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08 juin 2014

Petit précis (extrait)

Des élections sénatoriales auront lieu le 28 septembre prochain ; les sénateurs (et les sénatrices, elles sont aujourd’hui 22, 2%), élus en 2008 sont renouvelables dans la moitié des départements.

La Loi du 3 août 2013 a modifié leur mode d’élection.

Dans les départements élisant un ou deux sénateurs, c’est le cas par exemple dans l’Aude, le scrutin uninominal s’applique et chaque candidat doit se présenter avec un suppléant appartenant au sexe opposé.

Dans les départements comportant 3 sénateurs et plus, l’élection se fait selon un scrutin de liste. Une obligation de parité légale par alternance (par exemple, une femme, un homme, une femme…) est prévue.

Enfin, et c’est une innovation, les listes des grands électeurs proposées par les municipalités sont désignées de la même façon par contrainte légale de parité alternée.

A l’occasion du renouvellement du 28 septembre, le législateur a voulu imposer de nouvelles règles pour féminiser la Haute Assemblée qui en a bien besoin. Ainsi puisque près de 73, 3 % des nouveaux sénateurs seront élus à la proportionnelle, on peut logiquement en déduire que la moitié, soit environ 36% des nouveaux élus seront des femmes. Sur le papier, cela permettrait d’enregistrer une progression de la représentation féminine de 15%... et d’enregistrer au final un sénat qui ne serait plus composé que de 63% d’hommes au lieu de 78% aujourd’hui.

La féminisation du corps électoral –dont le ministère de l’intérieur reste encore très jaloux de sa composition dans les élections antérieures – a pour objectif de mieux « contenir » les stratégies de contournement de la parité ; on peut penser qu’un corpus mieux féminisé puisse être moins porté à la tentation.

Car, tel Satan sur les esprits faibles, la tentation peut toujours surgir.

Prenez par exemple un département élisant quatre sénateurs. Prenez par exemple une formation suffisamment représentée pour lui assurer au moins deux élu-e-s, et par conséquent, une femme et un homme.

Oui mais voilà, me direz-vous, qu’est qu’on fait si deux hautes personnalités masculines briguent puissamment les deux premiers postes ?

C’est très simple. Vous présentez une liste officielle bien estampillée. Vous prenez une femme. Vous la couvrez de fleurs et vous la placez juste derrière le premier prétendant.

Après, vous suscitez une liste faussement dissidente que conduira le deuxième prétendant –avec bien entendu une autre femme en deuxième position. Vous hurlez à la trahison … mais vous convoquez Satan pour assurer le partage de vos voix. En laissant vos deux candidates à la porte de la Haute Assemblée, il vous faudra quand même, pour être tout à fait crédible un  peu sangloter sur leur sort,    mais, vos deux amis seront élus. Le temps effacera la « forfaiture »….

Extrait du « Petit précis de contournement de la parité ».

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