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15 septembre 2015

Oui, François Hollande sait bien où il va !

 

Par Dominique VILLEMOT, Avocat, président d’honneur de l’association Démocratie 2012 et auteur de La gauche qui gouverne (Privat) (Photo : avec Dominique Villemot à Béziers,  23 octobre 2014) 

Photo 23 octobre Béziers  Dominique Villemot et Geneviève Tapié devant la presse.JPG

Le livre de Françoise Fressoz sur François Hollande, "Le stage est fini", est bien écrit et vivant, mais c’est un ouvrage à charge de plus. Comme les autres, il part implicitement du postulat que, si le président n’est pas populaire, c’est qu’il n’est pas bon. Mais la seule question pertinente c’est de savoir si la politique qu’il mène est bonne. Et là, nous restons sur notre faim.

La presse a abondamment repris la déclaration que lui a faite le président selon laquelle il n’aurait pas dû renoncer à l’augmentation de la TVA décidée par Nicolas Sarkozy. Certes, contrairement à beaucoup d’hommes politiques, le président n’a pas un ego démesuré et sait reconnaître ses erreurs, mais, en l’occurrence, il rappelle qu’il a eu raison d’augmenter les impôts pour réduire le déficit budgétaire dont il a hérité et indique qu’il aurait dû conserver l’augmentation de la TVA pour limiter les autres hausses d’impôts. Et surtout, il réfute totalement la thèse du livre selon laquelle il serait un amateur qui ne sait pas où il va, car il ne se serait pas préparé à diriger le pays, ce qui fait qu’il aurait besoin d’un stage de deux ans et demi pour devenir président : « J’ai pris des décisions extrêmement difficiles dès l’été 2012 », ce qui est vrai ; il a dû corriger en juillet 2012 le budget dont il avait hérité et qui partait à la dérive.

François Fressoz a en effet tort quand elle dit que le président ne s’était pas préparé à affronter la crise économique et n’avait pas assez travaillé sur le fond. Elle aurait dû lire son discours fondateur de Lorient du 27 juin 2009. Toute sa politique y était annoncée. Il était lucide sur la crise : « Cette crise va être longue…Cette crise va être profonde…Cette crise va être injuste ». Il annonçait aussi son futur programme : « Je propose trois choix fondamentaux. 1) Le choix de la compétitivité… 2) Le choix de la solidarité… 3) Le choix de l’écologie. ». C’est la politique qu’il mène depuis 2012 : la compétitivité, c’est d’abord le CICE (novembre 2012) puis le pacte de responsabilité (janvier 2014) ; la solidarité, c’est la mesure sur les retraites en faveur de ceux qui ont commencé à travailler tôt (juillet 2012) puis les baisses d’impôts pour les plus modestes de cette année et de l’an prochain ; l’écologie, c’est le débat public sur l’énergie (automne 2012) puis la loi sur la transition énergétique de cette année et enfin la Conférence de Paris sur le climat de décembre prochain.

 

Enfin, elle estime qu’il est dominé par Angela Merkel et précise qu’il lui a dit que le choix le plus lourd avait été l’acceptation du traité européen en juin 2012. Mais là-aussi, il a été cohérent avec ses prises de position antérieures. Il a toujours été réformiste et européen. Il a fait campagne en 2005 pour le oui au traité constitutionnel européen contre l’aile gauche du PS. A la primaire de 2011, il représentait le courant réformiste face à Martine Aubry soutenue par l’aile gauche. Il faut aussi rappeler que lorsqu’il arrive aux affaires en pleine crise de l’euro, la France est affaiblie par le mauvais état de ses finances publiques et sa priorité est d’éviter une crise sur la dette française. Dans ce livre il précise « J’ai accepté le traité pour situer la France au cœur de l’Europe et non en marge. A gauche on me dit : il fallait créer l’affrontement avec Merkel tout de suite. Qu’est-ce que cela aurait changé ? Je n’aurais obtenu aucun gain sur le plan budgétaire, j’aurais créé une déstabilisation dans la zone euro, j’aurais suscité une marginalisation de la France ». Il a obtenu en contrepartie un pacte de croissance européen de 120 milliards et a su ensuite obtenir de l’Allemagne de reporter de 2013 à 2017 l’obligation d’atteindre les 3 % de déficit, ce qui permet à notre pays de réduire son déficit sans sombrer dans l’austérité comme l’Espagne ou la Grèce.

Ce n’est pas parce que le président n’a pas le comportement d’un monarque condescendant et autoritaire, comme certains de ses prédécesseurs, qu’il ne sait pas où il va.

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