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18 octobre 2012

Période de crise

Hier un groupe de jeunes femmes a manifesté devant le Ministère de la famille à Paris pour protester contre le manque de place de crèche en France ; dans son discours de Clichy du 27 avril 2011, le candidat à la primaire socialiste, François Hollande,  avait souligné qu’il manquait « 500 000 places de crèche et d’assistantes maternelles en France ».

La question est récurrente. Les compétences en manière de création de crèche sont mal définies. Sans être obligatoires, comme l’Aide sociale au Conseil général, elles se partagent entre diverses collectivités territoriales. Et au bout du compte, les créations relèvent de la seule volonté politique des élus.

Cette volonté s’est mieux exprimée dans les Assemblées depuis que la loi sur la parité a permis aux femmes de siéger en nombre plus important, mais rien encore n’en fait une priorité.

Cela me conduit à penser que c’est devant le Ministère de l’Economie que les jeunes femmes en mal de mode de garde pour leurs jeunes enfants devraient se manifester.

Le taux d’activité des femmes ne cesse de grandir depuis 50 ans, mais la société continue à être organisée comme dans les années 50, où les femmes ne « travaillaient pas »… et donc s’occupaient de leur famille.  Et, en 50 ans, si les mentalités ont évoluées,  si les pères ne rechignent plus à s’occuper – au moins au vu et au su de tout le monde -  de leurs enfants, les chiffres restent bien têtus, ce sont encore sur elles aujourd’hui que repose la famille : la majorité des femmes assument 80% des tâches familiales et domestiques, dont la garde et le soin des enfants.

Dans les conditions difficiles d’accessibilité à la crèche (environ 13% des enfants de moins de 3 ans sont accueillis en crèche), là aussi les chiffres sont têtus : en cas de difficulté, la garde incombe à la mère.

            Le gâchis  est là : la société se prive des capacités, du « talent » des femmes pourtant reconnues comme ayant fait de meilleures études, plus diplômées que leurs homologues masculins.

            Et dans une période de crise, se priver de ces talents, c’est se priver de la valeur ajoutée économique que leur activité pourrait apporter au pays.

            Je fais deux suggestions.

            Côté Etat, j’invite le Ministre de l’Economie à réfléchir à cette question ; mais c’est un travail que je n’envisage qu’à long terme…

            Côté collectivité territoriale, je les engage à un tour de table, pour calculer combien de crèches pourraient être créées chaque année en amputant leur budget de manifestions de prestige et de communication d’un petit 10% !

            En période de crise, les françaises et aussi les français apprécieraient.

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