs familles, leurs fiancées, leurs épouses, leurs mères et leurs sœurs, et que désormais la professionnalisation allait conduire l’Armée à recruter des milliers de civils. Plus de service militaire signifiaient, plus de séparations, plus de mythes, la fin du romantisme, plus d’occasion de dire à la belle dans ses lettres, comment l’Armée l’était aussi. La fin de la conscription rompait un maillon de la chaîne qui permettait à l’Armée de se faire positivement connaître et reconnaître par les citoyennes. Bref, il  importait  au Général Poulet de maintenir ce dialogue que des générations de soldats avaient tissé avec les femmes.
    Il avait aussi, derrière la tête une autre idée.
    L’Armée, privée des bataillons de conscrits, cuisiniers, serveurs, maçons, mécaniciens, coiffeurs, informaticiens, agents administratifs… que sais-je, allait devoir faire appel à une main d’œuvre tout à la fois qualifiée, mais répondant aussi au critère de discipline, de rigueur et de moralité qui caractérise la vie militaire.
    Alors, il avait pensé aux femmes. Et n’avait nullement caché –j’aimais ce style direct aux antipodes de la langue de bois-, son ambition de redorer, dans cet objectif à leurs yeux … le blason de l’Armée de Terre.
    J’ai sauté, pour ainsi dire sur l’occasion. L’EAI s’offraient à l’Assemblée des femmes. Ses exigences n’ont eu de limites que celles de ces adhérentes ; merveilleux Général Poulet ; il était toujours là, en grande tenue pour nous accueillir. Et ne manquait jamais de s’entourer de ses dames, toujours elles aussi, en grande tenue, histoire de nous faire voir !
    Il est parti à Tours à l’été 2002. Il devait revenir à Montpellier. Il a tenu parole.
    Mais ce n’est pas ainsi qu’il en avait été convenu.
    Adieu, Général, adieu l’ami !



Photo : « Les cravates rouges » (le Général Poulet et Mme Yvette Chassagne) sur le site de l’Oppidum d’Ensérune – Remise des insignes de la Légion d’Honneur à Geneviève Tapié.

18 juin 2006

Flash back

Les hommes sont-ils vraiment indécrottables ?

            A une réunion récente du Parti socialiste, un élu local m’a ri au nez à propos des dispositions de notre projet pour exercer le pouvoir autrement : mandat parlementaire unique, limite du cumul, élection des Conseils généraux au scrutin proportionnel….

            Flash back. Dix ans en arrière, sous le cèdre de Gramont, le domaine municipal de Montpellier, on célébrait le départ du  directeur du Palais des Congrès, le Corum. Jospin, alors patron du PS, venait tout juste d’annoncer sa décision de réserver 1/3 des circonscriptions à des femmes : la France, dernière au classement des démocratie européennes comptait à peine 5% de députées à l’Assemblée nationale. Et autour de la table, cette fois là, on m’a gentiment conseillé, bref,  d’aller me faire voir ailleurs. Je crois même qu’on avait parlé de casseroles …

            Aujourd’hui, la Fédération socialiste de l’Hérault vient de désigner trois candidates  aux élections législatives de 2007. Dans trois circonscriptions, gagnables, c'est-à-dire qui ont connu par le passé des élus socialistes.

            Alors, on ne ri plus?

           

17 juin 2006

Whoaaaa !!!

Manda Green, lauréate d’une grande école, une écossaise auteure d’un thèse sur « Les femmes à l’Assemblée nationale » accueille ainsi sur mon courrier électronique d’hier, l’annonce de ma désignation par le Parti socialiste pour porter ses couleurs autour de Sète et du Bassin de Thau, à l’occasion des prochaines élections législatives de 2007. C’est vrai, j’ai obtenu 67,3% des voix.resultats_designation.doc

L’Assemblée des femmes du Languedoc et du Roussillon en perd sa voix ( !), je croule sous les honneurs qu’elles me font ; c’est sûr, ce résultat est la reconnaissance de ces 10 ans de lobby que nous avons entamés déjà derrière Lionel Jospin pour imposer la parité dans les partis politiques.

Mais on m’appelle aussi de La Réunion, pour me vilipender : le quotidien régional de référence a fourni quelques détails un peu erronés ; je m’en suis expliquée avec eux ! Donc, halte au feu !

Mais je retiens de cela que l’on lit Midi-Libre, non seulement dans la Région, mais jusqu’à Saint-Gilles, Saint-Pierre et Saint Denis de La Réunion. Whoaaaa !!!!

08 juin 2006

Madame la Chancelière Merkel, agissez !

C’est une adresse que fait aujourd’hui avec beaucoup de talent, Gisèle Halimi, avocate et Présidente de Choisir la cause des femmes - un mouvement féministe présidé dans le passé par Simone de Beauvoir puis par le Professeur Monod, Prix Nobel de médecine - à Angela Merkel,  pour abolir en tant que femme et chancelière d’Allemagne, « le droit de cité de la prostitution et de la traite des femmes », dans son pays à l’occasion de la Coupe du Monde (www.lemonde.com).

            Je le dis, et je le redis. Une loi injuste en Allemagne permet « l’importation » de 40 000 jeunes femmes venues des anciens pays de l’Est, pour le « soulagement » des sportifs et des supporters. Et par là même d’abandonner, dans un manque total de solidarité envers les plus vulnérables, non seulement des femmes à une forme d’esclavage moderne, mais son pays au commerce du sexe et de l’argent sale.

            Comment dans ce cas Mme Merkel, peut-elle être crédible dans ses projets pour l’Europe ? Quel modèle offre-elle aux nouveaux Etats, aux pays entrants ? Quand, justement vous entrez en Roumanie  l’accueil se fait – c’était la semaine dernière -  à l’aéroport par des jeunes femmes qui offrent aux messieurs … de bonnes adresses ? Quand le hall de votre hôtel regorge … d’occasions, dans un pays où les enfants mendient encore dans la rue, où la prostitution s’érige encore en alternative unique de survie ?

            Alors, Mme la Chancelière Merkel, au moment où l’Europe est en panne, voici une idée pour la faire repartir par les femmes.

            Obtenez des Etats qu’aux critères de démocratie  dans l’Union, soit ajouté le respect  des femmes, et usez de votre poids politique pour défendre leurs droits et leur dignité.  

31 mai 2006

Bon point

Bon point aujourd’hui à Eric Fottorino, directeur délégué de la rédaction, que j’avais fustigé ( « Talons aiguilles » - 12 janvier) à propos des escarpins de Mme Royal au Chili, indécents pour une femme de gauche  dans les quartiers pauvre de Puento Alto.

 Dans son billet« Avantage à la Parité » (Le Monde daté du 31 mai 2006), il renvoie au fond du Court ceux qui crient à l’injustice parce que cette année pour la première fois la gagnante de  Roland Garros empochera 940 000 euros, soit autant que le vainqueur. (www.lemonde.com)

J’avais évoqué ce progrès le 5 avril 2006, dans « Match…os », une expression que m’avais soufflée dans un commentaire à propos du football, un mystérieux Pierre B…., qui dit me connaître.

Puis je donc Pierre B…, vous solliciter pour que nous demandions ensemble à Mr Fottorino de saisir dans ses colonnes la FIFA, à propos de son silence. Elle n’a toujours rien dit sur les 40 000 jeunes femmes qui vont, comme des esclaves, prêter leur corps aux appétits des supporteurs de la Coupe du Monde, dans un méga lupanar que l’on a spécialement à deux pas des stades, aménagé pour l’occasion ? (« Football et sexe vont-ils de pair ? » - 30 janvier 2006)

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