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17 septembre 2014

Les mouchoirs

 

Dans l’Hérault, 3647 grands électeurs (députés, sénateurs, conseillers généraux, conseillers régionaux, délégués des conseils municipaux) éliront 4 sénateurs dont 2 sénatrices le 28 septembre prochain.

Cela, c’est sur le papier.

La Loi du 3 août 2013 a fixé que dans les départements élisant 3 sénateurs et plus (c’est le cas dans l’Hérault et le Gard, qui font partie de la moitié renouvelable), le scrutin de liste proportionnel à un tour, répond à un objectif de parité légale : les listes doivent être composées d’une femme et d’un homme (ou d’un homme et d’une femme) par alternance…

La loi du 3 août 2013 dispose aussi que les listes des déléguées des conseils municipaux répondent désormais au principe de parité alternée.

Il y a dans l’Hérault  environ 42% de femmes parmi les grands électeurs. C’est-à-dire un pourcentage suffisant pour que les femmes puissent réellement peser sur les résultats du scrutin, rappelons qu’un seuil de 30%  est  nécessaire pour constituer une masse critique minimale pour refléter le poids des femmes dans la société… et par là même au sein d’un corpus électoral.

 Toujours dans l’Hérault, 72 candidat-e-s répartis sur 12 listes vont se disputer les 4 postes disponibles.

La multiplicité des listes au sein des deux formations politiques à droite et à gauche, c’est-à-dire, soyons claire, au PS, à l’UMP (et, par des listes dissidentes situées dans leur environnement immédiat) complique un peu les choses, et porte les germes de l’assassinat de la parité.

En 2008, au précédent renouvellement, l’UMP, avait de manière réglo, élu un sénateur (M. Couderc) et une sénatrice (Mme Bruguière).

Le PS, avait, par un artifice dont je n’ai jamais été dupe, envoyé deux hommes au Sénat, en laissant chaque fois la deuxième de liste à la porte de la Haute Assemblée : M. Navarro conduisait la liste officielle du PS, M. Tropéano, à la tête d’une « fausse » liste dissidente – partage des voix oblige ! -, l’avaient tous deux emportés.

Sauf votre « serviteure » qui avait dénoncé cette stratégie de contournement de la parité, personne ou presque, ne s'en était ému. 

Or l’histoire se répète aujourd’hui.

Avec en prime, à cause d’un inévitable  émiettement des voix sur les  12 listes, le risque de voir chuter l’unique sénatrice sortante (UMP).

J’en appelle donc au groupe des 42% de  femmes grandes électrices. A la responsabilité des grands partis et à celle du Parti socialiste majoritaire qui a voté, avec enthousiasme, la Loi du 3 août pour l’élection des sénateurs tant à l’Assemblée qu’au Sénat.

Je ne suis toujours pas dupe. Le cynisme en politique existe. Mais si Mme Dolorès Roqué, deuxième sur la liste investie par le PS de M. Cabanel reste devant la porte, alors, je considérerais, comme vient de me l’écrire mon amie Micaela Navarro Garzon, Présidente du PSOE (Partido Socialista Obrero Espagnol)  qu’un jour « les femmes décideront de retirer l’échelle sur laquelle les hommes s’agrippent pour grimper vers l’édifice du pouvoir ».             

Une révolution se prépare le 15 mars 2015 : l’élection des Conseils départementaux  selon le scrutin bi-nominal paritaire (une femme et un homme élus à égalité de droit dans chaque canton), va déboucher sur des Assemblées strictement composées de la moitié de femmes. Bien au-delà du seuil critique de 30%. Et alors je crois bien que les vocations de « Présidentes » vont fleurir.

Alors, encore,  il sera trop tard pour sortir les mouchoirs.

 

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