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29 janvier 2013

La limitation du cumul des mandats c'est maintenant !

Au moment où le Sénat fait de la résistance quant à la l'application du principe de non cumul des mandats à ses membres, 80 sénateurs socialistes rassemblés autour de François Rebsamen, leur président demandent des règles spécifiques, plusieurs associations ont lancé des pétitions sur le web.

J’ai choisi de vous faire partager celle des Associations: Parité, Les Marianne de la diversité  qui a recueilli à ce jour près de 27 000 signatures.  

« Malgré l'engagement du Président de la République, malgré la proposition de la Commission Jospin, malgré l'opinion française favorable à la limitation du cumul des mandats, les plus lourdes menaces pèsent sur l'adoption du futur projet de loi.

La levée de boucliers de certains parlementaires qui n'hésitent pas à manifester vigoureusement leur opposition à cette réforme, nous fait craindre que la France continue à détenir le record des pays les plus cumulards d'Europe.

En effet, de nombreux sénateurs plaident pour que des règles spécifiques s'appliquent au Sénat.

Les députés quant à eux invoquent le sacro-saint ancrage local comme si un mandat local non exécutif ne suffisait pas à l'assurer. Jusqu'à quand continuerons-nous d'ignorer que les  lois de décentralisation, en élargissant le champ d'action des collectivités territoriales ont augmenté considérablement les contraintes de gestion, exigeant des président-e-s, vices – président-e-s des conseils régionaux et généraux, maires et maires adjoints de devenir enfin  des élus-e-s à temps plein?

Par ailleurs, chacun le sait, la France connaît aujourd'hui une grave crise de la représentation politique et ce n'est pas un hasard si l'abstentionnisme est en train de devenir le plus grand parti de France. Nos concitoyens veulent désormais des dirigeants politiques qui leur ressemblent et qui soient disponibles. Nous devons  prendre toute la mesure de cette attente populaire, car déjà le doute et la défiance se sont installés.

Le renouvellement de la classe politique est devenu aujourd'hui une exigence pour que l'exercice de notre démocratie puisse s'ouvrir à tous dans le respect de la parité, de l'égalité  entre les femmes et les hommes et dans la diversité des origines, des générations et des classes sociales. C'est un  enjeu démocratique, d'une société moderne qui avance et qui gagne.
Une nouvelle fois, ne laissons pas passer cette chance, limitons les mandats pour faire toute leur place aux femmes et aux diversité ».

Les arguments du Sénat qui, estimant devoir appartenir au sérail pour être un élu efficace, en appelle à son mode d’élection par les représentants des collectivités locales (communes, conseils généraux, conseils régionaux) sont-ils recevables ? Oui, certainement à condition  de ne pas siéger dans leurs exécutifs, au risque de voir apparaître des conflits d’intérêt.

Côté Assemblée nationale, le principe de non cumul semble acquit. A une réserve près comme le souligne son président Claude Bartholone (Le Monde,  29 janvier 2013) « que les suppléants puissent prendre la place des députés qui choisiront leur mandat local ». Ce qui ferait, vu le nombre important de députées suppléantes, une  bonne affaire pour la parité !

 

 

 

21 janvier 2013

La République en péril !

Toujours à propos du scrutin bi-nominal paritaire pour les élections cantonales, (Voir « La République à la renverse », 18 janvier 2013) je ne résiste pas à vous faire partager le point de vue de Isabelle Germain, rédactrice en chef des Nouvelles News, l’autre genre d’info, http://www.lesnouvellesnews.fr, qui relate plus longuement  les débats au sénat de la semaine dernière.  

Je passe sur les questions bêtes « Comment fera-t-on avec un candidat transsexuel ? » ou les considérations imbéciles du genre « la parité obsessionnelle » ou « la parité mesurée ( ?) a 50/50 » de la part d’honorables parlementaires qui ignorent encore que plus de dix ans après une modification constitutionnelle (juillet 1999) et le vote de la première loi d’égale représentation des hommes et des femmes dans les assemblées élues (juillet 2000), les conseillères sont encore la portion congrue dans les assemblées des départements;  tant il vrai que l’UMP, pourtant tenue par l’article 4 de la Constitution  (qui assigne aux partis la responsabilité de contribuer « à la mise en œuvre du principe énoncé au second alinéa de l'article 1er c'est-à-dire l’égal accès des femmes et des hommes aux mandats et fonctions électives-  dans les conditions déterminées par la loi » )semble s’asseoir sur le texte fondateur de la Ve République. Un comble pour des personnalités qui se prévalent du gaullisme !

Isabelle Germain sera certainement de mon avis pour décerner la palme du dévouement à la Cause à l'UMP Bruno Sido préconisant vaillamment de ne rendre cette mesure effective que le temps d'une mandature : «six ans après, on pouvait laisser le binôme mais en n'imposant plus la stricte parité puisque les femmes auront pu faire leurs preuves.» Félicitons le au passage pour sa bonne connaissance de l’histoire des droits politiques des femmes, puisque, très inspiré, celui-ci n’a pas hésité à reprendre l’idée du « scrutin des morts » de Maurice Barrès en 1916 qui prévoyait de limiter l’accès au droit de votes aux veuves et mères de soldats tués ; ou encore, du Rapport que le 3 octobre 1919[1], le sénateur Alexandre Bérard fait sur plusieurs propositions de loi « tendant à accorder aux femmes l’électorat et l’éligibilité » qui commence par une question, « Les mains des femmes sont-elles bien faites pour le pugilat de l’arène publique » ? Et termine, péremptoire, par cette affirmation « séduire et être mère, c’est pour cela qu’est faite la femme » !

Dans cette veine, félicitons particulièrement l’UMP Christophe Béchu se fendant de cette histoire : « Soit cette scène dans un hôtel de New York. Une jeune femme aux formes avantageuses s’approche d’un buffet et avisant Albert Einstein lui déclare : "Ayons des enfants ensemble ! Imaginez qu’ils aient votre intelligence et ma beauté !" Einstein lui répond : "Et si c’était l’inverse ?" C’est à quoi revient le scrutin binominal ! » ("Exclamations et rires à droite", relate le compte-rendu des débats). Et  n’oublions surtout pas le non moins UMP Gérard Longuet jouant la carte de la bienveillance bonhomme en déclarant :« Nous savons, en province, que ce sont les femmes qui gèrent les maisons et les budgets et donnent les grandes directions.»

Le Parti Socialiste n'a pas manqué cette occasion pour dénoncer dans un communiqué « un véritable festival de misogynie de la part des sénateurs UMP »... et pour ironiser : « Il est vrai que l’égalité entre les femmes et les hommes ne figure pas, et loin de là, dans les préoccupations de l’UMP comme en témoigne le nouvel organigramme de sa direction ».

Très franchement, je les trouve un peu sévère.

Car enfin les sénateurs UMP avait bien du avant d’entrer en scène, un peu  travailler leur texte. Et rendons leur grâce d’avoir su trouver des arguments dans la plaidoirie contre le droit de vote des femmes du  sénateur Armand Calmels  en 1932:  « Nous sommes disposés à accorder aux femmes tout ce que leur sexe a le droit de demander, mais en dehors de la politique… Nous avons remonté d’autres courants que le féminisme. Nous avons remonté le courant du boulangisme – du Général Boulanger, un populiste  anti- parlementaire et anti-républicain - , le courant du nationalisme et toutes les fois que la République a été en péril, c’est le Sénat qui l’a sauvée ! ».



[1] Rapport n ° 561, annexé au procès-verbal de la séance du Sénat du 3 octobre 1919.

18 janvier 2013

La République à la renverse

Le sénat a rejeté hier soir le  projet de loi du Ministre de l’Intérieur concernant le scrutin paritaire pour les élections cantonales (Voir "Une étonnante révolution électorale", 6 janvier 2013). Le vote, sur cette seule question est intervenu après huit heures de discussion avec quelques « dérapages » selon les termes employés par Manuel Valls.

C’était compter sans le « Sénat, peureux, frileux et conservateur » (Yvette Roudy, 1995), 164 élus UMP et centristes se sont opposés à ce projet défendu par les socialistes et les radicaux de gauche (144 voix). Il est bien regrettable que les femmes semblent ici avoir fait les frais de calculs politiciens des communistes et des écologistes qui se sont abstenus.

Toutefois, rien n’est perdu.

D’une part parce que l’Assemblée nationale ne sera pas forcement de cet avis. L’hostilité de la Haute Assemblée au scrutin bi-nominal ne devrait pas empêcher François Hollande de l’instituer ; le Premier ministre demandant alors aux députés de rétablir la disposition contestée par les sénateurs.

D’autre part, parce que si le Sénat s’est toujours ingénié à limiter leurs revendications les femmes n’ont jamais déserté le combat.

Et les sénateurs réactionnaires en ont été toujours pour leurs frais.

 

Le 7 juillet 1932, 253 sénateurs contre 40 se prononcent contre le droit de  vote des femmes. Les débats nous offrent quelques morceaux choisis. Extraits :


 Raymond DUPLANTIER, sénateur de la Vienne (28 juin 1932) :
« Vous allez augmenter le nombre de femmes alcooliques si vous leur accorder le droit de vote : en les appelant à la fréquentation des réunions électorales et aux réunions de café qui suivent celles-ci, vous ne manquerez pas de développer l’alcoolisme que vous avez la légitime prétention de combattre. ».

 

Sans blague ?

 René HERY, sénateur des Deux Sèvres (7 juillet 1932) :
«   Savez-vous ce que nous devrions leur demander ? Qu’elles nous laissent en paix […], qu’elles évitent de nous faire perdre notre temps à discuter le suffrage féminin, qu’elles abandonnent leurs revendications absolument déraisonnables, qu’elles nous gardent la paix et le refuge du foyer, de la famille. Voilà leur rôle, leur mission. C’est là qu’elles ont du génie, et non pour d’autres activités.
Le suffrage féminin est, pour le régime actuel, la menace la plus redoutable qu’il ait connue depuis soixante ans […]. Le suffrage féminin renversera la République. ».

 

Ah bon ?

14 janvier 2013

Restauration

« Restaurer la fédé ». En lui renouvelant sa confiance, telle est la feuille de route donnée par André Vézinhet, le président du Département à Hussein Bourgi le nouveau patron de la Fédération socialiste de l’Hérault, élu avant Noël par 60% des militants (Midi-Libre, 14 janvier 2012). Pour ceux (et celles) qui ne le sauraient pas encore, le PS a connu dans l’Hérault quelques soubresauts conduisant à une mise en tutelle de plus de deux ans. L’élection de M. Bourgi, clôture cette période et ouvre, pour reprendre son thème de campagne, « une ère nouvelle ».  

L’Acte premier se jouait samedi 12 à Béziers ; le Congrès départemental devant désigner les instances de décision (par exemple, le Conseil fédéral) et de contrôle (par exemple la Commission des conflits) de la fédération.

Si le nouveau Premier secrétaire, M. Bourgi m’y autorise, je lui accorderais d’emblée un grand satisfecit quant à la transparence : les listes des membres élus ont été aussitôt publiées et largement diffusées. PS Fede instances 12 janvier 2012.pdf

Ainsi, 170 responsables issus de toutes les « sensibilités » exprimées au sein des Motions de Congrès ont désormais la charge de la conduite du Parti. Autant de voix disponibles pour porter aux quatre coins de l’Hérault la politique gouvernementale et le projet du Président de la République François Hollande, dont aucun ne manque de se réclamer. Cela va faire du bruit !

J’ai pensé utile d’examiner aussi le timbre de ces voix.

A y regarder de plus près, elles seraient plutôt masculines, puisque tous postes de titulaires confondus, la part des femmes peine à dépasser les 37%. Et comme je voudrais éviter à M. Bourgi de restaurer le passé, qu’il m’autorise encore à lui faire remarquer que le terme de « parité intégrale » figure  me semble -t-il  dans les statuts de la formation politique qu’il a désormais l’honneur de diriger.

M. Vézinhet aura beau se mettre en colère, je partage avec lui la conviction qu’il faut être exemplaire pour représenter. L’action sociale menée au Département, la suppression d’une cérémonie de vœux trop coûteuse valident ce sentiment.

Mais dans notre démocratie, quand la voix des femmes n’est pas suffisamment prise en compte, alors c’est la rupture du contrat républicain.

« Restaurer la fédé » n’est pas une mince entreprise. Franchir les obstacles méritait certainement une politique des petits pas.

C’est une déception, que les femmes en payent majoritairement le prix.

10 janvier 2013

Messe noire à La Matinale

La nomination du journaliste Frédéric Taddeï au Haut Conseil de l’égalité entre les femmes et les hommes fait quelques vagues auprès des féministes. Des personnalités ont saisi le Président de la République.

            Déjà, en novembre 2012, Thalia Breton, porte-parole de « Osez le féminisme » avait été « horrifiée » par la bienveillance de l’entretien qu’il avait accordé au français Dominique Alderweireld (dit "Dodo la Saumure") poursuivi pour proxénétisme (http://leplus.nouvelobs.com). Et ces jours ci, l’Association « La Barbe »  a dit avec humour sa joie « car, grâce à Frédéric Taddeï, ces soir là, comme depuis la nuit des temps, le beau sexe reste plaisir des yeux, plaisir d’offrir… ». Les mêmes ont calculé aussi, « qu’au fil des années, Frédéric nous avait habitué à regarder les grands hommes causer (…) entre 2006 et 2012, son plateau s’est affirmé comme un haut lieu de l’entre soi masculin, avec seulement 5 femmes pour 28 hommes parmi les personnalités les plus invitée ».

            Tout cela est- il bien grave ?

            Oui parce ce que le nouveau membre du Haut Conseil semble faire des émules.

            Sur Canal Plus ce matin, ton rigolard,  sourire complice et  gourmand le journaliste chargé des sports à l'antenne annonçait la création de stages de formation linguistique (« Comment dit-on préservatif en anglais ? En allemand ? ») organisés par une Association de prostituées portugaises, afin de pouvoir mieux répondre aux demandes des supporters de football au cours de la prochaine Coupe du Monde ; il va de soi que des immenses bordels seront ouverts à proximité des stades !

            Grassement, longuement, toute la rédaction s’est esclaffée.  L’audience vaut  bien une messe.