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12 avril 2012

DEMOCRATIE 2012 : L'avenir énergétique, cartes sur table - Compte rendu

Des français prêts à s’intéresser à l’énergie…

 

En cette veille de Pâques, il n’était pas évident de réunir un public aussi intéressé et participatif  et sur un sujet aussi « pointu » que «« L’avenir énergétique ». Mais  après le lancement du Groupe local Démocratie 2012 Hérault LR,  le 24 février à Béziers avec le secrétaire national Jean-Marie Cambacéres, les fondateurs, Geneviève Tapié et Antonio Fulleda avaient tenu le pari et ne s’était pas trompés.

 Ainsi, pour leur quatrième rencontre Michel Derdevet, auteur de plusieurs ouvrages de référence mettait « Cartes sur table » à Lieuran les Béziers, dans l’Hérault.

Quelques jours avant le premier tour, l’énergie est à la fois un enjeu stratégique, aussi un sujet de grande confusion de la part du public. Nicolas Sarkozy a introduit un système hybride public/privé en ouvrant le capital d’EDF, et l’Etat n’est plus maître du jeu, dans un contexte où les français consomment de plus en plus d’énergie (+1% par an) en raison de la multiplication des usages dus aux nouveaux modes de vie.

La démocratisation dans le domaine de l’énergie « ne peut plus venir de Paris », et pour Michel Derdevet, « si cela ne fonctionne pas sur le terrain, c’est parce que les gens ne s’y retrouvent pas ».

Quarante pays sont aujourd’hui reliés entre eux, et « qui peut dire ce soir, quelle est la nationalité de l’électricité fournie à Lieuran ? La Pologne ? ».

Les 7 et 8 février 2012, à l’occasion de la vague de froid, on s’est appuyé sur l’éolien pour passer les pics de consommation : «Le 7 février, 3000 MEGAWATTS éoliens venaient de l’Allemagne, et l’été, le nucléaire français profite à la climatisation des espagnols ».

L’histoire que l’on raconte aux français depuis 15 ans c’est que l’Europe dérégule, « Faux ! La France a été le dernier pays ». Le prix politique de l’électricité et du gaz est fixé par le refus de la concurrence. Et, face au constat qui établit que 20% des plus riches surconsomment, il faut fixer « un tarif républicain » qui tienne compte des 20% de consommateurs les plus pauvres.

Il faut une tarification différenciée de l’énergie, et « la création d’un fonds pour les plus pauvres avec les Collectivités locales », tout en faisant payer le vrai prix pour ne pas fragiliser la situation d’EDF. Il est nécessaire de connaître la relation entre le coût de production « et le prix payé par le client ».

En ouvrant le capital d’EDF, Sarkozy a causé une baisse considérable des actions, « sans aucun effet de levier », nous dira encore Michel Derdevet, « c’est une politique de gribouille ! », à l’identique de celle menée pour l’enfouissement des lignes, « véritable conséquence d’un système politicien », avant de pointer du doigt « l’absence en France d’incitations à moins consommer ». Ceci, en dehors d’incitatives locales en Bretagne ou par exemple à la Mairie de Montpellier.

« Les français sont pourtant prêts à s’intéresser à l’énergie ! », conclura Michel Derdevet. Et le débat qui suivra confirmera sa conviction.

De son côté, Antonio Fulleda, rappellera que le 3 avril, François Hollande s’est engagé à lancer « un débat national sur l’énergie ». Donc, « nous sommes en avance » affirmera-t-il en rappelant son intérêt, « parce que dans mon métier je fréquente des pauvres », pour les tarifs diversifiés.

Et les questions pleuvront. Geneviève Tapié, tentera au mieux de canaliser le débat.

 Sources d’énergie alternatives ? Recherche de ressources renouvelables ? Gaz de schiste ?

Le Gouvernement et le Parlement lancent des études, et aucun rapport n’a pu être rendu, en raison d’une opposition médiatique ?

Même type de débat sur l’éolien qui s’est toujours trouvé « flingué » au motif de préserver les paysages ; bref, la France est le pays du « ni-ni », et de la capacité à dire « non » ?

Alors, Michel Derdevet, il voit François Hollande, racontera : « J’ai passé une heure trente avec lui à parler Europe et Energie ; j’en conclu qu’il y a des politiques qui sont très sensibilisés ». Et le grand débat de 2013 devra permettre aux gens de débattre et de s’arrêter de s’envoyer des invectives à la figure. C’est un premier problème.

Le deuxième c’est que les élus ne sont pas toujours aux débats publics, et qu’aujourd’hui, les grands projets d’intérêt général ne rassemblent pas !

Depuis le Grenelle de l’environnement, le Gouvernement a constamment changé les règles.

François Hollande prône la transition énergétique et celle des moyens de production qui permettent de basculer : « on garde un parc important de nucléaire mais on prépare l’avenir notamment par le remplacement des centrales vieillissantes ». Mais dans les deux cas, cela coûtera de l’argent. Et il faut encore revenir sur le renchérissement des prix et  sur les problèmes de pauvreté.

Débat riche donc, et animé, qui se prolongera autour du buffet.

 

Prochain RV : vendredi 13 avril à Saint-Pargoire : "Rétablir le démocratie et la parité dans la réforme territoriale", avec Agnès Constant, maire de Saint-Pargoire; Béatrice Négrier, vice-présidente de la Région LR; Aurélia Troupel, maître de conférence à l'Université de Montpellier 1.

 Et c'est à 18 heures !

 

 

 

 

 

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