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02 octobre 2012

Les glands

Les retraités imposables (sur le revenu des personnes physiques) devront désormais s’acquitter d’une contribution en vue de participer au financement de la dépendance des plus âgés d’entre eux. Qui n’a pas un parent, un proche, un ami dans ce cas, qui n’a jamais mis les pieds dans une maison de retraite médicalisée, pourra aisément critiquer cette décision du Président de la République.  Elle coûtera désormais aux pensionnés moyens entre 15 et 30 euros au cours des deux prochaines années.  

Il va de soi que cet effort supplémentaire  demandé par le Parlement aux français appelle en retour une exemplarité sans concession de la Représentation nationale.

            Les présidents des deux assemblées l’ont bien compris. Au Sénat comme à l’Assemblée nationale on rogne désormais sur les frais des membres, et à l’Elysée, François Hollande lui-même, après avoir amputé son indemnité de Président de la République de 30%, vient de réduire les dépenses de fonctionnement du Palais de 4%.

            Exemplarité budgétaire donc, mais aussi exemplarité de comportement de nos représentants.

             Parce que ces derniers sont fortement majoritaires, à Paris, dans les Régions, dans les Départements,  les attitudes, les postures des socialistes sont examinées à la loupe.

            Force est de constater que de nombreux parlementaires préfèrent attendre le vote d’une loi pour se conformer au non-cumul des mandats, plutôt que de se soumettre  en temps et en heure au référendum militant d’octobre 2009 (71% des adhérents estimaient incompatible de « faire la loi à Paris » tout en étant maire, adjoint, président ou vice président d’une collectivité locale) et d’honorer par là même la parole donnée au Premier secrétaire en tant qu’engagement devant leur parti. Tous les candidats aux sénatoriales de septembre 2011 et aux législatives de juin 2012 se sont engagés par écrit (démissionner avant le 30 septembre 2012 de son mandat local) moyennant l’adage simple : « pas de signature, pas d’investiture ».

            Est-il possible ainsi  que ceux qui font la loi républicaine aujourd’hui bafouent celle de la majorité partisane  qui les a portés au pouvoir ?

            Ils n’ont d’autre choix que de se ressaisir rapidement. Et de montrer sans attendre leur capacité à savoir passer la main. Il est vrai que certainement encore,  « trop d’élus se prennent pour des chênes et croient que sous leurs ordres, il n’y a que des glands ». *

 

* Marc Coaténa, patron de la Fédération socialiste du Finistère, Libération, 1er octobre 2012, « PS : le Finistère, pointe avancée du non-cumul ».

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