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03 mai 2014

« Ah, je connais »

Cela pourrait s’appeler cracher dans la soupe.

Quoi de plus normal pour le Président de la République de remettre quelques médailles (du travail) le jour de la fête éponyme du 1er mai ?

Figurait à l’Elysée parmi les récipiendaires, une dame de Béziers présentant une longue (et méritante) carrière dans une société de distribution de l’eau. Mais aussi, outre plusieurs responsabilités dans des associations, un passé d’élue engagée aux côtés de l’ex –maire UMP de Béziers, Raymond Couderc.

Certes, les préfets, lorsqu’on leur en fait la demande, et j’en ai fait souvent l’expérience, ont tendance à proposer plutôt des personnalités proches de la droite – davantage respectables ? – que de la gauche, en vertu certainement du vieil adage de moindre légitimité de cette dernière dans l’exercice du pouvoir.

Certes, la récipiendaire est respectable pour l’appartenance à son courant de pensée. Certes, son adhésion aux idées de l’UMP, si elle ne devait en rien l’exclure d’une distinction, ne saurait néanmoins suffire à justifier ce manque de  dignité dont elle a fait preuve en commentant l’attitude du Chef de l’Etat.

Au moment de l’accrocher, la médaille lui a glissé de ses doigts.

Acte manqué ?

La dame  a dit aussi, « Je suis de Béziers ».

« Ah, je connais » a rétorqué le Président de la République.

A l’occasion de la promotion de Pâques il a, sur sa réserve personnelle, promu un de ses grands résistants, au grade de Commandeur  de la Légion d’Honneur, le Colonel Jean-Baptiste Durand alias Commandant Roch dans la Résistance.

            Soixante et dix ans après, ni François Hollande, ni les démocrates et  républicains de Béziers, n’ont oublié ni le massacre de Fontjun du 6 juin 1944 ni les fusillé (e)s du Champ de Mars  du lendemain.  Un moment d' histoire dont le Colonel Durand, un vieux monsieur très digne de 93 ans est le dernier survivant. Et dont le Président de la République sait qu’elle  est  aujourd’hui encore, ancrée dans la mémoire collective, avec un traumatisme comparable à celui laissée trois jours plus tard à Tulle par la sauvagerie des  « 99 pendus ».

 

 

 

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