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10 janvier 2014

2014, année « décisive » pour l’égalité ?

Jusqu'à présent, seule une femme siégeait à la Haute Autorité de santé (HAS), une instance chargée de l’évaluation des produits de santé et des pratiques professionnelles dont la moitié est aujourd’hui à renouveler.

            Désormais, n’y en aura plus ! Ainsi en ont décidé les Présidents de l’Assemblée nationale et du Sénat dont c’est le tour, en alternance avec le Président de la République et le Conseil économique social et environnemental, de proposer des noms.

            Alors, dans une belle unanimité, Jean-Pierre Bel pour le  Sénat et Claude Bartholoné pour l’Assemblée ont désigné deux hommes. Mieux, c’est Martine Aubry qui a soufflé a Bartholoné celui d’un de ses protégés, le directeur du CHU de Lille (municipales obligent ?) et tous se sont accordés pour affirmer « Qu’aucune candidate ne remplissait les critères », autrement dit, les pauvres, ILS n’en ont pas trouvé !

            Ce que le journal Le Monde dément formellement (dans un Editorial à la Une et un article en page 9 «  Santé : des nominations masculines qui font tousser » parus aujourd’hui). Bref, des femmes de qualité, (Christine Coudrier, directrice du CHU de Nantes, Chantal de Singly directrice de l’Agence de la Réunion, ou encore, Dominique Polton, directrice de la stratégie et des études de la CNAM « qui présentait le double avantage d’être une femme et une économiste ») étaient sur les rangs. Le problème c’est que les Présidents ont préféré (comme les maris trompés ?), regarder ailleurs.

            Ce sont donc quatre hommes que le Président de la République s’apprête à nommer par Décret.

            Le pire, c’est que François Hollande n’y est pour rien, puisque on l’a vu, cette année, les nominations ne relèvent pas de lui, mais des deux Assemblées.

            Le pis, c’est que cela fait vraiment désordre.

            A l’occasion du récent Comité interministériel sur les droits des femmes (CIDF) du 6 janvier, le Premier ministre a appelé à faire de 2014, une année « décisive » pour les droits des femmes avec des objectifs chiffrés ministère par ministère.

            Mieux, le 20 janvier la Ministre, Najad Vallaud Belkacem, dont chacun s’accorde sur les avancées qu’elle a obtenues, défendra à l’Assemblée nationale un nouveau projet de loi sur les droits des femmes.

            Au cours d’une audition par le Rapporteur de la Commission des lois, j’ai beaucoup insisté le 7 novembre auprès de M. Sébastien Denaja pour que la parité puisse être imposée de manière contraignante dans toutes les assemblées de la sphère politique, économique, sociale, professionnelle…

            J’en appelle donc à vous, Monsieur le Rapporteur, puisqu’il faut encore passer par la contrainte afin d’obtenir ce qui devrait être une évidence,  pour qu’après le vote de la loi, la situation ubuesque que nous venons de vivre à la HAS, ne se reproduise plus.  

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