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30 septembre 2012

Retour aux sources

«Redresser nos finances publiques », était le 9e des 60 engagements du candidat François Hollande pour l’élection présidentielle du 22 avril 2012.  A savoir :

-         «  Le déficit public sera réduit de 3% du produit intérieur brut en 2013 » : le premier budget du quinquennat de François Hollande est marqué par « un effort historique de rigueur budgétaire » (Le Monde, 29 septembre 2012). Il prévoit de ramener le déficit à 3%  en 2013, rappelons que ce déficit était de 4, 5% en 2012.  

-         « Je rétablirai l’équilibre budgétaire en fin de mandat » : le candidat Hollande s’était engagé à réduire de 4,5% du PIB en 2012 à 3% en 2013 le déficit de d’Etat « pour aller à l’équilibre en 2017 ».

 

Ainsi, malgré une croissance plus faible que prévu et les décisions impopulaires qu’elle implique, François Hollande tient sa promesse, et ceci est indéniable.

 

            Concernant les moyens le 9e engagement stipulait :

 

            « Pour atteindre cet objectif, je reviendrai sur les cadeaux fiscaux et les multiples « niches fiscales » accordées depuis dix ans aux ménages les plus aisés et aux plus grosses entreprises » : le plafonnement des « niches fiscales » (notamment des déductions des emplois services qui permettaient aux plus aisés de déduire de leurs impôts les salaires de plusieurs employés de maison »), est abaissé de 18 000 euros à 10 000 euros par an. Les revenus d’actions gratuites (stocks-options) qui bénéficiaient de régimes d’imposition dérogatoires seront soumis à l’impôt sur le revenu. L’impôt sur la fortune est réformé afin de le rendre plus équitable. Enfin, dernier exemple une contribution exceptionnelle de 75% taxera tous les bénéficiaires d’un revenu supérieur à 1 million d’euros.

            Concernant les plus grosses entreprises, 9, 6% millions d’euros de taxation supplémentaires sont prévus.

 

            Enfin, le 9e engagement escomptait « 29 milliards d’euros de recettes supplémentaires » : l’effort fiscal sans précédent demandé par François Hollande en alignant avec justice la fiscalité des revenus du capital sur celle des revenus du travail s’élève en 2013 à 30 milliards d’euros.

 

            L’ensemble forme un acte politique fort et montre que François Hollande ne manque ni de volontarisme, ni de courage.

 

            En tous cas, bien davantage que tous ceux des cassandres dont le courage politique s’inscrit pour ne pas déplaire dans leur « non de soutien » ou dans leurs ambitions en s’accrochant à leurs multiples mandats.

 

            Les militants et les militantes socialistes savent de quoi je parle. Ils n’oublient pas que le Congrès tient aussi à cela.

29 septembre 2012

Patriotisme

A moins d’un mois du Congrès du Parti socialiste de Toulouse (26/28 octobre 2012), il semble que la politique devrait prendre le pas sur les seules discussions des plombiers ; je veux dire les chefs de motion, ces textes soumis au vote et qui déterminent à la fois la politique à tenir dans les années à venir et … plus encore l’identité de ceux (et celles ?) qui seront chargés de veiller si selon les matériaux choisis,  la tuyauterie ne fuit pas.

            Bref, chacun, commerciaux aguerris, cherche à placer ses représentants, tout en gardant en tête l’enjeu territorial (les municipales de 2014 par exemple), même si le Congrès n’est pas, par définition, un enjeu de territoire. Dans ce contexte, le rôle du Congrès se borne aujourd’hui à réussir des transitions : l’application du non-cumul des mandats appelle l’émergence de personnalités nouvelles. En ce sens, le choix des « mandataires » (des chefs de file) de Motion qui n’est pas neutre sous-tend de véritables débats.

            Ceci étant dit – et supposé comme étant une fois pour toute réglé -, le Congrès est la colonne vertébrale du soutien au Président de la République, et au sein de la Motion Désir/ Ayrault/Aubry dont rien ne permet de penser qu’elle ne sera pas majoritaire, le groupe des « hollandais historiques » (ceux qui croyaient depuis toujours au dessein de François Hollande et ne faibliront pas) a la responsabilité de construire une majorité à l’intérieur de la majorité.

            Cela implique de la part de chacun d’entre eux un comportement actif, des initiatives pour mener la bataille du budget, de la pédagogie sur la question européenne, de la fermeté vis-à-vis des parlementaires signataires de la Motion majoritaire qui voteraient contre le traité (le « non de soutien » de 25 députés socialistes), ou encore ceux qui n’auraient pas décidé  de s’appliquer le non-cumul des mandats.

            Cela implique l’expression publique des responsables et la prise de parole des militants pour rappeler entre autres que le parti socialiste n’est pas un simple outil pour se forger des carrières et mettre bien en évidence que le "non de soutien" aura dans le parti  pour corrolaire un "non à la représention". 

28 septembre 2012

Les langoustes

Est-ce parce qu’il n’y a pas été convié à ses travaux, mais Claude Allègre fustige  la Commission Jospin chargée par François Hollande de lui faire des propositions pour moderniser (et moraliser) la politique.

En prenant dans Le  Monde* fait et cause pour les femmes, dont « la parité ministérielle numérique est une approche peu gratifiante pour les femmes », rappelons que le Gouvernement Ayrault est également composé d’hommes et de femmes, répondant ainsi à un engagement de campagne de François Hollande,  Claude Allègre et Denis Jeambar, co-auteur d’une tribune libre profèrent avec suffisance une superbe bêtise : « On ne choisit plus les ministres en fonction de leur compétence mais de leur sexe ».

La représentativité des femmes ministres, pour la plupart élues (ou réélues députées)- par exemple  (outre  Mme Taubira qui ne s’est pas représentée), Mme Duflot,  Mme Carlotti, Mme Touraine, Mme Delaunay, Mme Batho, Mme Felippeti, Mme Lebranchu, Mme Escoffier, Mme Pinel, Mme Pau Langevin … aux élections législatives de juin 2012 a du, sans parler de la sénatrice Nicole Bricq -,  échapper aux auteurs.

A moins que M. Allègre ne place la « compétence » sur un terrain autre que celui du suffrage universel,  sans l’onction duquel, comme chacun sait,  nul n’est légitime en démocratie. J’aurai la charité de ne pas insister sur ce point à son égard.

D’autant plus que le texte qu’il commet dans Le Monde avec M. Jeambar me porte à l’indulgence. Ainsi, poursuit-il ce n’est pas au sein du gouvernement « qu’il faut imposer la parité, mais au sein de l’Assemblée nationale qui est représentative ».

Et pour ce faire, ajoute-il,  rien de tel que le scrutin bi-nominal : « dans chaque circonscription, après adaptation des modalités électorales, seraient élus un homme et une femme ». Bravo ! Résultat paritaire et mode d’emploi garantis  « libre ensuite au président de constituer son gouvernement dans un vivier renouvelé ». 

Sauf à nous prendre pour de sacrées langoustes…

 

* Le Monde du 25 septembre : « La Commission Jospin doit changer de méthode »,  Claude Allègre, Géochimiste, Denis Jeambar, écrivain et journaliste

20 septembre 2012

Crieurs publics

Au motif  que « le temps presse » la publication dans Le Monde  du 17 septembre d’une tribune signée de 77 députés PS appelant, en tant qu’engagement de campagne de François Hollande à l’application rapide du droit de vote des étrangers aux élections locales me laisse perplexe.

            Si l’on pourrait mettre cela sur le compte de l’inexpérience parlementaire des plus jeunes élus d’entre eux, rien n’explique que des députés expérimentés – dont une ancienne ministre de François Mitterrand ; ce dernier avait dû renoncer à cette proposition qui figurait pourtant à son programme de 1981- interpellent en free lance le Président de la République pour n’avoir pas réglé en trois mois une question qui demeure en suspend depuis trente ans. Et au-delà de raisons qui pourraient sous-tendre une telle démarche, je m’interroge sur l’idée que se font ces 77 signataires sur le rôle du Groupe socialiste à l’Assemblée nationale et au delà sur leur propre rôle.

            Qu’il y ait explications, expressions, débats des députés sur telle ou telle question légitime la démocratie parlementaire.  Toutefois me semble-t-il cette démocratie s’exprime au sein des groupes politiques, et en l’occurrence celui présidé par Bruno Le Roux.

            Rien  n’empêche dès lors les 77 de recueillir par leur capacité de convaincre au sein du Groupe, la  majorité nécessaire pour inscrire en urgence à l’agenda politique le droit de vote des étrangers.

            Sauf à vouloir en passant outre, se muer en crieurs publics pour amadouer leurs électeurs.

            Au risque de gêner François Hollande, sans le succès  duquel, rappelons le, une grande majorité d’entre aux n’aurait pas été élue.  

18 septembre 2012

Un pas de géant

C’est l’Assemblée des départements de France (ADF) qui est prête à le franchir. Lors de son congrès des 20 et 21 septembre, elle défendra un nouveau mode de scrutin pour les conseils généraux selon « un tandem mixte au sein de cantons agrandis ». Autrement dit la fin, dès le prochain renouvellement de la portion congrue des femmes dans ces assemblées encore composées en France de plus de 85% d’hommes.

            C’est décidé !

            Après l’abrogation en juillet du conseiller territorial qui cumulait deux fonctions, conseiller régional et conseiller général en assassinant au passage la parité, le puissant lobby des présidents des conseils généraux majoritairement à gauche s’est rangé à l’idée de François Hollande : un scrutin qui allie l’ancrage territorial et la parité.

            En clair, le scrutin bi-nominal qui permet d’élire dans chaque canton redéfini une femme et un homme, une idée que nous défendons depuis 2009 auprès de celui dont tout nous portait à croire  déjà qu’il allait devenir Président de la République.

            Concrètement la proposition est formulée au sein de l’ADF par deux personnalités importantes de Loire Atlantique, le département du Premier ministre Jean-Marc Ayrault, qui cependant ne cachent pas qu’il s’agit d’une façon de s’opposer à une « transposition du mode de scrutin proportionnel des régions aux départements, à laquelle certains, au gouvernement comme dans la majorité, sont acquis. »

            Les femmes donc, sinon la proportionnelle … avec, de toutes manières les femmes en plus !

            Quoiqu’il en soit c’est un pas de géant puisqu’il exige aussi de redéfinir les contours des cantons selon des critères démographiques.

            Et si comme nous l’avons proposé, afin de ne pas augmenter le nombre d’élus, on fond deux cantons en un dans lequel on élit un duo paritaire, les conseils généraux vont soudain changer de visage.

            Prenons par exemple l’Hérault. Les  disparités de population entre les cantons oscillent entre 1040 au Caylar et 48 711 dans le canton de Montpellier 10. Les disparités de représentation des femmes et des hommes atteignent 94% dans le département.

            Le nouveau dispositif aura pour conséquence de rétablir l’égalité territoriale entre les électeurs mais aussi l’égalité de représentation des femmes.

            Et de donner à ces assemblées un peu « vieillottes » un visage tourné vers l’avenir.