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03 septembre 2012

De la coupe aux lèvres*

La loi sur la parité assigne aux partis de présenter un nombre égal de femmes et d’hommes aux élections législatives dans l’esprit de « favoriser » l’égale représentation des deux sexes à l’Assemblée nationale. « Favoriser » donc, et non pas instaurer. Il n’y a par conséquent pas d’obligation légale, la loi est simplement incitative, et les formations politiques qui ne font pas les efforts nécessaires se voient amputées d’une  partie de leur financement public. Globalement cela représente moins de 10%.

            Dans une récente consultation militante proposée par Martine Aubry, les socialistes se sont prononcés pour l’application de la parité intégrale en allant ainsi bien au-delà de la loi. J’en déduis que si cette volonté militante avait été respectée par les élites, on devrait trouver aujourd’hui 50% de femmes au sein du Groupe socialiste de  l’Assemblée nationale. Il n’en est rien ; le Parti socialiste devra encore pendant 5 ans payer des pénalités pour cause de non respect de la parité. On parle de 5 millions d’euros.

            Les militants seront heureux d’apprendre à quoi servira entre autres le paiement de leur cotisation.

            C’est dire que de la coupe aux lèvres,  il reste encore du chemin à faire.

            La même consultation militante s’était aussi massivement opposée au cumul d’un mandat de député ou de sénateur avec la participation à un exécutif local, maire ou maire adjoint, président ou vice-président de Conseil général ou Conseil régional.

            Connaissant ses troupes, la même première secrétaire avait pris la précaution de faire signer, aux candidats sénateurs en septembre 2011 et aux candidats députés en juin 2012, une lettre d’engagement à démission d’un de leur deux postes s’ils étaient élus.

            J’ai posé la question. Où sont ces lettres ? Dans un coffre à Solferino, le siège du Parti socialiste à Paris.

            Alors, sans préjuger de la volonté de Martine Aubry, que la lettre aux impétrants et impétrantes que j’ai publiée sur ce Blog le 29 août confirme, il serait souhaitable que ces courriers soient portés à la connaissance de l’opinion. Pour que chacun et chacune puisse apprécier la parole de leurs représentants.

            Martine Aubry pourrait ainsi, avant de quitter le premier secrétariat du parti,  porter la coupe aux lèvres de son devoir accompli.

 

* Expression empruntée à Line Fromental, écrivaine.

 

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