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18 janvier 2013

La République à la renverse

Le sénat a rejeté hier soir le  projet de loi du Ministre de l’Intérieur concernant le scrutin paritaire pour les élections cantonales (Voir "Une étonnante révolution électorale", 6 janvier 2013). Le vote, sur cette seule question est intervenu après huit heures de discussion avec quelques « dérapages » selon les termes employés par Manuel Valls.

C’était compter sans le « Sénat, peureux, frileux et conservateur » (Yvette Roudy, 1995), 164 élus UMP et centristes se sont opposés à ce projet défendu par les socialistes et les radicaux de gauche (144 voix). Il est bien regrettable que les femmes semblent ici avoir fait les frais de calculs politiciens des communistes et des écologistes qui se sont abstenus.

Toutefois, rien n’est perdu.

D’une part parce que l’Assemblée nationale ne sera pas forcement de cet avis. L’hostilité de la Haute Assemblée au scrutin bi-nominal ne devrait pas empêcher François Hollande de l’instituer ; le Premier ministre demandant alors aux députés de rétablir la disposition contestée par les sénateurs.

D’autre part, parce que si le Sénat s’est toujours ingénié à limiter leurs revendications les femmes n’ont jamais déserté le combat.

Et les sénateurs réactionnaires en ont été toujours pour leurs frais.

 

Le 7 juillet 1932, 253 sénateurs contre 40 se prononcent contre le droit de  vote des femmes. Les débats nous offrent quelques morceaux choisis. Extraits :


 Raymond DUPLANTIER, sénateur de la Vienne (28 juin 1932) :
« Vous allez augmenter le nombre de femmes alcooliques si vous leur accorder le droit de vote : en les appelant à la fréquentation des réunions électorales et aux réunions de café qui suivent celles-ci, vous ne manquerez pas de développer l’alcoolisme que vous avez la légitime prétention de combattre. ».

 

Sans blague ?

 René HERY, sénateur des Deux Sèvres (7 juillet 1932) :
«   Savez-vous ce que nous devrions leur demander ? Qu’elles nous laissent en paix […], qu’elles évitent de nous faire perdre notre temps à discuter le suffrage féminin, qu’elles abandonnent leurs revendications absolument déraisonnables, qu’elles nous gardent la paix et le refuge du foyer, de la famille. Voilà leur rôle, leur mission. C’est là qu’elles ont du génie, et non pour d’autres activités.
Le suffrage féminin est, pour le régime actuel, la menace la plus redoutable qu’il ait connue depuis soixante ans […]. Le suffrage féminin renversera la République. ».

 

Ah bon ?

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