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08 janvier 2014

No pasaran !

 

            Au moment où le Premier Ministre annonce de nouveaux projets pour faire progresser les droits des femmes en 2014, la Ministre dédiée, Mme Najat Vallaud-Belkacem reçoit un bel hommage d’une députée UMP, Mme Marie-Jo Zimmermann ancienne Présidente de la Délégation des droits des femmes à l’Assemblée nationale,  « En un an et demi, la nouvelle ministre a réussi pas mal de chose.  Elle a la tâche plus facile que celle de nos anciennes ministres des droits des femmes, car le Président Hollande est à l’écoute ». A l'inverse de Sarkozy, alors?

            Certes, l’approche interministérielle dont a découlé les « feuilles de route » adoptées par chacun des ministères – citons à titre d’exemple l’introduction dès juin 2012 d’une dose de « parité » pour l’élection des Chambres d’agriculture en janvier 2013, qui a permis, à l’initiative du Ministère de l’Agriculture dirigé par Stéphane le Foll de doubler en une fois a représentation des agricultrices élues-,   a permis d’afficher dès ce 6 janvier des résultats tangibles : lutte contre le temps partiel contraint, sanction des entreprises qui ne respectent pas l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes, lutte contre les violences faites aux femmes et création de places d’hébergement supplémentaires, remboursement à 100% de l’IVG…

            Mais rien n’est jamais simple, rien n’est jamais acquis pour les femmes.

            Ainsi, au moment où la Droite la plus conservatrice et réactionnaire aspire à revenir en Espagne sur le droit à l’avortement que les espagnoles avaient acquis après de hautes luttes, et grâce à la Gauche, des voix s’élèvent en France à l’Assemblée nationale pour contester aussi  aux françaises leur capacité de plein exercice de ce droit.

            C’est Le Monde du 8 janvier qui raconte.

            Lors de l’examen de la Loi sur l’égalité entre les femmes et les hommes, qui doit être débattue à partir du 20 janvier, la Commission des Lois de l’Assemblée nationale a adopté un amendement qui affirme que l’IVG n’est pas une simple dérogation accordée aux femmes mais un droit entier : la mention « la femme que sa situation place dans une situation de détresse – pour avoir recours à l’IVG »  est remplacée par « qui ne veut pas poursuivre une grossesse ».

            Ce qui change tout.

            Oui mais voila, l'introduction de cette simple phrase dans le code de la santé publique provoque l’ire de l’opposition UMP qui a déjà promis un « beau débat dans l’Hémicycle ».

            Comme en Espagne ? Ou comme dans les années 30 quand le sénat réactionnaire nous promettait l’effondrement de la société si les femmes se mettaient à voter ? Ou en 1967 quand les députés UDR, les lointains cousins de l’UMP, s’opposaient à la Loi Neurwith pour libérer la contraception, quand la proposition n’était finalement adoptée que grâce aux voix de la gauche progressiste ?

            Il ne reste plus qu’à compter sur la détermination du Rapporteur PS de la Commission des Lois, Sébastien Denaja. Elle est entière. Il s’est déjà engagé : «  Le terme de détresse sonne bizarrement en 2013 (…). Il s’agit d’expurger les textes d’une disposition désuète ».

            Sébastien Denaja peut compter  sur le soutien du Gouvernement qui lui, est favorable à cet amendement, ainsi que sur celui, espérons le, de sa collègue à l"Assemblée, Mme Zimmerman.

            Histoire de bien montrer que ce no pasaran cher aux femmes espagnoles a bien un sens. En  Espagne comme en France.

 

Retrouvez ici le dossier de presse : Droits des femmes : 45 mesures qui changent la donne avec l'intégralité du mot d'introduction du Premier ministre

Ainsi que le document intégral détaillant l'ensemble des mesures de cette première année d’action.

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