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26 mai 2016

Une condition du Pacte républicain

Partant du principe que la parité dans les Ordres nationaux (Légion d'Honneur et Ordre national du Mérite) est une condition du Pacte républicain, le Réseau "Demain la parité", animé par Colette Kréder, ancienne Directrice de Polytechnique féminine, a évalué comment la dernière promotion de l'Ordre national du Mérite (le Décret signé du Président de la République, François Hollande est  paru au Journal Officiel du 15 mai 2016) a intégré cet objectif. L'étude fort bien faite passe au crible les nominations et les promotions ministère par ministère. Mérite 15 mai 2016 Demain La Parité.pdf

Globalement, 1170 Croix ont distingués 611 hommes et... 559 femmes, ce qui nous conduit à un taux de féminisation (honorable) de près de 48%.

Mais à y regarder de plus près, le différentiel portant sur 62 femmes en moins trouve son origine dans la promotion du  Ministère de la Défense dirigé par Jean-Yves Le Drian (108 hommes pour 17 femmes) qui accorde aux femmes 15,74 % des distinctions, un taux certes très bas en regard de la parité,  mais à rapprocher de la place que les  femmes occupent aujourd'hui dans les Armées : elles représentent en 2014, 15, 4% des effectifs soit deux fois plus qu'en 1995. Ainsi, aujourd'hui, l'Armée française est l'une des plus féminisées d'Europe.

Un réel effort de féminisation fait par les autres Ministères rattrape ce "retard"; les plus performants étant ceux des Outre -Mer (Mme Pau Langevin);  de la Ville, de la Jeunesse et des Sports, de la Fonction Publique (M. Kanner), des Familles, de l'Enfance et des Droits des Femmes (Mme Rossignol), de l'Economie, de l'Industrie, et du Numérique (M. Macron) de l'Aménagement du Territoire, de la ruralité et des Collectivités Territoriales (M. Baylet); de l'Emploi, de la Formation Professionnelle et du Dialogue Social (Mme El Khomri), de la Justice (M. Urvoas); des Affaires Sociales et de la Santé (Mme Touraine); de l'Education Nationale, de l'Enseignement Supérieur et de la Récherche (Mme Vallaud Belkacem).

De son côté, l'Assemblée des femmes-Observatoire régional de la parité, se félicite de la nomination de trois de ses membres : Yvette Fabre (Ancienne maire d'Auriac, Aude) et Virginie Houadec (Conseillère pédagogique, Figeac, Lot) au grade de Chevalier; et Christine Pujol, Présidente du Groupe Hôtels-Cité, à Carcassonne et à Toulouse, au grade d'Officier.

21 mai 2016

10% et 13 lignes...

Les femmes journalistes du Club de la presse de Montpellier ont démontré que 71%  des postes de chefs (directeurs d'antenne, de publication, de rédacteur en chef, de chef d'agence...) étaient occupés par des hommes... Elles présentaient hier à Montpellier le résultat de deux ans de travail en jetant un éclairage cruel sur "les premiers rôles dans les médias" : les femmes figurent au premier plan d'information dans seulement 10% des cas.

Le quotidien régional de référence Midi-Libre en apporte ce matin la preuve par l'absurde.

La soirée de présentation de ces travaux qui a déplacé hier dans une salle du  Gaumont Multiplexe plus de 500 personnes, fait l'objet ce matin de 13 lignes en page Région, pas une de plus.

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Il est vrai que les organisatrices et leurs invité-e-s n'ont pas passé la soirée à mutuellement se congratuler ou à distribuer prix et récompense divers, mais à mettre le doigt sur une discrimination flagrante envers les femmes.

Il reste encore aux femmes journalistes à aller plus loin. C'est à dire à donner les raisons de fonds  de  leur nécessaire présence aux plus hauts postes de décision.

 

11 mai 2016

Misogynie et politique

Il y a quelques mois, à l’Assemblée nationale, un député caquetait en imitant le cri de la poule pendant qu’une de ses collègues intervenait en séance, d’autres brocardaient une femme ministre parce qu’elle avait revêtu ce jour-là une jolie robe fleurie, une sénatrice au micro était interpellée d’un grossier « qui c’est celle-là ? », et au tournant du siècle dernier encore, une femme députée qui se levait dans l’hémicycle était sans coup férir apostrophée d’un concert d’ignobles « à poil » !

Au même tournant du siècle, la Constitution a été modifiée. Le 6 juin 2000, une loi (votée par la Majorité de Lionel Jospin) a été adoptée pour mettre un terme à la domination masculine dans les assemblées élues. Et, si 15 ans après, l’actuel Gouvernement est bien paritaire, si l’égalité de représentation existe bien tant dans les Conseils municipaux, régionaux, départementaux que leurs exécutifs, force est de constater que les premières responsabilités exécutives restent verrouillées : aucune femme n’a jamais présidé l’Assemblée nationale, le Sénat ou la République et, aujourd’hui encore, 84% des maires sont des hommes ainsi que 90% de départements et 75% des présidents de régions métropolitaines.

Quant au Parlement, pourquoi se gêner encore puisque les hommes sont largement dominants (75% des élus) et le font bien sentir aux femmes, ne se privant outre de monopoliser la parole, de balancer quelques plaisanteries graveleuses du haut des bancs pendant les séances.

Seule la vraie parité mettra fin à cette dominance masculine dans l’espace politique, à condition que les partis en expriment clairement la volonté. La décision du Président de l’Assemblée nationale Claude Bartolone qui a exigé moins de 5 heures après la publication des articles de presse concernant ses manquements, la démission du Vice-président Denis Baupin, est exemplaire. Comme d’ailleurs la dignité de l’épouse de ce dernier, Emmanuelle Cosse, femme politique et Ministre du Gouvernement de Manuel Vals.

Les investitures accordées par les partis pour les prochaines élections législatives prévues en mai 2017, feront figure de test. Par huit fois des femmes victimes d’agressions et de harcèlement sexuel viennent de dénoncer le Parlementaire EELV en question.

La loi du 4 août 2014 sur l’égalité réelle entre les femmes et les hommes prévoit de retenir 75% du montant de  leur dotation publique aux partis et formations politiques qui ne présenteront pas autant de candidature de femmes que d’hommes aux élections législatives. Gageons, parce que la note de « l’imparité » va dès lors devenir salée, que les responsables politiques vont hésiter à s’acheter des « indulgences » comme ils le faisaient régulièrement en se limitant à payer les pénalités.

Gageons encore qu’au fur et à mesure de l’approche des élections présidentielles et législatives, les langues des femmes vont se délier… pour révéler d’autres histoires au grand public. Et par là même exiger des responsables qui choisissent les députées, non seulement une parité de candidature, mais une parité des élues.

A l’occasion des élections législatives de 2012, l’Assemblée des femmes-Observatoire régional de la parité avait fourni sous forme d’un rapport très travaillé, un mode opératoire pour y parvenir. La méthode demeure valide aujourd’hui. 2011 Rapport Legislatives 2012 Janvier 2011.pdf

 

08 mai 2016

Quatre ans après

On peut ne pas aimer François Hollande, on peut souhaiter le retour de la droite au pouvoir, mais l'honnêteté intellectuelle implique de reconnaître que, comme on le dit familièrement, François Hollande a fait le job.

Lire la suite de la Tribune libre de Dominique Villemot (Photo) , auteur de La Gauche qui gouverne (Privat) Quatre ans après l.pdf

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04 mai 2016

« Avançons sans regret, sans calcul, sans répit. La récompense ne sera pas dans l'Histoire, elle sera dans l'avenir ».

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Hier à Paris, 80 ans après l'avènement du Front Populaire de Léon Blum le 3 mai 1936, le Président de la République, François Hollande clôturait au Théâtre du Rond-Point par un discours très travaillé,  le Colloque " La Gauche et le Pouvoir", organisé à l'initiative de la Fondation Jean Jaurès, de Terra Nova et la Fondation européenne d'Etudes progressistes ;  35 ans après la victoire de François Mitterrand en 1981, 20 ou presque après le succès de Lionel Jospin aux législatives de 1997, et 4 ans après sa propre élection en 2012.

C'est jamais la Gauche qui a été appelée a la direction du pays sans que lui même n'ait été saisi de grandes difficultés intérieures ou extérieures, ou même les deux.

La Gauche, a expliqué François Hollande, " n'a jamais accédé au pouvoir par une mer de tranquillités, sous un ciel de sérénité et par temps calme, et c'est parce que la Nation vit des épreuves qu'elle y arrive, la Gauche au pouvoir. C'est parce que face aux épreuves les autres n'y arrivent pas, qu'elle y parvient'.

Et quand il regarde l'histoire, le Président de la République dresse sans appel le constat. C'est dans une France plongée dans une grave crise économique, dans une Europe déjà à feu et à sang que se constitue le Front populaire. Si en 1981, la France choisit l'alternance en portant François Mitterrand à la Présidence de la République, c'est parce qu'elle est profondément marquée, bousculée même par deux chocs pétroliers qui ont dégradé la balance commerciale, provoqué une montée du chômage et porté l'inflation à plus de 15%.

Plus près de nous, François Hollande conserve à l'esprit la situation économique et budgétaire de 1997, avec un déficit très loin du seuil requis pour être au rendez-vous de la monnaie unique. C'est ainsi que la Gauche (le Gouvernement ayant élaboré un plan d'austérité et suggéré au Président de la République de l'époque de dissoudre l'Assemblée nationale) "autour de Lionel Jospin est arrivée au pouvoir". Et 5 ans plus tard son Gouvernement avait réussi à introduire l'euro "dans les conditions qui avaient été exigées, selon l'agenda voulu et sans l'austérité prévue". 

Ainsi, conclut sur ce chapitre François Hollande, "ce n'est jamais parce que la Gauche est au pouvoir que c'est difficile, c'est parce que c'est difficile que la Gauche est au pouvoir".

Alors, convoquant Léon Blum, il démontre. Léon Blum, dit-il "savait, connaissait le prix de l'exercice du pouvoir, longtemps il avait essayé d'en dissuader, y compris ses propres amis mais il savait qu' arrive un moment où l'exercice lucide et courageux du pouvoir s'impose".

Ainsi, Blum, 10 mai 1936 déclare : " Je ne viens pas ici en vous disant : éloignez moi de ce calice, je n'ai pas voulu cela, je n'ai pas demandé cela" au sujet du pouvoir. "Si, si, j'ai demandé cela" pour gouverner la France.

Un souffle d'émotion traverse alors la salle, passe  parmi nous, avant que François Hollande poursuive par la continuité de l'Histoire de la Gauche du Gouvernement : ne pas fuir devant l'adversité, ne pas céder devant elle, ne pas craindre le procès, "le même inscrit toujours par les mêmes", "celui de la compromission avec un système qu'il faudrait toujours dénoncer pour ne pas avoir à le changer".

(...) Au pouvoir, "je vous en fait la confession, il n'y a pas plus de calice que de délices"...

Les "délices " hier étaient au Théâtres du Rond-Point, comble de ses amis rassemblés avec sérénité et confiance autour de leur Président. Ils, elles savent comme lui "qu'il faut avancer sans regret, sans calcul, sans répit". Et que la récompense " ne sera pas dans l'Histoire, elle sera dans l'avenir".