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25 août 2007

« Narbonne, Carrefour de l’Europe » ?

Je vais vous faire une confidence. Je nage. Entendez en bassin olympique extérieur, notamment celui de l’Espace de Liberté de Narbonne qui affiche été comme hiver une température de 28° …  ou presque, mais c’est tonique !

            Un problème technique ajouté à une mauvaise météo – et certainement aux hésitations  de la direction à remettre la chaufferie en marche en plein été- m’a conduit début août à personnellement saisir le maire de Narbonne, Michel Moynier ; l’eau était à 24,2°.

            Dans son courrier du 16 août, celui –ci  m’en explique très courtoisement les raisons en m’assurant de son intervention. Certes beaucoup plus efficace que les multiples observations auprès d’un personnel semblant  relativement démuni de tout pouvoir d’initiative. Ce qui signifie qu’à Narbonne, lorsqu’un problème surgi, seule l’action politique est payante. CQFD.

            Les choses auraient pu en rester là !

            Mais non ! Parce que  Mr Moynier a dérapé sur des considérations politiciennes. Pour me faire remarquer d’une part « que le Complexe Espace de Liberté souhaité par la Municipalité (…) a été financé sans aucune subvention du Conseil général socialiste de l’Aude (…) et qu’à l’époque Mr Jacques Bascou – député et conseiller municipal d’opposition – n’avait pu faire en sorte que ses amis socialistes aident financièrement une réalisation aussi exemplaire (…) ».

            Autrement dit, Mr Moynier me demande d’aller me rhabiller. Ce qui soit dit au passage demeure souvent difficile, tant les vestiaires sont mal adaptés. Petit péché me direz-vous ? Oui, mais en soulignant que les installations que je fréquente demeurent « majoritairement financées par les impôts des Narbonnaises et des Narbonnais », leur premier magistrat commet deux erreurs. La première, parce qu’il il oublie de dire que l’Espace de Liberté est un « cadeau » du Conseil régional Languedoc –Roussillon et de l’Etat à l’occasion des Jeux Méditerranéens chers au cœur de Jacques Blanc le prédécesseur de Georges Frêche. Et que tous les habitants de la Région ont donc payé !  La deuxième, c’est qu’en différenciant l’origine des publics fréquentant cet établissement, il discrimine gravement. Allant à l’encontre des règles communautaires qui ont par exemple fait condamner l’Espagne et le Portugal pour des raisons similaires. Ce qui est un comble ! Vous dites bien « Narbonne, Carrefour de l’Europe » ?

             

           

           

             

15 juillet 2007

Qui a discriminé Christiane* ?

Christiane c’est ma copine. Une fille de famille, comme on dit chez nous à Nissan. Pourtant,  l’hivers, elle fait des ménages dans une station de ski des Pyrénées. Alors, au 14 juillet, pour la fête du village, elle installe une bodéga dans la maison –superbe- de la défunte Tante Sarah sur la Promenade.  Histoire de se faire quatre sous !

            Mais cette année, quand elle y est arrivée, rien n’était prêt ! Les organisateurs avaient oubliés de lui dresser ses tables et son matériel sur la rue.

            Alors, le premier soir de la fête, elle n’a rien fait. Même qu’elle a été obligée de se procurer chaises et table chez un loueur, moyennant vous l’aurez compris, espèces sonantes et trébuchantes.

            Hier soir,  notre chef, -un vrai,  lieutenant colonel de l’Armée de terre en retraite, au demeurant très urbain et avenant-, avait comme à l’accoutumée organisé à la bodéga de Christiane notre dîner d’été des sixties nissanais.  Rassurez –vous, nous ne nous sommes pas assis par terre. Simplement, nous nous sommes interrogés. Pourquoi Christiane n’avait –elle pas été comme les autres, correctement  servie par la mairie?

            Moi personnellement, cela me choque. D’abord, parce que je suis allergique à toute situation d’injustice et d’inégalité. Ensuite parce que je me dis que ce monde, décidément  tourne à l’envers. Quand le Président de la République prône de travailler plus pour gagner plus, pourquoi Christiane est –elle justement empêchée de le faire ?

 

* Bodéga La Festina

 

14 juillet 2007

Jack, Cécila, Rachida … et les autres !

Il me peine de voir Jack Lang, un ami de si longue date, fidèle au Parti socialiste depuis sa refondation par François Mitterrand au Congrès d’Epinay (1971), empêtré dans cette querelle avec la direction de François Hollande à propos de sa participation ou non à la fameuse commission pour la réforme des institutions que Nicolas Sarkozy lui a proposé de rejoindre.

            C’est vrai que l’on ne peut prôner, comme je l’ai fait il y a quelques jours sur ce blog la discipline au PS, et admettre que chacun fasse ce dont il a envie. Et le Bureau national du PS a eu raison de placer hors parti, ceux et celles de ses membres qui avaient accepté de jouer un rôle politique au Gouvernement, je veux dire être ministre et par là même participer à la mise en place d’une politique que nous avons combattue. Mais il me semble que ce comité, auquel Jack Lang a été appelé, a davantage une mission d’expertise, réunissant des personnalités qualifiées pour se pencher sur son objet, pour donner des avis, ouvrir des perspectives et non pas pour participer en responsabilité à la mise en œuvre, par l’un des membres éminents du Parti socialiste, du programme de la droite. A1ors, que François Hollande et Jean-Marc Ayrault (Président du Groupe socialiste à l’Assemblée nationale) marquent le coup, c’est normal. Car le fonctionnement véritablement démocratique de nos institutions aurait voulu que le Président de la République les sollicite directement avant de préalablement désigner l’un des leurs. Et qui sait, si Jack Lang n’aurait pas été choisi du fait de ses titres, de ses  qualités, de ses  savoir-faire, de son expérience…

            Mais ce qui intéresse Nicolas Sarkozy est un tout autre jeu. Celui de jeter le trouble dans l’opposition … tout en clamant haut et fort vouloir renforcer ses droits. Le Président de la République veut agir seul, et pour cela, il lui faut mieux diviser pour « régner ». Et l’entreprise de Cécilia Sarkozy en Libye auprès des infirmières bulgares condamnées à mort, révèle une stratégie tout simplement bonapartiste. Donner seul à l’opinion des signes forts de générosité, de « réconciliation nationale » (l’ouverture à ses opposants), et de compassion, en envoyant son épouse rencontrer un chef d’Etat, c'est-à-dire, appelons un chat un chat, effectuer  une  mission diplomatique, en lieu et place de Bernard Kouchner et des diplomates du Quai d’Orsay. Qui n’a rien dit !

            Par contre, l’Union européenne,  elle, ne s’est pas trompée en reprochant au Président français de « vouloir tirer la couverture à lui, à quelques heures du dénouement de la crise ». Sachez, pour mémoire que la Commissaire européenne aux relations extérieures est allée deux fois en Libye négocier la libération des otages contre une aide médicale et des dédommagements financiers.  

            Quant aux difficultés rencontrées par Rachida Dati, la Garde des Sceaux,  elles jettent en pleine lumière les contradictions du Chef de l’Etat. Si  Nicolas Sarkozy a affiché à grand renfort de communication, son souci de parité au moment de la constitution de son premier gouvernement (souci très sensiblement corrigé au moment de la nomination des secrétaires d’Etat), l’UMP* avec à peine 14% de femmes dans son groupe, aucune vice –présidente, aucune questeure, aucune présidente de commission,   reste très réfractaire à la représentation des femmes à l’Assemblée nationale. Alors, quand on a une femme de caractère (« autoritaire ! ») à la tête d’un ministère régalien, bien mois titrée que les plus hauts responsables placés sous l’autorité de son ministère, jeune et issue d’un milieu très défavorisé, on s’en donne à cœur joie. Parce que au fond, si pour la parité, un pas en avant et deux pas en arrière, le chef donne l’exemple, pourquoi s’en priver ?

 Je désapprouve avec vigueur toute la politique de Mme Dati, mais quand on lui fait grief des déboires de deux de ses dix frères et sœurs  au seul motif qu’avec son « mauvais caractère », qu’elle n’entrerait pas dans le moule, je dis que ce n’est pas juste. Parce que, par son cursus cette femme mérite d’être respectée. Même par ses pairs, même par les membres de sa majorité, et même s'ils estiment que par ses origines, elle n'est pas des leurs.  

* Par comparaison, le PS, avec 150 députés de moins  que l’UMP a désigné une femme à la vice présidence (sur trois postes lui revenant)  et attribué à une femme l’unique poste de questeur  dont il a disposé.         

30 juin 2007

Pratiques politiques sectaires

Dans son éditorial d’aujourd’hui, Roger Antech, directeur de la rédaction de Midi-Libre stigmatise des « pratiques politiques sectaires et oublieuses » à propos du « salope » de Mr Devedjian à l’égard d’Anne-Marie Comparini. Cette parole témoigne d’un manque de respect à toutes les femmes. Elle porte atteinte à leur dignité et il est bien entendu qu’en tant que Présidente de l’Assemblée des femmes du Languedoc-Roussillon , membre du Conseil fédéral du Parti socialiste, je la condamne avec fermeté.

Il ne faut cependant pas croire que le faux pas, le "salope"  prononcée par Mr Devedjian est un cas isolé en politique. Un exemple ?

La scène se passe au siège de la section socialiste de Sète le 10 juin. Après avoir pris connaissance des (très mauvais) résultats, j’arrive suivie d’une équipe de TV venue recueillir mes réactions. Du bar, l’insulte fuse à mes oreilles, claire,  lorsque sur le ton de la plaisanterie je demande « quelque chose de fort » … pour faire passer la pilule.Ce n’est pas un responsable mais un militant qui la prononce,  pourtant,  personne ne condamne le forfait. Ils n'ont rien entendu ? C'est possible. Par contre,  rien n’a échappé à l’équipe de TV. L’insulte figure, limpide sur ses prises de vue.  Elles n'ont pas publié mais me l'on confié. Outrées!

 

29 juin 2007

Il pleut !

C’est toujours comme cela depuis quelques temps. Le lendemain d’une défaite, l’orage gronde au Parti socialiste et il pleut sur le candidat. Aujourd’hui, c’est Gisèle Halimi la célèbre avocate présidente de Choisir la cause des femmes, qui douche Ségolène Royal (Le Monde daté du 29 juin 2007 : « Elections : le temps des femmes ? »).

            Peut-on réellement reprocher à Me Halimi de souligner que la défaite de la candidate a « désespéré celles qui, dans une ferveur retrouvée de la politique, croyaient parler par sa voix » ? Peut-t-on sérieusement faire grief à Claude Bartolomé député* et fidèle second de Laurent Fabius de laisser aller sa colère quand il évoque les 5 ans à venir pour les plus démunis, les plus fragiles, ceux justement qui avaient placé tous leurs espoirs dans la gauche ? Comment ne pas sourire (jaune) lorsque Jean Christophe Cambadélis*, ami proche de DSK décrit avec talent les dessous incroyables d’une débâcle ?

            Mais ce qui me frappe le plus, ce qui m’interpelle c’est que les analyses des principaux observateurs politiques sur la campagne elle-même (je pense notamment à l’ouvrage de deux journalistes de l’AFP*) sont quasiment les mêmes que celles faites à propos de Lionel Jospin au lendemain du 22  avril. Et il est patent de constater que les reproches sur l’Atelier de campagne de 2002, se retrouvent aujourd’hui pour le 2.8.2, où Ségolène Royal avait choisi d’installer son staff. Et c’est vrai, j’y suis allée en son temps avec des patrons pêcheurs, c’était pour y entrer, façon de dire,  pire que le « Kremlin » !

            Le problème aujourd’hui, c’est la « refondation », je dirais plutôt, la remise en ordre, la remise en marche du Parti socialiste où, depuis le référendum pour l’Europe, chacun avait pris l’habitude de faire n’importe quoi. Franchement, j’ai toujours été dépassée par des membres du PS, et pas des moindres, qui sous prétexte qu’ils avaient voté « non »  au référendum interne se permettaient de faire ouvertement campagne contre à l’élection publique politique. J’ai toujours été dépassée de constater comment en toute impunité, des membres du PS, souvent titrés et importants pouvaient s’autoriser d’aller sur les tribunes défendre d’autres chapelles ? Parce qu’elles étaient réputées « plus à gauche » ? Alors, il fallait choisir !

            Nous avons,  -et peut-être est-ce le tempérament de François Hollande, de vouloir concilier l’inconciliable -, manqué collectivement de rigueur et de discipline. Et je ne peux, à ce propos que m’inscrire dans le sens des paroles prononcées mercredi avec force au Conseil fédéral de l’Hérault par Christian Bouillé, conseiller général. Et comme il fût très applaudi – le seul de la soirée-, je me dis que dans l’Hérault, les socialistes ont compris : quand on est membre du Parti socialiste, on s’aligne sans état d’âme derrière la décision majoritaire et l’on vote pour le candidat aux élections qui a été désigné, même si ce n’était pas le sien, la sienne !

            Ségolène Royal mérite le respect pour le combat courageux qu’elle a mené sans faiblir jusqu’au bout. Elle mérite le respect pour sa capacité à entraîner les gens derrière elle ; j’ai vu, à Dijon, à Montpellier, à Lézigan-Corbières, des militants, des sympathisants, les yeux brillants,  quasiment fanatisés par sa présence.

            Mais on ne peut gagner la présidentielle sans un Parti structuré et en bon ordre de marche derrière soi. Ce sera l’enjeu du prochain congrès, parce qu’un congrès c’est fait pour cela, pour donner aux militants le choix non entre plusieurs candidats à la présidentielle, mais entre plusieurs projets politiques pour la France. Cela passe par le débat et le dépôt de « motions » mises au vote dans les sections. Un exercice auquel Ségolène Royal n’échappera pas si elle veut continuer à tracer sa route.

 

 

*Claude Bartholomé, Une élection « imperdable » - Editions l’Archipel – Juin 2007

* Jean – Christophe Cambadélis, Parti pris- Editions Plon – Juin 2007

* Christine Courcol et Thierry Masure, Ségolène Royal, Les coulisses d’une défaite – Editions l’Archipel- Juin 2007