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19 janvier 2014

« Désormais, on ne joue plus avec la loi sur la parité »

 

 « Désormais, on ne joue plus avec la parité » (…) « La loi ne doit plus être bafouée » ! Ce « coup de gueule » de Bruno Le Roux, Président du Groupe SRG, à la Commission des Lois de l’Assemblée nationale à propos du Projet de Loi sur l’égalité entre les femmes et les hommes , a –t-il inspiré les socialistes audois ?

La Fédération audoise du Parti socialiste, une formation politique très dominante dans ce département, vient d’inscrire à son agenda politique la désignation le 31 janvier prochain de ses candidat(e)s aux prochaines élections sénatoriales qui auront lieu en septembre 2014.

photo gisèle jourda.JPG

La première bonne nouvelle c’est que dans un département élisant deux sénateurs au scrutin majoritaire, où aux termes de la Loi du 3 août 2013, l’unique contrainte paritaire est de choisir un suppléant de sexe opposé,  une femme, Gisèle Jourda (photo 1), figure en pôle position parmi les deux seuls compétiteurs aux deux postes de  titulaires, qui décrocheront forcement  tous les deux l’investiture du PS.

La deuxième, c’est qu’à moins d’un « tremblement » de terre, une fois investie, en l’état des rapports de force politiques au sein du corps électoral sénatorial, Gisèle Jourda devrait être forcement élue, et entrer ainsi au palmarès de la première sénatrice en terre d’Aude.

photo Herve Baro.JPG

La troisième, et ce n’est par la moindre, c’est la personnalité de son suppléant, un homme, je vous l’ai dit, parité légale oblige. Hervé Baro (photo 2), maire de Terme, petit village niché dans le Hautes –Corbières, Premier Vice-président et Président du Groupe socialiste du Conseil général de l’Aude a accepté la fonction.

Une initiative qui renforcera Bruno Le Roux dans ses convictions… et que nous saluons.

 

 

           

 

 

 

 

18 janvier 2014

Constance et cohérence … suite

 

 

Dans une interview parue dans Les Echos d’hier,  Stéphane Le Foll, Ministre de l’Agriculture, démontre la constance des choix économiques de François Hollande depuis de nombreuses années.

            François Hollande, nous dit-il, « est un Président qui s’affirme ».

            J’ai retrouvé, nous dit Le Foll, un discours de septembre 2007 à La Rochelle où il disait déjà que « le premier problème de la France, c’est la compétitivité des entreprises, tout en ajoutant qu’il ne fallait pas abandonner la politique de la demande ».

            Alors ?  Interview aux echos du 17-01.pdf

17 janvier 2014

Constance et cohérence

AssembléeDesFemmes_logo 2.jpgDans un billet paru sur ce Blog le 17 décembre, « Monsieur Gagne Pain et Madame Aufoyer », je soulignais l’importance du principe de l’imposition séparée des couples qui venait d’être relancé dans le cadre du débat fiscal.

Je n’avais pas mentionné à ce moment là, le courrier que j’avais adressé à ce propos au Président de la République François Hollande, le 22 novembre précédent.

Or je viens de recevoir deux lettres.

La première, daté du 13 janvier, du Premier Ministre Jean-Marc Ayrault, qui m’assure « avoir bien pris connaissance de votre proposition d’imposition séparée pour les couples mariés » et m’indique que  « votre proposition fera l’objet d’un examen attentif dans le cadre de la réforme fiscale ».

La seconde, toujours du 13 janvier,  vient du Ministre de l’Economie et des Finances, Pierre Moscovici, qui me dit « tout son intérêt », tout en me remerciant « des observations faites sur ce sujet ».

Comme je ne leur avais pas écrit, il a bien fallu que quelqu’un, dont je salue la constance et la cohérence de l’action, les saisisse de ma proposition.

Une  telle mesure serait non seulement une incitation à l’emploi des femmes mariées ou vivant en couple ; mais aussi un moyen de renforcer, comme l’a dit le Président de la République François Hollande dans sa Conférence de presse de mardi, «l’harmonisation  des règles fiscales en Europe ».

Rappelons que a France est avec le Portugal et le Luxembourg, un des trois pays de l’OCDE à pratiquer aujourd’hui la familiarisation obligatoire de l’impôt sur le revenu,

 

 

 

 

 

10 janvier 2014

2014, année « décisive » pour l’égalité ?

Jusqu'à présent, seule une femme siégeait à la Haute Autorité de santé (HAS), une instance chargée de l’évaluation des produits de santé et des pratiques professionnelles dont la moitié est aujourd’hui à renouveler.

            Désormais, n’y en aura plus ! Ainsi en ont décidé les Présidents de l’Assemblée nationale et du Sénat dont c’est le tour, en alternance avec le Président de la République et le Conseil économique social et environnemental, de proposer des noms.

            Alors, dans une belle unanimité, Jean-Pierre Bel pour le  Sénat et Claude Bartholoné pour l’Assemblée ont désigné deux hommes. Mieux, c’est Martine Aubry qui a soufflé a Bartholoné celui d’un de ses protégés, le directeur du CHU de Lille (municipales obligent ?) et tous se sont accordés pour affirmer « Qu’aucune candidate ne remplissait les critères », autrement dit, les pauvres, ILS n’en ont pas trouvé !

            Ce que le journal Le Monde dément formellement (dans un Editorial à la Une et un article en page 9 «  Santé : des nominations masculines qui font tousser » parus aujourd’hui). Bref, des femmes de qualité, (Christine Coudrier, directrice du CHU de Nantes, Chantal de Singly directrice de l’Agence de la Réunion, ou encore, Dominique Polton, directrice de la stratégie et des études de la CNAM « qui présentait le double avantage d’être une femme et une économiste ») étaient sur les rangs. Le problème c’est que les Présidents ont préféré (comme les maris trompés ?), regarder ailleurs.

            Ce sont donc quatre hommes que le Président de la République s’apprête à nommer par Décret.

            Le pire, c’est que François Hollande n’y est pour rien, puisque on l’a vu, cette année, les nominations ne relèvent pas de lui, mais des deux Assemblées.

            Le pis, c’est que cela fait vraiment désordre.

            A l’occasion du récent Comité interministériel sur les droits des femmes (CIDF) du 6 janvier, le Premier ministre a appelé à faire de 2014, une année « décisive » pour les droits des femmes avec des objectifs chiffrés ministère par ministère.

            Mieux, le 20 janvier la Ministre, Najad Vallaud Belkacem, dont chacun s’accorde sur les avancées qu’elle a obtenues, défendra à l’Assemblée nationale un nouveau projet de loi sur les droits des femmes.

            Au cours d’une audition par le Rapporteur de la Commission des lois, j’ai beaucoup insisté le 7 novembre auprès de M. Sébastien Denaja pour que la parité puisse être imposée de manière contraignante dans toutes les assemblées de la sphère politique, économique, sociale, professionnelle…

            J’en appelle donc à vous, Monsieur le Rapporteur, puisqu’il faut encore passer par la contrainte afin d’obtenir ce qui devrait être une évidence,  pour qu’après le vote de la loi, la situation ubuesque que nous venons de vivre à la HAS, ne se reproduise plus.  

08 janvier 2014

No pasaran !

 

            Au moment où le Premier Ministre annonce de nouveaux projets pour faire progresser les droits des femmes en 2014, la Ministre dédiée, Mme Najat Vallaud-Belkacem reçoit un bel hommage d’une députée UMP, Mme Marie-Jo Zimmermann ancienne Présidente de la Délégation des droits des femmes à l’Assemblée nationale,  « En un an et demi, la nouvelle ministre a réussi pas mal de chose.  Elle a la tâche plus facile que celle de nos anciennes ministres des droits des femmes, car le Président Hollande est à l’écoute ». A l'inverse de Sarkozy, alors?

            Certes, l’approche interministérielle dont a découlé les « feuilles de route » adoptées par chacun des ministères – citons à titre d’exemple l’introduction dès juin 2012 d’une dose de « parité » pour l’élection des Chambres d’agriculture en janvier 2013, qui a permis, à l’initiative du Ministère de l’Agriculture dirigé par Stéphane le Foll de doubler en une fois a représentation des agricultrices élues-,   a permis d’afficher dès ce 6 janvier des résultats tangibles : lutte contre le temps partiel contraint, sanction des entreprises qui ne respectent pas l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes, lutte contre les violences faites aux femmes et création de places d’hébergement supplémentaires, remboursement à 100% de l’IVG…

            Mais rien n’est jamais simple, rien n’est jamais acquis pour les femmes.

            Ainsi, au moment où la Droite la plus conservatrice et réactionnaire aspire à revenir en Espagne sur le droit à l’avortement que les espagnoles avaient acquis après de hautes luttes, et grâce à la Gauche, des voix s’élèvent en France à l’Assemblée nationale pour contester aussi  aux françaises leur capacité de plein exercice de ce droit.

            C’est Le Monde du 8 janvier qui raconte.

            Lors de l’examen de la Loi sur l’égalité entre les femmes et les hommes, qui doit être débattue à partir du 20 janvier, la Commission des Lois de l’Assemblée nationale a adopté un amendement qui affirme que l’IVG n’est pas une simple dérogation accordée aux femmes mais un droit entier : la mention « la femme que sa situation place dans une situation de détresse – pour avoir recours à l’IVG »  est remplacée par « qui ne veut pas poursuivre une grossesse ».

            Ce qui change tout.

            Oui mais voila, l'introduction de cette simple phrase dans le code de la santé publique provoque l’ire de l’opposition UMP qui a déjà promis un « beau débat dans l’Hémicycle ».

            Comme en Espagne ? Ou comme dans les années 30 quand le sénat réactionnaire nous promettait l’effondrement de la société si les femmes se mettaient à voter ? Ou en 1967 quand les députés UDR, les lointains cousins de l’UMP, s’opposaient à la Loi Neurwith pour libérer la contraception, quand la proposition n’était finalement adoptée que grâce aux voix de la gauche progressiste ?

            Il ne reste plus qu’à compter sur la détermination du Rapporteur PS de la Commission des Lois, Sébastien Denaja. Elle est entière. Il s’est déjà engagé : «  Le terme de détresse sonne bizarrement en 2013 (…). Il s’agit d’expurger les textes d’une disposition désuète ».

            Sébastien Denaja peut compter  sur le soutien du Gouvernement qui lui, est favorable à cet amendement, ainsi que sur celui, espérons le, de sa collègue à l"Assemblée, Mme Zimmerman.

            Histoire de bien montrer que ce no pasaran cher aux femmes espagnoles a bien un sens. En  Espagne comme en France.

 

Retrouvez ici le dossier de presse : Droits des femmes : 45 mesures qui changent la donne avec l'intégralité du mot d'introduction du Premier ministre

Ainsi que le document intégral détaillant l'ensemble des mesures de cette première année d’action.

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