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17 octobre 2007

L’article rouge

Bertrand Cantat, sous les coups desquels à péri à l’été 2003 à Vilnius (Lituanie) l’actrice Marie Trintignant, vient d’être autorisé à quitter le Centre de détention où depuis 2004 il purgeait  dans notre pays, une peine de 8 ans d’emprisonnement pour ce crime perpétré à main nue.

            J’ai choisi de ne pas m’exprimer à ce sujet tant que le juge d’application des peines n’avait pas rendu sa décision ; je ne suis pas de celles qui pensent que la privation de liberté d’un individu puisse racheter aux yeux de la société un assassinat. Car en France, la prison n’a qu’un rôle aujourd’hui,  la répression.

            Cependant, à y regarder de plus près, la libération à mi-peine et  sans condition de Cantat me gène ; quelque part à cette remise en liberté anticipée, pourrait s’ajouter la légèreté de la peine infligée par la justice Lituanienne, pour légitimer en quelque sorte que ma foi, les violences mortelles portées sur une femme si elles ne sont pas autorisées par la loi, ont en quelque sorte quelque chose de confusément ...tolérable. 

            Ce n’est pas nouveau. Souvenons nous qu’en France, en 1804, le Code civil de Napoléon 1er, a inscrit l’inégalité des sexes dans la loi,   -le mari devient « le juge souverain et absolu de l’honneur de la famille » -. Par voie de conséquence, 5 ans plus tard, le Code pénal (1809) consacre le fameux « article rouge » (324 du Code pénal) qui rend excusable le mari meurtrier de son épouse prise en flagrant délit d’adultère au motif que celui-ci est « plus malheureux que coupable ».

            La question n’est pas de savoir si oui ou non Bertrand Cantat est malheureux.

            Elle celle simplement d’évaluer si nous sommes ou non dans un Etat de droit et de se demander quel traitement aurait été accordé à un simple citoyen dans des circonstances similaires.

            Dans une veine identique, je suis profondément interpellée ce soir par l’annonce  -sur le site du Nouvel Observateur- du prononcé du divorce du Président de la République et de son épouse Cécilia. Non pas sur le fond, parce que cela ne me regarde pas. Mais sur la forme, par ce jugement express qui a dû, -si c’est vrai- pour exister aussi rapidement être conclu dans l’urgence en une matinée ou une après midi.

            Et ne  puis m’empêcher de penser à tous ces couples qui harcèlent leurs avocats. Pour obtenir ce jugement de divorce auquel ils ont droit mais qui ne viendra que lorsque le juge, surchargé de dossiers pourra enfin s’en occuper.

            Alors, faut-il continuer à patienter ou se demander si nous vivons réellement dans un l’Etat de droit ?

08 octobre 2007

Témoignage

Une candidate féministe peut-elle être élue ?

L’un des thèmes du Colloque des 5 et 6 octobre 2007, « Où en est la parité électorale ? » ?  en présence de Hélène Mandroux, maire de Montpellier.

Témoignage.

Colloque_5_-_6oct_2007.doc

06 octobre 2007

Commission Balladur

Je propose à la Commission de réforme des institutions présidée par Edouard Balladur, – 1 seule femme sur 13 membres et personne pour représenter l’Observatoire de la parité-, d’envisager d’augmenter le nombre de Commission permanente à l’Assemblée nationale; il est actuellement inscrit dans le marbre de la Constitution par la volonté du Général de Gaulle. Celui –ci voulait ainsi en 1958, lutter contre la prolifération des Commissions sous la IVe République qui aurait favorisé l’intervention des lobbies.

            Et je lui demande de transformer les Délégations parlementaires aux Droits des femmes et à l’égalité des chances des hommes et des femmes en véritable Commission. Car toute la différence réside dans une question de pouvoir, de prérogative, de droit de saisine, de dépôt d’amendements et de moyens financiers dont les seules délégations sont dépourvues.

            Ainsi les femmes pourraient à l’Assemblée nationale et au Sénat faire enfin figure de décideurs à part entière et non plus  par la bande... d'une délégation  au rabais.

            Il y a  moins de 20 % de femmes au Parlement en France.

30 septembre 2007

Colloque "Où en est la Parité électorale ?"

Colloque "Où en est la Parité électorale ?" PROGRAMME DEFINITIF

A échéance des premiers mandats « post-paritaires », les pratiques et les règles du jeu ont-elles évolué ? Organisé avec le soutien de l'Observatoire de la parité entre les femmes et les hommes, la Délégation régionale aux droits des femmes et à l’égalité du Languedoc-Roussillon, l'association Arc Latin ; le CEPEL-CNRS (Montpellier I), le CERTOP-CNRS (Toulouse II) ; la mission égalité femmes-hommes, parité CNRS; l'université Montpellier I, le Conseil Général du Gard, la Mairie de Montpellier, l'association des maires de France, le Centre de formation des Maires et élus locaux, le Collectif-rencontres d’actions citoyennes, le Réseau Féministe « Ruptures »

Montpellier, 5-6 octobre 2007 Université de Montpellier I – Faculté de Droit  Amphi C, 39 rue de l’Université – 34000 Montpellier

Tram ligne n°1. Arrêt Louis Blanc

Colloque.doc

23 septembre 2007

Histoires de parité

Je vais vous raconter un truc.

            Cela se passe au Canada. Plus précisément dans le grand Nord Canadien, chez les Inuits,  – on dit aussi les Eskimo, mais ils n’aiment pas, on le comprend, cela signifie « mangeur de viande crue » - ; un territoire de 1,9 millions de Km2 comptant 27 000 habitants, administré par un Parlement de 21 personnes qui désigne le Premier ministre, Chef du gouvernement.

            L’année dernière, j’étais au Québec ; j’apprends que le Parlement Inuit recherchait des moyens de rénover et sa politique et son image. Sitôt dit, sitôt fait, les 21 députés proposent d’instaurer la parité. Pas moins !

            Pour ce faire, on prévoit de réduire à 11 le nombre de circonscriptions dans chacune desquelles on élirait désormais un homme et une femme.

            Et on soumet tout cela à référendum. Résultat des courses : 70% d’abstention  et 57% de non ! Pourquoi ? Parce que la campagne électorale- faite à minima- aurait nécessité les moyens importants de propagande adaptés à cet immense territoire où les difficultés de communications routières n’ont d’égales que la quasi absence de courrier et  d’Internet. 

            Et qui disposait des moyens pour faire campagne ? La Ministre à la condition féminine ; le problème c’est qu’elle était… contre la parité !

 

            Cette histoire me remet à l’esprit la modification de la loi électorale survenue l’année dernière dans notre pays. Les députés et les sénateurs avaient-ils eu vent de l’expérience des Inuits ? Ils recherchaient comme eux, des moyens de rénover … l’image de l’UMP… auprès des femmes… avant la Présidentielle. Alors  ils ont voté d’instaurer la parité dans les Conseils généraux aux élections cantonales de mars 2008. Révolutionnaire quand on sait que les Assemblées départementales ne comportent que 10% de femmes aujourd’hui !

            Aussi, au mois de mars prochain, vous aurez à voter pour un « ticket » composé obligatoirement d’un homme et d’une femme. Mais ce qui fait la différence avec les Inuits, c’est que l’un des deux sera Conseiller général et l’autre remplaçant. Je vous laisse deviner qui de l’homme ou de la femme restera sur le banc de touche en  attendant que l’autre passe de vie (politique) à trépas ?  Pousse au crime non ?