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15 mai 2013

Protestation

Annie Junter, Maîtresse de Conférence à l’Université de Rennes 2, semble pour le moins frappée de discrimination à l’occasion de sa candidature à un poste de professeur-e de droit prive.

Annie a contribué à l’élaboration de la Loi Roudy de 1983 sur l’égalité professionnelle et n’a cessé depuis de réfléchir sur ces questions. Outre qu’elle a toutes les compétences pour être recrutée à ce poste qu’elle ambitionne, c’est une amie, toujours disponible pour répondre aux invitations (gratuites) des associations. Elle intervenait avec brio l’année dernière à la Première Conférence régionale des femmes du Languedoc-Roussillon à Montpellier.

J’ai adressé une protestation au Président de l’Université. Je demande instamment à toutes celles (et ceux) qui me font confiance de relayer cette initiative, qu’à plusieurs nous avons prise. La voici :

Chargé de statuer sur l’examen des candidatures au poste de professeur-e de droit privé et sciences criminelles offert au recrutement, par la voie dite longue (46-3) à l’Université Rennes 2, le comité de sélection a décidé de rejeter avant audition, la candidature de Madame Annie Junter, maîtresse de conférences en droit privé et titulaire de la chaire d’études sur l’égalité entre les femmes et les hommes à l’université Rennes 2 depuis 1985,  aux motifs :

« Que vos recherches et vos enseignements ne paraissent pas totalement en adéquation avec ce que peuvent attendre de leur nouveau collègue les enseignants-chercheurs de notre département, compte tenu de la description de l’emploi »

Cette décision, dont la motivation paraît particulièrement injustifiée est choquante. Est argué l'inadéquation du profil enseignement et du profil recherche au poste à pourvoir. Pourtant la simple lecture du profil de poste et du CV d'Annie Junter montre au contraire que son profil est particulièrement adapté à ce poste défini de façon très ouverte. Elle a dispensé tout au long de sa carrière différents enseignements juridiques : introduction au droit, droit des sociétés, droit de la famille, droit social et droit de l’égalité. A moins que le comité considère que le droit de l’égalité entre les femmes et les hommes ne soit pas digne d’être considéré comme un enseignement de droit privé à part entière, ce qui ne manquerait pas de surprendre à un moment ou l’égalité et la lutte contre les discriminations sont des enjeux internationaux, européens et nationaux au cœur du droit, que le projet de loi relatif à l’enseignement supérieur et la recherche en cours de préparation prévoit d’intégrer à tous les niveaux de la formation des étudiant-e-s. 

Ses recherches relatives à l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes sont inscrites dans les axes de l’équipe d’accueil CIAPHS qui a succédé au CRESS-Lessor dont elle a accompagné la transformation de 2006 à 2012. Elle conduit des programmes de recherche dans les axes intégration et violences qui sont visés par la fiche de poste et sont des projets importants pour l’unité au point d’avoir favorisé récemment son intégration au groupement d’intérêt scientifique « Genre » du CNRS auquel l’Université Rennes 2 est en cours d’adhésion.

L'écarter ainsi de la procédure de recrutement, avant même les auditions apparaît particulièrement injuste et choquant concernant une enseignante-chercheure dont non seulement les travaux sont reconnus au plus haut niveau mais aussi qui, localement, n'a jamais démérité au service de l'université Rennes2. Rappelons ici que dans la période récente, entre autres activités, Annie Junter a créé le Diplôme Interuniversitaire "Etudes sur le genre" auprès de l’université numérique de Bretagne. La non reconnaissance du travail effectué et de l'engagement professionnel d'Annie Junter est  une violence institutionnelle inacceptable.

Cette décision suscite incompréhension, colère et indignation chez celles et ceux qui ont bénéficié de ses compétences, partagé ses engagements précurseurs, collaboré  à ses travaux. Elle affecte  toutes celles et ceux qui se sont mobilisés sur le territoire  pour faire reconnaître les études sur le genre comme une activité scientifique et pédagogique à part entière.

Les signataires de la présente motion vous demandent Monsieur le Président de l’Université Rennes2 d’user de votre pouvoir et responsabilité pour mettre un terme rapidement à cette situation empreinte de discrimination.  

Adresser la motion à :

president@univ-rennes2.fr

Copie à :

lionel.collet@recherche.gouv.fr

guillaume.houzel@recherche.gouv.fr

etienne.grass@pm.gouv.fr

jerome.teillard@pm.gouv.fr

 

 

 

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