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24 mai 2015

Le Panthéon des dames

 

Christine Clerc.pngLu dans Midi-Libre ce matin, un très bel éditorial de Christine Clerc (Photo 1 ) grand reporter et éditorialiste, à propos des « Dames du Panthéon », Geneviève de Gaulle (Photo 2)  et Germaine Tillon (Photo 3), « résistantes jusqu’au bout de leur vie ».

Geneviève de Gaulle.png

 

Germaine Tilon.png« Prononcer leur nom, c’est évoquer aussitôt Ravensbruck, le camp où furent déportées des milliers de combattantes portant le triangle rouge des « politiques »…. » .

Alors,  au travers de ces immenses personnalités, Christine Clerc nous envoie ce magnifique message :

(…) « Espérons que le Président de la République (pensera) à rendre hommage également au « long cortège » des Françaises déportées qui firent le choix de mourir pour la patrie alors qu’elles n’avaient pas le droit de vote (…) elles furent plus de huit mille. 8000 oubliées, si l’on en juge par le petit nombre de femmes Compagnon de la Libération (6 sur 1032 hommes) et si l’on sait que la fidèle amie de Geneviève et Germaine, Anise Postel-Vinay, grande résistante, âgée de 92 ans n’a même pas reçu la Légion d’Honneur ! Il est vrai qu’on la lui avait proposée, deux ans après son retour du camp : mais il lui fallait se rendre à la mairie pour remplir une demande !

On se demande combien de patrons de CAC 40, commandeurs ou grands officiers, ont dû signer une telle demande et combien d’entre eux ont fait pour la France, le centième de ce qu’on fait nos résistantes. Mais voilà, elles n’ont jamais cherché les honneurs ! ».

 

IMG_5602.PNGA Montpellier, j’ai une amie. Alice Albernhe (Photo 4) . Sur le chemin du Lycée Clémenceau, elle se fait arrêter à 15 ans. On découvre dans le talon de sa chaussure un message pour la Résistance, elle était l’un de leur courrier. Alice est conduite à la Villa des Rosiers, le siège de la Gestapo à Montpellier. Jamais elle ne m’a dit ce qui s’était passé. Mais déportée à Ravensbruck, la seule chose qu’elle me confiera c’est que le soir, avec ses compagnes, elles avaient si peur, qu’elles se blottissaient les unes contre les contres. Si froid certainement aussi… 

Quand dans les années 1980, François Mitterrand, Président de la République, devenue jeune Déléguée régionale aux droits de la femme, j’ai demandé pour Alice la Légion d’Honneur…  elle a obtenu (péniblement !)  les insignes de … Chevalier de l’Ordre national du Mérite !  

Plus tard, François Hollande Président, j’ai voulu réparer cet « oubli ».  Alors, quand Alice m’a dit, doucement, affectueusement, « ce n’est pas la peine », mon cœur à saigné.  

Les symboles ont leur importance, car l’oubli vient toujours trop tôt.

 

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