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08 mars 2013

La « fête » !

Voilà, c’est aujourd’hui la « fête », et le plus réjouissant c’est que c’est  Jean-Louis  Debré, le Président du Conseil constitutionnel qui, dans un ouvrage écrit avec Valérie Bocheneck, la fait « au ridicule des hommes qui tentèrent de fermer aux femmes la voie du pouvoir ou de l’emploi » (Le Monde, Vendredi 8 mars 2013).

            Vous pourriez croire que c’est nouveau ; le déficit récurrent de représentation des femmes à l’Assemblée nationale, l’absence de parité au Conseil constitutionnel malgré les récents efforts du Président Hollande pour faire nommer trois femmes le mois dernier, les écarts de salaires qui perdurent… ne plaident pas dans ce sens.

            Eh bien nom ! Debré et Bocheneck brossent dans leur «Ces femmes qui ont réveillé la France » (Fayard, 372 pages, 21,90 euros), vingt six destinées  peu communes.

            Prenez, nous disent les auteurs, Victoire Daubié qui obtient (seule après moult tentatives pour s’inscrire)  à 37 ans, le 17 août 1861, son baccalauréat. Eh bien que croyez vous ? Que le ministre de l’éducation publique de l’époque, Gustave Rouland allait capituler devant cette obstinée ? Point du tout : le diplôme officiel refusé à Victoire Daubié, fût remplacé (tout de même !) par une attestation « pour ne pas ridiculiser le ministère » !

            On peine, nous disent encore Debré et Bocheneck, devant la force des réticences de la franc maçonnerie avant que cette société y admette la première femme, Marie Deraisme, « une conférencière  et féministe déterminée », et selon le motif suivant :

-                          « A l’homme l’action extérieure, à lui les luttes de la vie et de la tribune (…). A la femme, l’action lente, douce et persévérante du foyer (…). La femme reste ce qu’elle est, la mère, la nourrice, l’éducatrice de nos fils ». (La République maçonnique du 23 octobre 1881),

et pour finir, l’argument imparable des « frères » : « Comment les femmes seraient-elles capables de garder le secret sur leur appartenance à une loge ? »

            Cela concerne le XIXe siècle, n’est-ce pas ? Alors, cela a bien du changer ! Non ?

 

Commentaires

Cela a bien changé, en effet : les femmes peuvent désormais accéder à un poste de responsabilité. Et j'ai pu être embauchée, sur concours, comme cadre dans la fonction publique. Mais quelques années plus tard, lorsque j'ai postulé, avec les compétences requises, à un grade supérieur, il m'a été répondu que je n'en avais pas "besoin" parce que... mon mari gagnait suffisamment bien sa vie (sic) !
Mon salaire a très rapidement plafonné, car même si j'ai plusieurs fois changé de poste, je n'ai jamais avancé en grade.
Idem pour les primes distribuées "au mérite". Mes chefs ont estimé que je n'en avais pas "besoin" (re-sic).
Certes, les femmes sont enfin admises à travailler sans discrimination. Et leur salaire d'embauche n'est pas différent de celui des hommes. Mais trop souvent encore, leur carrière ne progresse pas. Plus systématiquement que leurs collègues masculins, elles restent des "sans grade".
On parle beaucoup d'inégalité des salaires (assez aisément détectable, condamnable, rectifiable), plus rarement de cet insidieux plafond de verre au-dessus de la tête des femmes.
L.F.

Écrit par : LF | 12 mars 2013

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