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15 avril 2014

De l'intérêt supérieur...

 

Photo Michèle Dray.jpgC’est Midi-Libre qui l’annonce ce matin, une cinquième femme, Michèle Dray-Fitoussi  va siéger à partir du 26 mai au Conseil général de l’Hérault pour remplacer Philippe Saurel, le nouveau maire (DVG) de Montpellier qui a démissionné. « Sur 49 élus », souligne le quotidien régional, c'est-à-dire, à peine plus de 10% (10, 20% exactement).

Ce qui à l’heure de la parité n’est pas franchement satisfaisant. Même si dans ce département, l’application de la règle du suppléant de sexe opposé appelé à remplacer le titulaire décédé ou démissionnaire a permis en trois ans au Conseil général de l’Hérault élu en 2011 (2 femmes sur 49 élus soit 4, 08%) d’atteindre péniblement ce résultat.

Il explique à lui seul le bien fondé des Lois du 17 mai 2013 sur l’élection des conseillers municipaux, communautaires et départementaux en 2014 et 2015. Ces Lois transforment notamment les Assemblées départementales. Elles instaurent en divisant le nombre de cantons par deux, un mode de scrutin inédit en France (le scrutin bi-nominal), destiné à élire une femme et un homme à égalité de fonction de conseiller départemental dans des cantons remodelés. Ainsi, dès le renouvellement de l’année prochaine, le Conseil départemental de l’Hérault sera également composé de 25 femmes et 25 hommes, devenant ainsi l’assemblée la plus paritaire après avoir été pendant 70 ans la plus hostile à la représentation des femmes.

Le Président de la République, François Hollande, dont rien ne pourrait entamer la confiance que je lui porte, a soutenu une proposition  que l’Assemblée des femmes-Observatoire régional de la parité du Languedoc-Roussillon, membre du Réseau Demain la parité,  avait formulée au cours d’une audition au Sénat le 3 juin 2010, à propos du Projet de loi de réforme territoriale de Nicolas Sarkozy qui assassinait la parité.

(Pour en savoir plus :Rapport Cantonales 2011 Avril 2011.pdf )

 

Dire que le principe du scrutin bi-nominal instauré par la volonté de François Hollande a enthousiasmé les présidents des conseils généraux serait un pur euphémisme.

Penser que le Président de la République aurait pu renoncer à son projet sous les coups de butoir de quelques « baronnies locales », même au prix de sa propre popularité, serait mal le connaître. L’intérêt supérieur de l’Etat commandait tout à la fois le respect de l’objectif constitutionnel de parité et le rééquilibrage démographique d’un découpage cantonal vieux de plus de 100 ans.

 

L’intérêt supérieur du pays qui commande aujourd’hui  la recherche d’économies drastiques dans les dépenses des collectivités territoriales a conduit le Premier ministre Manuel Valls à proposer au Parlement de diviser le nombre de Régions par deux et à supprimer d’ici 2021 les Assemblées départementales élues en 2015.

Les nouveaux élus auront donc six ans pour s’organiser. Car qu’il soit bien clair qu’il n’est pas question de « supprimer les départements » comme je l’ai déjà entendu – l’Hérault, le Gard, l’Aude, la Lozère, les Pyrénées –Orientales…. existeront toujours -, mais, pour reprendre l'exemple du Languedoc-Roussillon, de diminuer de 200 environ le nombre de personnalités qui y seront élues. En transférant bien entendu les compétences des Départements à d’autres exécutifs locaux ou régionaux.

Eh bien, plus qu’un manque d’enthousiasme, c’est une fronde à laquelle appellent aujourd’hui les Présidents de Conseil généraux.

J’ai entendu  dire aussi que ni le Premier ministre, ni le Président de la République ne pourraient tenir cet engagement.

Concernant le Premier ministre, il a imposé avec courage et autorité les Lois du 13 mai 2013 sur les départements  au Parlement.

Concernant le Président de la République, ce serait sous estimer son mode de fonctionnement.  

 

 

Le petit plus pour vous détendre :

 C'est Bernard RONSIN, conseiller général de l’Aisne qui a osé déclarer : « La parité, c’est une connerie. On va forcer les femmes à faire de la politique alors qu’elles n’en ont pas forcément envie. Dans ma profession, j’ai affaire à de plus en plus de femmes. Il y en a de très compétentes, mais elles nous pourrissent la vie. Elles seraient mieux avec des casseroles à faire de la confiture ».

( In Service des droits des femmes, Lettre mensuelle du 7 avril)

 

 

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