statistiques
Midilibre.fr
Tous les blogs | Alerter le modérateur| Envoyer à un ami | Créer un Blog

20 septembre 2013

Le dernier mot des députés

Sommes nous revenus dans les années 1930, où les sénateurs nous ont offert une comédie parlementaire sans précédent pour s’opposer pendant près de 10 ans au droit de vote et à l’éligibilité des femmes?  Le Gouvernement de Léon Blum en avait fait pourtant dès 1936 un point important de son agenda politique. Vous connaissez la suite : l’Ordonnance du Général de  Gaulle en Avril 1944 qui institue les droits civiques des femmes ; le Conseil national de la Résistance avait inscrit ces droits dans son programme.

 

L’opposition véhémente des sénateurs au scrutin binominal au cours des débats du printemps sur  les lois du 17 mai qui instaurent un mode de scrutin favorable à l’égale représentation des femmes et des hommes dans les conseils départementaux en 2015, avait donné prise aussi à des arguments d’une  misogynie rare et que l’on croyait d’un autre temps. J’en ai déjà parlé sur ce Blog.

 

Mais hier, les sénateurs ont atteint, en s’excluant par un amendement du Projet de loi sur le non cumul des mandats, les sommets d’un immobiliste patant qui révèle deux choses : d’une part, qu’ils sont complètement coupés de la société, et que d’autre part, retranchés au Palais du Luxembourg, leur souci ne relève pas de l’intérêt général de la Nation entière, mais bel et bien d’autre chose. Par amendement, les sénateurs se sont autorisés à exercer une fonction exécutive locale (maire, président ou vice président de conseil général ou conseil régional) contrairement aux députés. Renoncer à ces fonctions – le projet de loi les autorisait pourtant à être sénateur, et simple  conseiller municipal, ou conseiller général ou régional – serait selon eux se couper des collectivités locales qu’ils estiment représenter au Parlement.

 

Du coup, non seulement ils se coupent de l’opinion qui ne comprend pas, mais aussi, en sacrifiant à leur seul profit l’intérêt supérieur de la gauche au pouvoir, des engagements faits au Français pendant la campagne électorale, par le Président de la République, François Hollande.

 

Alors, quand des sénateurs de la Majorité trahissent François Hollande en  mêlant leur voix à leurs collègues de droite, mon sang ne fait qu’un tour.

 

Simon Sutour et Françoise Laurent-Perrigot, sénateurs du Gard, Marcel Rainaud et Roland Courteau, sénateurs de l’Aude, ne sont tombés ni dans ce piège, ni dans un particularisme criminel. Ils ont voté pour le non cumul d’un mandat de sénateur avec l’exercice d’un exécutif local.

 

Les autres sénateurs de  la Majorité, élus  dans le Languedoc-Roussillon, avec les voix des socialistes, sont allés, très courageusement,  siéger ailleurs, dans un Groupe politique autre. Ils ont comme voté contre le non cumul.

 

Ce sont les députés, à majorité favorables au texte sur le non cumul qui auront le dernier mot. Espérons que ce sera le bon !

 

Les commentaires sont fermés.