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20 novembre 2013

Retour sur audition

Si j’avais une critique à formuler sur le Projet de loi sur l’égalité entre les femmes et les hommes actuellement en débat au Parlement, ce serait de mettre sur un même pied des mesures relatives à l’égalité professionnelle, à la lutte contre la précarité des femmes, contre les violences dont elles sont victimes, avec des dispositions concernant l’égale représentation.

Ainsi, j’ai fait remarquer au Rapporteur du Projet de loi, M. Sébastien Denaja, député de l’Hérault, que ces inégalités résultaient de la rareté des femmes à l’Assemblée nationale. Depuis qu’elles sont électrices et l’éligibles (1944) l’insuffisance des femmes dans la représentation au sein du seul pouvoir  transformateur a eu pour conséquence une insuffisante prise en compte des inégalités par le pouvoir politique.

C’est parce qu’elles sont devenue électrices que les femmes sont  parvenues à peser sur leur destin surtout à compter des années 70/80. C’est au fur et à mesure que leur proportion augmentait à la représentation nationale (de 2% des députés en 1958 à 10% en 1997, et 27% aujourd’hui) que la loi a véritablement pu corriger  certaines des  inégalités. L'examen d'une proposition de loi abolitionniste à l'Assemblée nationale qui pénalise l’achat de services sexuels auprès de personnes prostituées, une disposition impensable encore il y a une dizaine d’années,  en témoigne.

Si M. Denaja  (un homme en or ?) s’est montré très attentif à mon raisonnement, j’ai trop de pratique politique et militante pour ne pas savoir que  l’Histoire a montré que l’on ne peut compter sur la bonne volonté de ceux qui détiennent le pouvoir pour le partager. Et ramener les femmes au raisonnement simple que la parité ne présenterait d’intérêt que pour quelques "ambitieuses" animées par la seule idée de faire carrière. Ainsi, les femmes auraient  mieux à faire à œuvrer « véritablement » et « concrètement » contre les inégalités que de se préoccuper du déficit de représentation.

Eh bien, c’est non !

J’ai reçu à la suite de mon Blog du 13 novembre et de la diffusion du compte rendu d’audition, une bordée de messages d’encouragement et de soutien qui, contre toute attende invalide cette théorie.

Et valide à l’inverse l’idée qu’il faut non plus inciter mais contraindre les partis et les formations politiques à faire élire autant de femmes que d’hommes aux élections législatives. Certainement en  rendant « insupportable »  la vie de ceux qui ne respecteraient pas la parité.

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