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06 avril 2013

Maître du jeu et du temps

Sans être directement impliquée dans la sphère qui dirige le pays, mais pour un peu connaître François Hollande, il me semble que la situation devrait conduire tant « les poids lourds de la majorité » que certains « conseillers » à davantage de gravité. Et, très franchement,  leurs confidences délivrées au journal Le  Monde (6 avril 2013) m’insupportent, même si je comprends le souci de leurs auteurs à jouer les importants.

Le poids pesé pour le premier dans la majorité ne l’exonère pas de la sottise lorsqu’il prétend (sous couvert bien entendu d’anonymat) que François Hollande « n’a pas de pensée stratégique, juste une pensée tactique … »). Quant au conseiller qui évoque « l’empêchement »,  il aurait mieux fait de se taire, tant sa part d’ignorance est grande,  en confondant l'impeachment[1] (Etas-Unis ou Royaume Uni), avec « l’empêchement » du Président de la République sur sa capacité physique et mentale  à gouverner[2]. Et au lieu de s’affoler des baisses de popularité, l’un et d’autre devraient au contraire faire montre de sang froid !

Quant à « l’amateurisme » asséné par Françoise Fressoz au Président sous forme d’ «Avertissement », il trouve à la page suivante, la réponse de Gérard Courtois (Le Monde, 6 avril 2013, p 11 : « Face aux crises, la V° République fait du Président le maître du jeu et du temps »).

Je crois pouvoir affirmer que depuis toutes ces années, François Hollande a eu le temps de bien connaître nos institutions. Et celui aussi de réfléchir sur notre histoire : De Gaulle accusé de « forfaiture » lorsqu’il décide à l’automne 1962, d’instaurer l’élection du Président de la République au suffrage universel ; François Mitterrand ébranlé en 1984, puis l’année suivante, par la levée en masse du peuple de droite contre le projet de réforme de l’école et l’épisode de Green Peace[3] qui coûta son poste au ministre des armées de l’époque ; ou encore, Jacques Chirac, en proie 6 mois après son élection à des milliers de français cabrés devant la réforme des retraites avant que le gouvernement n’y renonce pour l’essentiel.

Je vous pose une question.

Quelle était la côte de popularité du Président Chirac à ce moment là : 26%.

Le Journal du Dimanche le rappelait fort justement il y a 15 jours.

 

 



[1]Dans ces pays, l’impeachment est une « mise en accusation », parfois traduit abusivement en français par le faux-ami « empêchement » ou une procédure permettant au pouvoir législatif de destituer un haut fonctionnaire d'un gouvernement.

[2] Dans ce cas, c’est le Conseil constitutionnel, saisi par le Premier ministre qui se prononce. L’empêchement aurait pu être évoqué à propos de la maladie de Georges Pompidou au début des années 70, ou du cancer de François Mitterrand une vingtaine d’années plus tard.

[3] Les services secrets français apparaissent responsables  de l’attentat contre un bateau de l’Association.

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