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29 mars 2013

Les chaussures de rêve

« Je l’ai trouvé à l’aise, équilibré et compétant » ! Moi aussi !

 

La réaction de François Bayrou à l’intervention d’hier du Président de la République, François Hollande sur France 2, mérite d’être soulignée au milieu d’un océan de commentateurs et chroniqueurs qui s’est déchaîné dès l’interview bouclée : non, décidément, le Président ne vaut rien ! Faut-il alors le pendre haut et court ?

 

« Question de mode » a dit, je crois, à un moment le Président. Alors, si c’est « tendance », c’est sûr, il faut le faire !

 

Et si j’admets tout à fait l’importance d’être « tendance » dans les rédactions, les « chaussures de rêve » (celles avec lesquelles il est impossible de marcher) portées par certains journalistes à l’antenne me laissent pantoise d’admiration, il me semble que les acteurs de la politique gagneraient à s’épargner d’avoir mal aux pieds.

 

Et ceux de la Majorité en particulier. Non pas parce que ces « chaussures de rêve » coûtent de véritables fortunes (il faut aussi avoir un chauffeur pour pouvoir les porter), mais parce que la fidélité, la loyauté, la reconnaissance me semblent des valeurs dont, pour ne parler que de lui, le Parti socialiste, devrait, en son sein,  privilégier le commerce.

 

Prenons les députés élus en juin 2012. Combien parmi eux doivent leur élection à l’effet d’entraînement de la victoire de François Hollande à la Présidentielle ? Et combien se fourvoient en pensant qu’être « tendance » suffira à assurer leur réélection ?

 

Quant aux chefs, (ou aux futurs chefs) d’exécutifs locaux, candidats socialistes aux élections municipales de 2014, comment peuvent-ils penser que leur succès sera proportionnel au   degré de lâchage politique du Président de la République ?

 

Remercions pour sa clarté le maire PS d’une commune de l’Hérault (22 526 habitants) : « Je suis très fier d’être socialiste, je suis socialiste dans le fond. Moi j’avais choisi Martine Aubry, la façon que François Hollande a de mener le pays me conforte dans le choix que j’avais fait, mais il est président et je le soutiens » (France bleu Hérault).

 

Dans son édition de la semaine dernière, le  Journal du Dimanche  proposait un sondage sur la popularité de François Hollande. Résultat : « Très satisfaits : 3% ».

 

« Trois pour cent », c’est, inspirés des sondages d’opinion,  le nom que certains socialistes donnaient en 2009 à l’actuel Président de la République qui ambitionnait d’être candidat.

 

 Vous connaissez la suite ...  Et la morale de l’histoire : laisser chausser les « chaussures de rêve » à ceux qui ne risquent pas d’avoir mal aux pieds !

27 mars 2013

Amende honorable

AssembléeDesFemmes_logo 2.jpgQue faisaient les député(e)s socialistes le 26 mars dernier ?

Ou se trouvaient-ils au  moment où Christian Jacob et des membres du groupe de l’Union pour un mouvement populaire (UMP) présentaient une motion de rejet préalable sur le projet de loi relatif à l’élection des conseillers départementaux, municipaux et communautaires et modifiant le calendrier électoral ? Autrement dit, tentaient d’assassiner une nouvelle fois la parité ?

Le nombre de députés de droite et de gauche étant comparable au moment du vote de ce texte, la présidente de séance, Laurence Dumont (PS) a du à deux reprises procéder à un « assis/debout » pour compter les députés favorables ou défavorables à cette motion de rejet (AFP).

Ainsi, bien que le PS y soit largement majoritaire, il a la majorité absolue,  l'Assemblée nationale a été à deux doigts de rejeter mardi le projet de loi du ministre de l'Intérieur Manuel Valls instaurant un binôme homme-femme dans chaque canton pour les élections départementales.

Un nouveau coup pour la parité ! Prémédité ? En tous cas pour l’UMP !

Le compte rendu des débats ne permettant pas de connaître les «députés qui s'amusent», c'est-à-dire la liste de ceux qui, par leur absence auraient pu faire tout échouer, soulignons, comme lot de consolation pour le seul  Languedoc-Roussillon (20 députés de la majorité) le rôle actif de police joué par Sébastien Denaja (Hérault, 6e circonscription ) « À vos places ! Madame la présidente, ne comptez pas les députés debout dans les travées ! », ainsi que la participation (musclée ?) de M. Mesquida (Hérault, 5° circonscription) (Compte rendu des débats du 26 mars 2013).

Nous faisons d’ores et déjà amende honorable auprès de  ceux et celles des présents qui ne s’étant  pas manifestés au cours des débats ne figureraient pas dans le Compte rendu.

Le Blog de l’Assemblée des femmes-Observatoire régional de la parité du Languedoc-Roussillon  leur reste bien entendu ouvert pour le faire ! Et manifester ainsi un soutien clair et massif au scrutin bi nominal paritaire !

emc.tapie.genevieve@wanadoo.fr

17 mars 2013

Valse hésitation, pas glissé, et pessimisme au Sénat

 

 Les 13 et 14 mars, les sénateurs ont adopté en seconde lecture le projet de loi de réforme électorale mais en l’amputant de sa disposition phare : l’élection d’un binôme homme-femme au scrutin majoritaire lors des prochaines élections cantonales.
Alors que l’on avait pu croire à un moment que le ministre de l’Intérieur, Manuel Valls, avait réussi à convaincre les sénateurs d’approuver son dispositif réformant les élections cantonales  ces derniers ne votant pas mercredi soir l’amendement de suppression de l’article 2 qui instaure l’élection d’un binôme homme-femme au scrutin majoritaire pour ces élections, les sénateurs ont finalement rejeté le lendemain cet article 2 par 185 voix contre 136.

Valse hésitation de 8 sénateurs de l' UMP et 5 de L'UDI  qui se sont finalement ravisés ? Ils avaient  permis  de reousser   l’amendement de suppression.

Apprécions toutefois à la lumière de leur vote, le mouvement d’ensemble régional des sénateurs et sénatrices de la Majorité  ; tous se prévalent d’apporter en Languedoc-Roussillon leur soutien au Président de la République François Hollande…

 

 Comme suit, et à l’exception d’un pas glissé !

 

Ont voté pour le scrutin binominal paritaire :

Roland Courteau (11),  Françoise Laurent-Perrigot (30) , Robert Navarro (34), Marcel Rainaud (11), Simon Sutour (30), Alain Bertrand (48), Robert Tropeano (34)

 

Ont voté contre :

Christian Bourquin (66)

 

Laissons conclure le Sénateur  Jean-Jacques Mirassou  (Haute--Garonne) : Quel pessimiste ! « La femme est l'avenir de l'homme » !

 

Sources : Sénat, compte rendu des débats.

08 mars 2013

La « fête » !

Voilà, c’est aujourd’hui la « fête », et le plus réjouissant c’est que c’est  Jean-Louis  Debré, le Président du Conseil constitutionnel qui, dans un ouvrage écrit avec Valérie Bocheneck, la fait « au ridicule des hommes qui tentèrent de fermer aux femmes la voie du pouvoir ou de l’emploi » (Le Monde, Vendredi 8 mars 2013).

            Vous pourriez croire que c’est nouveau ; le déficit récurrent de représentation des femmes à l’Assemblée nationale, l’absence de parité au Conseil constitutionnel malgré les récents efforts du Président Hollande pour faire nommer trois femmes le mois dernier, les écarts de salaires qui perdurent… ne plaident pas dans ce sens.

            Eh bien nom ! Debré et Bocheneck brossent dans leur «Ces femmes qui ont réveillé la France » (Fayard, 372 pages, 21,90 euros), vingt six destinées  peu communes.

            Prenez, nous disent les auteurs, Victoire Daubié qui obtient (seule après moult tentatives pour s’inscrire)  à 37 ans, le 17 août 1861, son baccalauréat. Eh bien que croyez vous ? Que le ministre de l’éducation publique de l’époque, Gustave Rouland allait capituler devant cette obstinée ? Point du tout : le diplôme officiel refusé à Victoire Daubié, fût remplacé (tout de même !) par une attestation « pour ne pas ridiculiser le ministère » !

            On peine, nous disent encore Debré et Bocheneck, devant la force des réticences de la franc maçonnerie avant que cette société y admette la première femme, Marie Deraisme, « une conférencière  et féministe déterminée », et selon le motif suivant :

-                          « A l’homme l’action extérieure, à lui les luttes de la vie et de la tribune (…). A la femme, l’action lente, douce et persévérante du foyer (…). La femme reste ce qu’elle est, la mère, la nourrice, l’éducatrice de nos fils ». (La République maçonnique du 23 octobre 1881),

et pour finir, l’argument imparable des « frères » : « Comment les femmes seraient-elles capables de garder le secret sur leur appartenance à une loge ? »

            Cela concerne le XIXe siècle, n’est-ce pas ? Alors, cela a bien du changer ! Non ?

 

06 mars 2013

Le cadeau

S’il est utile de rappeler encore que la Journée Internationale des femmes du 8 mars,  n’est pas la « fête des femmes » au sens où la Saint Valentin serait par exemple la « fête des amoureux », il ne leur est pas interdit de refuser les cadeaux. Surtout si ces derniers viennent des députés pour marquer d’un pas supplémentaire les luttes des femmes pour conquérir leurs droits.

            Le 26 février 2013, l’Assemblée nationale, en adoptant le Projet de loi organique « relatif à l’élection des conseillers municipaux, des délégués communautaires et des conseillers départementaux » vient de corriger les faiblesses des lois sur la parité en agissant directement sur les modes de scrutin qui laissaient les femmes aux portes de certaines assemblées.

            Ainsi, la parité alternée s’appliquera désormais dans les conseils municipaux et les collèges exécutifs des communes de 500 habitants et plus (pour mémoire, Languedoc-Roussillon, élections municipales mars 2008 : 34, 7% de conseillères municipales et 28, 4% d’adjointes dans les communes non soumises à la parité légale), ainsi que de leurs intercommunalités référentes (pour mémoire : Languedoc-Roussillon, élections mars 2008 : 23,5% de conseillères communautaires et 16% de vice-présidentes).

            La cerise sur le « cadeau » vient cependant des conseils départementaux ( ce sont les anciens conseils généraux : au soir du dernier renouvellement de mars 2011,  91,94 % des cantons du Languedoc –Roussillon, soit 168 sur 186, étaient dirigés par des hommes). Elus au scrutin binominal (« Art. L. 191. – Les électeurs de chaque canton du département élisent au conseil départemental deux membres de sexe différent, qui se présentent en binôme de candidats dont les noms sont ordonnés dans l’ordre alphabétique sur tout bulletin de vote imprimé à l’occasion de l’élection. »), ces assemblées seront désormais les plus paritaires de France.

            C’était, dès la Primaire citoyenne de novembre 2011, un engagement fort de François Hollande qu’il a tenu, et une conviction de Bruno Le Roux, président du Groupe socialiste à l’Assemblée nationale qui a su entraîner ses députés.

            Saluons au passage la responsabilité politique des députés socialistes du Languedoc-Roussillon dont l’analyse du scrutin du 26 février 2013 http://www.assemblee-nationale.fr/14/scrutins/jo0280.asp,  reflète, à un absent près, la discipline de vote.

            Gageons que l’électorat féminin et les féministes leur seront reconnaissants de cette large avancée des femmes vers une véritable éligibilité. Près de soixante et dix ans  tout de même après l’Ordonnance du Général de Gaulle qui l’avait consacrée, et près de quinze ans plus tard l’inscription dans la Constitution de l’égale représentation des femmes et des hommes dans les assemblées élues.

            Reste encore au Président de la République, un petit détail à régler à l’Assemblée nationale où le pourcentage de femmes demeure inférieur à 30%.