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08 mars 2006

Les épines des roses

A propos des « Roses de Blida », au parfum subtil et sublime, voici ce que m’en dit Souâd Khodja, Docteure en sociologie, Professeure de management et écrivaine engagée en Algérie :

 

« Et bien oui c’est comme çà, chaque 8 Mars on se rappelle notre existence. Toutes les femmes sont autorisées à s’absenter l’après midi c’est comme un rituel sacré. Beaucoup d’entreprises organisent des festivités, offrent des fleurs aux femmes sur le budget de l’Etat, les amoureux sont tenus d’offrir des fleurs… A partir du 9 les jours se suivent et se ressemblent ». Souâd

20:38 Publié dans femmes et politiques | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Femme

07 mars 2006

Les roses de Blida

  Blida est la ville des roses. Aussi, chaque 8 mars, Yahia Bouamama, le Bâtonnier de l’Ordre des Avocats en rempli de rouges le local qu’il occupe au sous-sol du Palais de Justice, et invite tout ce que compte de femmes son Barreau et la magistrature du ressort de sa Cour d’Appel. Ils parlent ensemble, autour du Procureur Général du « renouveau » de la femme en Algérie.

             Il y a près de 50% d’avocates au Barreau de Blida, mais depuis plus de 5 ans, rien d’essentiel n’a fait bouger le Code de la famille qui fait depuis 1984 des algériennes des demi personnes, elles ne peuvent se marier sans l’autorisation d’un ouali (tuteur matrimonial), la polygamie est toujours autorisée, elles n'ont droit qu'a une demi part d'héritage... Même si des pas timides ont été enregistrés. Le remaniement de la magistrature en 1999 qui garantit aux femmes une place significative dans ce domaine de la vie judiciaire en est un exemple.  Mais la proposition de loi, déposée en 2004 par une députée du FLN, le Parti historique, pour faire entrer des femmes au Parlement (composé actuellement de 6,5% de députées et 2,85% de sénatrices) est restée lettre morte.

            Alors le parfum unique et délicieux des roses de Blida ne parviendra pas à faire que nul n’oublie qu’en Algérie encore la carrière des femmes politiques relève d’un dessein d’exception.

06 mars 2006

La France vu d’Espagne

« Les partis français ont préféré recevoir moins d’argent de l’Etat que de respecter la loi sur la parité » commente El Païs du 4 mars www.elpais.es, le lendemain de l’approbation par le Gouvernement de Jose Luis Zapatero d’une Loi pour l’Egalité des hommes et des femmes en Espagne. « Aux dernières élections législatives, ajoute le quotidien national espagnol, en France, 39% seulement des candidats étaient des femmes ; elles ne représentent aujourd’hui que 12% des députés, et un lustre et diverses échéances électorales plus tard – une loi a fixé en 2000 un seuil de 50% aux partis, - le quota n’est toujours  pas rempli ».

Avec férocité, El Païs en, voit les raisons dans «l’accès tardif des françaises aux droits civiques en 1944 (…), mais aussi « à une gauche très réticente à les leur accorder ». Il raconte : « les femmes disaient les socialistes et les communistes, étaient très influencées par l’Eglise, par les curés qui les persuadaient à chaque  passage au confessionnal de voter pour la droite… sans qu’aucune statistique n’ai pu réellement l’établir ». Et,  impitoyable, le quotidien espagnol poursuit avec la nomination de Edith Cresson comme chef du Gouvernement : « … à partir du premier moment, elle a du lutter contre les attaques de son propre parti avant d’achever d’être dévorée par la crise économique … ».

De notre côté, précisons, que les espagnoles ont acquis le  droit de vote  et celui de se faire élire 13 ans avant les françaises (1931) ; que de la seule volonté des partis, le Congrès des députés dénombre aujourd’hui  trois fois plus de députées qu’en France, que le Gouvernement régional  et les Assemblées élues de Catalogne et d’Andalousie sont très largement paritaires.  Tout un état d’esprit, donc…

05 mars 2006

« 8 MARS », un pas de géant en Espagne


 

 

            Faire que la reconnaissance en droit de l’égalité hommes/femmes en Espagne entre dans la vie quotidienne est l’objectif du projet de « Loi Organique d’Egalité entre Hommes et Femmes » approuvé le 4 mars 2006 et que le Conseil des Ministres présentera prochainement  aux Cortes nationaux.

            Zapatero entend ainsi éradiquer les discriminations que subissent les espagnoles sur le marché du travail et rendre obligatoire leur participation à la prise de décision politique et économique. Et pour libérer les femmes des contraintes qui freinent leur insertion dans la vie publique, il  inclut dans la loi des dispositions concrètes d’accompagnement social de la  parité (égalité au sein du couple, conciliation des temps de vie familiaux et professionnels…),  et protège les femmes salariées face aux discriminations liés à leur statut de mère.

 

            Le volontarisme de la loi s’exprime à deux niveaux.

1)      La discrimination pour raison de sexe au travail ne sera plus gratuite pour les entreprises délinquantes qui pourront se voir infliger une amende pouvant aller jusqu’à 90 000 euros.

2)      Aucune liste électorale ne devra comporter moins de 40 % de femmes, et toutes  devront être établies de façon à garantir, non seulement au moins 40% de candidates, mais aussi au moins 40% d’élues.

 

De ce point de vue,  le Chef du Gouvernement espagnol inscrit dans la Loi le dispositif « de démocratie paritaire » inventé par le Conseil de l’Europe (pas plus de 60 et pas moins de 40% de candidats d’un même sexe), qu’il a  instauré en 2002 au sein du PSOE (Parti socialiste ouvrier espagnol) www.psoe.es, au moyen d’un « Plan d’égalité » interne qui a été scrupuleusement respecté : 47 % de députées siègent aujourd’hui au Groupe socialiste du Congrès de députés  ( pour mémoire, 36 % d’espagnoles à la Chambre basse). Le Gouvernement Zapatero composé de 16 ministres comporte 8 hommes et 8 femmes, et sa première initiative en 2004 a été de rendre hors de la loi les violences faites aux femmes.

Une manière d’agir qui porte pour nom la volonté politique, dans un pays où les gouvernants n’hésitent pas à faire des « talents » de femmes un moteur de développement. A démontrer aussi par ses performances économiques que plus les femmes participent, plus la croissance augmente.

Ce qui prouve qu’en politique, les femmes ne font pas perdre, mais gagner ! Géant non ?

 

 

 

           

13:42 Publié dans femmes et politiques | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Femme

03 mars 2006

Talons aiguilles et pataugas

 

            Si « Du PS à l’UMP, l’avenir est en talons aiguilles »  (3/03/06 - www.midilibre.com), alors, à la veille de la célébration de la Journée internationale du 8 mars, le quotidien régional de référence aurait au moins pu s’abstenir de chausser ses pataugas pour titrer avec des relents de machisme, un article qui en définitive ne l’est pas ! A moins qu’il ne craigne lui aussi de se faire marcher un jour sur les pieds.

            Que l’auteur se rassure, pas de risque pour l’instant. Car il ne faut pas confondre les effets d’entraînement de la parité qui -quasi unanimité des français pour l’accession des femmes en politique oblige, placent au premier plan, Ségolène Royal « au firmament des sondages pour la présidentielle », ou Françoise de Panafieu pour la mairie de Paris -, avec ses résultats. Rappelons qu’en France, les femmes ne représentent pas ; l’Assemblée nationale est composée de plus de 87% d’hommes et malgré la loi de Jospin, la France (12,2% de députées) figure encore, avec l’Italie (11,5%) et la Grèce (13%) parmi les derniers de la classe européenne.

            Pour en savoir plus : 8_mars_2006_presse.doc