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25 février 2015

Dans La Dépêche du Midi ce matin

Jacques Montagné : «lettre ouverte à mes camarades» 

 

montagné.jpgAncien vice-président du Parti socialiste du conseil général de l'Aude et ancien conseiller général du canton de Chalabre, Jacques Montagné a écrit une «lettre ouverte» à ses amis socialistes :

«Le tourbillon de la vie électorale et en particulier à gauche entraîne de ma part un certain nombre de réflexions que je souhaite partager avec mes amis lecteurs. Je me souviens des récits de mon père qui, dans les années 1930, parcourant le soir à bicyclette plusieurs dizaines de kilomètres avec un camarade, au nom de l'idéal socialiste, pour assister à des réunions, en sachant qu'il faudrait très tôt le lendemain traire les vaches. Je me souviens de ce qu'il m'a dit, dix ans après ma naissance, me rappelant que quelques décennies plus tôt, les enfants allaient travailler à 12 ans à l'usine, à la mine, et que, grâce aux syndicalistes, aux socialistes, au Front populaire, des avancées sociales avaient mis fin à cette exploitation humaine, qu'il faudrait m'en rappeler, ma vie durant, dans mes choix d'homme et d'électeur. Je me souviens de ma joie, le 10 mai 1981, et de la victoire de François Mitterrand, de ce bonheur renouvelé en 2012 avec François Hollande. J'ai milité pendant 50 ans, de 1965 à 2015. J'ai servi la République pendant 25 ans, élu à la mairie et au conseil général de l'Aude. J'éprouve aujourd'hui une profonde amertume à voir le spectacle fourni par certains élus nationaux. Arrêtez-les, car ils sont devenus fous, ai-je envie de leur dire ! Que croient-ils, les supposés «frondeurs» ? Que les caisses de l'État sont pleines ? Que l'on peut distribuer à tout-va l'argent que nous n'avons pas ? Oui, des réformes sont nécessaires ; oui, les temps ont changé ; nous sommes Européens, et ceci ne nous autorise pas à n'importe quelle politique. Il faut relancer la machine économique, créatrice de richesses, des choix drastiques sont nécessaires, même si cela égratigne parfois nos certitudes d'hommes et de femmes de gauche. Au soir de ma vie, je n'accepte pas de gaieté de cœur les progrès électoraux du Front national ou la perspective d'un retour de Nicolas Sarkozy. Ressaisissez-vous, élus «frondeurs» ! Ayez une réflexion saine, amis communistes, Front de gauche, Verts… Demain, il sera trop tard, et longue sera la traversée du désert. Laissez vos ego au vestiaire, et retrouvez le chemin de l'union.»

 

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