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20 avril 2010

L’objectif de résultat

Une enquête d'opinion réalisée par l'Institut statistique européen Eurostat, révélait récemment que la question des inégalités des salaires était l'une principale préoccupations des françaises. Mais que par contre, seulement 16% d'entre elles s'estimaient concernées par l'égale représentation des hommes et des femmes dans les assemblées politiques élues autrement dit, « la parité ».

            Pourtant, l'histoire de l'égalité professionnelle ne peut faire l'économie des étapes de l'accès des femmes aux responsabilités politiques qu'elles soient élues ou membres de gouvernement.

            La réforme des collectivités territoriales vise entre autres à mettre un frein à ce processus d'égale représentation.  A titre d'exemple, en raison du changement de mode de scrutin, la part des élues locales en Languedoc Roussillon tomberait aux alentours de 15% ; il y en a aujourd'hui trois fois plus à la Région.

            Pour éviter ce recul de la féminisation des futures assemblées territoriales, la nouvelle Rapporteure générale de l'Observatoire de la parité entre les femmes et les hommes, Mme Chantal Brunel, députée UMP de Seine et Marne a décidé de déposer à l'Assemblée nationale « une proposition de loi favorisant l'élection des femmes lors des scrutins uninominaux ». (Le Monde, samedi 17 avril 2010). Ce qui est une excellente initiative, puisque au-delà des seules assemblées locales, la loi portera aussi sur l'élection des députées. Et dans ces conditions, cette loi peut devenir une véritable révolution.

            Car aujourd'hui, seule la parité de candidature aux législatives est exigée par la loi. L'enfreindre, comme l'a fait gravement l'UMP en 2007 revient à écoper des pénalités sur la partie des financements publics calculée sur le nombre de candidatures : avec 26% de candidates, l'UMP s'est privé de 4 millions d'euros sur une dotation publique de 35 millions d'euros. Une « amende », somme toute à bas prix, représentant à peine un coût d'un  peu plus de 1%.

            L'efficacité de la proposition de loi de Mme Brunel sera jugée à l'aune de la rupture de ce processus hypocrite dont le Parti socialiste ne saurait être exonéré : seules 48 (20%) de ses 260 candidates (45,5%) ont été élues en 2007, preuve de la fragilité des investitures qu'elles avaient reçues.

            « L'important », précise Chantal Brunel, « c'est de fixer aux partis un objectif de résultat ».

            Le problème c'est qu'ils l'ont déjà.      La Constitution leur donne mission, outre, de concourir « à l'expression du suffrage », de respecter « les principes de la démocratie » et de « contribuer à la mise en œuvre du principe d'égal accès  des femmes et des hommes aux mandats électoraux et fonctions électives, ainsi qu'aux responsabilités professionnelles et sociales ».

            Mais voilà, ils ne le font pas !

            Il restera donc à Mme Brunel de sortir l'artillerie lourde dans sa proposition de loi. C'est-à-dire de supprimer purement et simplement aux partis politiques qui n'auraient pas fait élire autant de femmes que d'hommes aux élections législatives, la deuxième partie de leur dotation budgétaire portant sur le nombre d'élus.

            Je souhaite que Martine Aubry y réfléchisse aussi. La « rénovation » passe aussi par là !

13:50 Publié dans Shopping | Lien permanent | Commentaires (0)