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06 mars 2013

Le cadeau

S’il est utile de rappeler encore que la Journée Internationale des femmes du 8 mars,  n’est pas la « fête des femmes » au sens où la Saint Valentin serait par exemple la « fête des amoureux », il ne leur est pas interdit de refuser les cadeaux. Surtout si ces derniers viennent des députés pour marquer d’un pas supplémentaire les luttes des femmes pour conquérir leurs droits.

            Le 26 février 2013, l’Assemblée nationale, en adoptant le Projet de loi organique « relatif à l’élection des conseillers municipaux, des délégués communautaires et des conseillers départementaux » vient de corriger les faiblesses des lois sur la parité en agissant directement sur les modes de scrutin qui laissaient les femmes aux portes de certaines assemblées.

            Ainsi, la parité alternée s’appliquera désormais dans les conseils municipaux et les collèges exécutifs des communes de 500 habitants et plus (pour mémoire, Languedoc-Roussillon, élections municipales mars 2008 : 34, 7% de conseillères municipales et 28, 4% d’adjointes dans les communes non soumises à la parité légale), ainsi que de leurs intercommunalités référentes (pour mémoire : Languedoc-Roussillon, élections mars 2008 : 23,5% de conseillères communautaires et 16% de vice-présidentes).

            La cerise sur le « cadeau » vient cependant des conseils départementaux ( ce sont les anciens conseils généraux : au soir du dernier renouvellement de mars 2011,  91,94 % des cantons du Languedoc –Roussillon, soit 168 sur 186, étaient dirigés par des hommes). Elus au scrutin binominal (« Art. L. 191. – Les électeurs de chaque canton du département élisent au conseil départemental deux membres de sexe différent, qui se présentent en binôme de candidats dont les noms sont ordonnés dans l’ordre alphabétique sur tout bulletin de vote imprimé à l’occasion de l’élection. »), ces assemblées seront désormais les plus paritaires de France.

            C’était, dès la Primaire citoyenne de novembre 2011, un engagement fort de François Hollande qu’il a tenu, et une conviction de Bruno Le Roux, président du Groupe socialiste à l’Assemblée nationale qui a su entraîner ses députés.

            Saluons au passage la responsabilité politique des députés socialistes du Languedoc-Roussillon dont l’analyse du scrutin du 26 février 2013 http://www.assemblee-nationale.fr/14/scrutins/jo0280.asp,  reflète, à un absent près, la discipline de vote.

            Gageons que l’électorat féminin et les féministes leur seront reconnaissants de cette large avancée des femmes vers une véritable éligibilité. Près de soixante et dix ans  tout de même après l’Ordonnance du Général de Gaulle qui l’avait consacrée, et près de quinze ans plus tard l’inscription dans la Constitution de l’égale représentation des femmes et des hommes dans les assemblées élues.

            Reste encore au Président de la République, un petit détail à régler à l’Assemblée nationale où le pourcentage de femmes demeure inférieur à 30%.  

 

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