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07 septembre 2007

Des socialistes malades de la peste

L’interview de Georges Frêche dans Midi-Libre de ce matin me réjouit à deux titres.

D’abord, parce qu’il s’est adjoint les talents de Alain Rollat ancien directeur politique du Monde pour écrire un nouveau livre à paraître en novembre aux Editions du Seuil. Editorialiste à La Gazette de Sète, Alain Rollat, une très belle plume, allie sa connaissance des mœurs du  PS – il a longtemps été  accrédité pour Le Monde à l’Elysée, sous la magistrature de François Mitterrand – au professionnalisme de l’homme de presse, qui observe et offre avec recul une manière de voir bien souvent non dénuée d’humour. Bref, Alain Rollat écrit « juste ».

Ensuite, parce que finalement, Georges Frêche (il dit « Vézinhet est un homme de qualité (…) » rejoint l’analyse que je faisais sur ce blog  pas plus tard que le 27 août (« Sans tricher »). Je le redis, André Vézinhet est un véritable militant et son parcours a marqué qu’il était incapable de trahir les intérêts généraux du Parti socialiste. Le problème, c’est qu’il aurait, dixit toujours Georges Frêche, attrapé le « choléra »…, entendez,  au sens figuré du terme,  parce qu’aux dernières nouvelles, André Vézinhet se porte cliniquement bien !

Ce qui m’inquiète davantage, c’est la menace de  ces « pestes » qui– toujours dixit Georges Frêche-  semblent croître et prospérer dans le milieu du Groupe socialiste du Conseil général.

Je souhaite donc que les mesures sanitaires les plus immédiates soient prises pour ne pas contaminer l’Assemblée départemenetale,  car l’avenir de l’Hérault ne peut se satisfaire de socialistes malades de la peste qui voudraient pour occuper le dispensaire,  choper le choléra !

« Que sa joie demeure » !

Elle avait quelque chose de Léa, l’héroïne de Régine Desforges de « La bicyclette bleue ». Comme Léa, elle était née à Bordeaux, comme elle, elle travaillait ,  déjà à 18 ans,  pour les réseaux de la Résistance. Sauf que Léa faisait le courrier sur sa bicyclette bleu et qu’elle, embauchée sur ordre du Réseau à la préfecture y fabriquait des faux papiers qu’elle transportait dans un sac à main à double fond. Au nez de Maurice Papon, alors Préfet de la Gironde qui officiait quelques étages plus bas.

 C’était Yvette Chassagne.

Elle avait acquis à la fin de guerre, cette joie intérieure qui ne la quittait que pour rêver la nuit, encore 60 après,  de bruits de bottes sous la fenêtre de sa chambre.  Joie de vivre, de manger –elle disait, « depuis la guerre, j’ai toujours faim », joie de travailler, bref, joie d’exister et d’avoir voulu exister.

Et cette joie lui avait donné cette force intérieure d’enfoncer les portes interdites. Avec brio –et l’aide certainement de ses amis du Parti socialiste SFIO clandestin qu’elle avait rejoint dès 1942 – elle avait intégré la toute nouvelle ENA  dont elle ne manquait pas de souligner qu’elle devait à Michel Debré qui en avait ouvert,  "au grand dam de certains de ses collègues  les porte aux femmes,"  la possibilité d’y être entrée.

Ceci allait déterminer sa vie,  toute tendue vers le devoir et le bonheur de servir parce que c’était pour elle une seconde nature. Si bien, qu’élue d’opposition à la mairie de Narbonne, elle n’avait pu s’empêcher de mettre ses compétences au service de plusieurs commissions. Tout naturellement !

Première femme à l’ENA, première femme au ministère de la Guerre, première femme « directeur » (elle devenait enragée quand je parlais de directrice) au ministère des finances, première femme « directeur » au ministère de la coopération « je signais les chèques des chefs d’Etat Africains », racontait-elle, elle avait intégré la Cour des comptes avant d’être choisie pour endosser l’uniforme – "taillé par Lanvin et payé de (ses) deniers"-  de la première femme Préfet voulue par François Mitterrand et nommée par Gaston Deferre. Ce qui lui valait qu’entre nous, nous l’appelions la Préfète, déclenchant aussitôt un cinglant « la Préfète c’est la femelle du Préfet ! ».

Il faut dire, que même en 1981, elle en avait bavé des ronds de chapeaux : les épouses des conseillers généraux de son département ayant refusé d’accompagner leur mari à la première invitation du Préfet, « pensez, une femme préfet » !

Elle avait été très belle et l’était toujours restée.

Elle s’est éteinte dans la nuit du 3 septembre, peut-être,  parce que cette joie intérieure l’avait quittée.

Elle m’avait, quelques temps auparavant,  interdit d’être triste quand cela arriverait. « Hop », disait –elle, « une nécro dans Le Monde, une caisse en bois et au feu, et le reste dans la mer ».

C’est fait ; j’ai vu ce matin son âme voler autour de sa place à Nissan, au jardin, dans le salon, dans  la chambre qu’elle y occupait.

Elle portait sur sa poitrine sa croix de Commandeur de la Légion d’Honneur ; pour défier encore le bruit des bottes de la gestapo qui la guettait à Bordeaux.

Je l’aimais, c’était mon amie, notre amie.  

03 septembre 2007

Flingués, flingueurs

Kléber Mesquida nous livre son analyse de l’après sénatoriale du 26 août, à la lumière des résultas comparés d’un candidat socialiste en 1998 et de la candidate socialiste en 2007.

            Il convient de rappeler qu’en 1998, contrairement à 2007, il n’y avait pas un, mais trois candidats socialistes. Dont l’un a été élu dès le premier tour. Ce qui signifie qu’en 1998, le Parti socialiste pouvait être majoritaire chez les grands électeurs.

            En 1998, comme en 2007, un candidat socialiste semble avoir été victime de la défection d’un certain nombre des siens. Un… sur trois !

 Alors, il peut être mathématiquement, voire politiquement intéressant d’établir une comparaison, je n’ose pas dire une analyse, sur le score des flingués.

            Encore faut-il pour éclairer notre lanterne nous dire qui sont les flingueurs.    

01 septembre 2007

Rénovation

              La rénovation, c’est « le changement en mieux ».

            C’est donc à quoi s’attelle depuis hier le Parti socialiste à La Rochelle. Mais comme ce n’est pas la première fois qu’il nous fait le coup, j’ai l’impression d’assister à la rediffusion du film d’août 2002, vous savez, celui de « l’après Jospin ». Franchement j’y avais cru. J’avais participé quelques semaines plus tard à la « fondation » du Mouvement Nouveau Monde à Argelès sur Mer  dans les PO… Il y avait une foule immense, dont, au premier rang,  le maire du cru, conseiller général. Depuis, celui-ci s’est présenté aux législatives dans son département contre le candidat investi par le PS, et bien entendu, on a perdu en 2007 une circonscription imperdable, la 4eme des PO, celle de Céret.

            Alors, vous comprendrez, «le changement en  mieux »,  je m’en méfie.

            J’entends aussi « qu’il faut donner un nouveau corpus idéologique au PS », mais si pour faire plaisir à tout le monde il faut dire les mêmes choses que la droite, alors il ne faut pas s’étonner que les électeurs portent leurs suffrages sur elle ; pourquoi choisir la copie quand on a l’original ?

            Changer en mieux c’est d’abord redonner au Parti socialiste son pouvoir de contestation. Et l’exprimer clairement.

            Qu’est-ce que cela veut dire ?

            D’abord, que le PS joue sans complexe son rôle de parti d’opposition. C’est vrai qu’il  n’est pas toujours confortable de passer pour de véritables râleurs ; et les diligences de ceux qui sont eux passés dans le camp adversaire ne facilitent pas les choses .  

            Ensuite, il faut, comme le dirait Navarro, le Premier secrétaire dans l’Hérault, « revenir aux fondamentaux », c'est-à-dire « à ce qui est à la base, qui forme l’essentiel ».

            Alors, sommes –nous  aujourd’hui démodés quand le Parti socialiste place l’Homme –et non pas l’économie ou le marché- au cœur du débat ? Peut-être! Toutefois, on ne fait pas de la politique pour être à la mode mais pour servir au mieux les intérêts d’un groupe social.  Et s’il importe de conserver toujours les yeux fixés sur le possible, il faut se garder du sacrifice de ces « fondamentaux » ; ils forgent notre identité, dessinent les  différences entre un militant socialiste et un opportuniste, marquent les contours de valeurs, incarnées d’une part par la gauche et d’autre part par la droite.   

            Comme je ne suis pas naïve au point de croire que le social ne peut se développer sans l’économie, j’ai regardé un peu en arrière, j’ai regardé un peu ailleurs.  A un moment où le travail durait plus de 100 heures par semaine, où l’on quittait  la terre, la fabrique, l’état de domestique pour mourir, souvent avant 50 ans, ce sont les  socialistes qui ont avancés les idées de droit au loisir, à la santé, à la retraite « des vieux travailleurs »…

            C’est Jaurès, Blum, Mitterrand, Mauroy, Jospin qui l’ont fait. La reconnaissance du droit au loisir, la création de la Sécurité sociale sont à l’origine du développement du tourisme et d’une industrie pharmaceutique florissants en France. Ce qui signifie, pour ne prendre que ces deux exemples que les lois sociales ont un effet positif sur l’économie.

            Zapatero qui s’apprête en Espagne à solliciter l’année prochaine des électeurs un second mandat ne s’y est pas trompé. Ses lois sociales – sur la dépendance qui crée un financement public en faveur des personnes âgées ; sur l’égalité des hommes et des femmes ; contre la violence machiste ; pour instituer le mariage gay ; pour rendre le divorce plus accessible ; la scolarisation des enfants de moins de 3 ans … - se sont accompagnées d’un accroissement de l’économie (4% par an) et d’une régression du chômage (8% de la population).

            Et la mondialisation me direz-vous ? Eh bien, elle existe depuis toujours. Au IIIe siècle avant Jésus Christ, déjà mes ancêtres d’Ensérune commerçaient autour de la Méditerranée.

            Alors, la mondialisation ? Reste à savoir au profit de qui ?

              

           

           

27 août 2007

Sans tricher

Mes ancêtres – ceux que mon père charriait sur ordre de mon grand-père de Nissan à Montpellier, une véritable expédition, pour aller voter aux sénatoriales – ont dû se retourner dans leur tombe hier : l’Hérault venait pour la première fois depuis la Libération d’élire un sénateur de droite.

Mes ancêtres politiques –  ceux qui nous ont précédés au Parti socialiste, ceux qui l’ont reconstruit  dans l’après -guerre– ont dû aussi, outre tombe en pleurer de chagrin.

Quant à moi, j’ai reçu hier un bloc dans l’estomac dont  j’arrive mal à me défaire. Et l’acuité de ma douleur me forçant à rester éveillée, j’ai quelques réflexions à vous faire.

            D’abord, l’élection de Mr Couderc n’est en rien une victoire de la droite, pas plus que de l’UMP ou le résultat d’un quelconque effet Sarkozy. Car, comme si la  presse nous en rabat les oreilles ce matin, il y a eu trahisons dans mon propre camp, cela signifie que celui-ci se porte encore bien, et que les grands électeurs socialistes sont encore dans notre département,  majoritaires. Calcul élémentaire en ajoutant au score de la candidate socialiste les quelques 200 voix de la présumée « trahison ».

            Le  seul problème, la seule raison de la défaite, c’est que nous n’avons pas su jouer collectif.

            Or, depuis 37 ans que je connais et milite auprès de Georges Frêche j’ai appris à savoir que sous ses airs « flambards », en fait, c’est un sentimental et que son attachement au PS était plus important que ce qu’il cherchait à en faire paraître. Aussi, quand le Bureau national a prononcé son exclusion au printemps, le PS a fait une erreur : en coupant les jarrets d’un de ses deux piliers à Montpellier il a rompu avec les  équilibres locaux.   

            Dans ses conditions, peut-on alors faire grief au deuxième pilier d’avoir cherché à supporter seul « la vielle maison » ? Et je ne crois pas connaître de fédération socialiste où cette tentation n'existe pas. La divergence de  logiques institutionnelles traduit inévitablement des  dualités de personnalités. Sans  aller bien loin, les relations entre les présidents des conseils général et régional de la Haute –Garonne et de Midi-Pyrénées ne sont pas toujours au beau fixe, même si leur patrons sont tous deux socialistes et donc du même bord.

            Je connais André Vézinhet depuis 1983. Dans un style différent, c’est un véritable militant capable de droiture et de fidélité. Qu’il ait eu une autre idée, qu’il ait souhaité au moment de l’investiture que le candidat, la candidate socialiste au Sénat appartienne au Conseil général qu’il préside peut paraître légitime et normal. C’est un point de vue.

            Mais de là, comme le dit « Midi-Libre » ce matin à « trahir » ?

            Je préfère me demander à  qui au PS « aurait profité le crime », tout en observant que le crime été perpétré dans le biterrois.

            Au cours d’une réunion préparatoire à laquelle m’avait convié le Premier secrétaire Robert Navarro, j’avais estimé que la gagne dépendait dimanche de trois puissances de feu : la puissance de feu militante de la Fédération, celle du Conseil général et ensuite –fait nouveau pour une sénatoriale  dans l’Hérault-, du Conseil régional.

            Bref, Mr Couderc sera, par effet d’aubaine sénateur pour un an.

            Le renouvellement de septembre 2008 change la donne.

            Le scrutin de liste à la proportionnelle permet désormais d’ajuster le tir. Et de faire jouer à plein, sans tricher les trois puissances de feu.