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05 novembre 2012

Humiliation

AssembléeDesFemmes_REGION_logo 1.jpgAu dernier renouvellement des Conseils généraux de 2011, 80 % d’hommes ont postulé à un poste de titulaire dans les cinq départements de la Région Languedoc-Roussillon (Aude, Gard, Hérault, Lozère, Pyrénées-Orientales). Ces résultats qui ont marqué un recul de 1,1 % des candidatures de femmes par rapport à 2008 (20 % en 2011 contre 21,10 % en 2008) valident l’idée selon laquelle « le féminin de candidat aux cantonales est suppléante ». (Germain, les Nouvelles News, février 2011).

Une incitation paritaire inscrite dans la loi du 31 janvier 2007, mise en œuvre pour la première fois lors du renouvellement de mars 2008, contraignait les candidat(e)s à se présenter aux côtés d’un(e) suppléant(e) de l’autre sexe. Celui-ci (ou celle-ci) seraient appelés à siéger en cas de démission, notamment pour cause de cumul des mandats ou de décès du titulaire.

 

Ainsi, il est intéressant d’analyser aujourd’hui à la lumière de cette législation, dans quelle mesure les élections législatives de juin 2012 ont favorisé la parité dans les Assemblées départementales en Languedoc-Roussillon.   

 

Globalement,  le nombre de  conseillère générales y est passé de 18 à 23, représentant désormais 12, 36% du total des effectifs des 5 départements (186) - et une progression de 2,68% -  une proportion qui  demeure inférieure au pourcentage national (14%), et un chiffre bien loin encore de la parité.

 

L’idée d’un scrutin bi-nominal paritaire, qui permettrait d’élire dans chaque canton un « ticket paritaire homme-femme » a fait son chemin (Voir, « François Hollande pour la parité dans les Conseils généraux », 7 octobre 2012)… jusqu’à la Délégation des droits des femmes à l’Assemblée nationale qui, en qualifiant ce dispositif « d’humiliant » pour les femmes, a exprimé sa préférence pour  le scrutin de liste proportionnel.

 

Le problème, c’est que les Présidents de Conseil généraux ne veulent pas en entendre parler.  

Ainsi, en septembre, l’Assemblée des Départements de France, s’est -elle prononcée favorablement pour le scrutin bi-nominal paritaire ; certains élus, dont le Président du Conseil général de l’Hérault André Vézinhet (6,12% de conseillères générales, septembre 2012) ont signé un texte de soutien.

 

L’erreur serait de ne pas en tenir compte.

 

L’erreur aussi serait de s’arc bouter sur un mode d’élection à la proportionnelle dont les départements,  soucieux « d’ancrage territorial » ne veulent pas.

 

L’erreur aussi serait de croire qu’en acceptant la proportionnelle dans les départements, le Président de la République, François Hollande prendrait le risque de s’aliéner le poids politique des conseils généraux de gauche ( 60% des 100 Conseils généraux de France) dont par ailleurs il sort des rangs.  

 

L’erreur aussi serait certainement de penser que les élues de l’Assemblée territoriale du Pays de Galles où le scrutin bi-nominal paritaire a été appliqué pour la première fois en 1999, se sont senties « humiliés » … de représenter à 50%.

 

Rapport Cantonales 2011 Avril 2011.pdf

 

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