statistiques
Midilibre.fr
Tous les blogs | Alerter le modérateur| Envoyer à un ami | Créer un Blog

05 avril 2012

Le mot de Denys Pouillard

Femmes pensez y…la parité reculera en France si Nicolas Sarkozy était réélu…

Les élues et les militantes de l’UMP ne se sont guère émues, lorsqu’au début de cette année, leur parti a publié les investitures pour les élections législatives de juin prochain : la parité de candidature n’y était pas respectée, loin s’en faut. Il est vrai que rien n’oblige une formation politique à se plier à cet « objectif constitutionnel » ; seul compte le dispositif de sanction financière qui pénalise le parti ayant manqué au respect de cet objectif (une mesure, d’ailleurs, qu’il faudrait présenter d’une autre manière car le comité d’investiture d’un parti politique peut très bien présenter suffisamment de femmes dans des circonscriptions dites « gagnables » et au final avoir plus de femmes que d’hommes dans sa représentation législative sans avoir, pour autant respecté, en amont, une stricte parité hommes/femmes au niveau des candidatures !).

Si l’UMP veut continuer à se priver de quelques millions annuels pour vivre, c’est son affaire ! Sauf que, si le budget de l’Etat s’en trouve satisfait, c’est la parité, en général, qui s’en trouve pénalisée.

Mais revenons à l’élection présidentielle et au résultat du 6 mai au soir. Le « coup d’après », au-delà des élections législatives de juin, est bien le scrutin général des élections locales de mars 2014 (ces élections, à plus d’un titre, seront un enjeu important pour la droite et la gauche en matière de majorité représentative et de réaction de l’opinion, au regard de ce qui sortira des urnes à l’occasion des élections présidentielles et législatives ; elles commanderont, bien évidemment, la reconduction ou le recul de la majorité socialiste au Sénat, lors du renouvellement de septembre).

De deux choses l’une :
- Si François Hollande est élu le 6 mai au soir, la perspective de l’abolition immédiate de la loi de 2010 réformant les collectivités territoriales sera proposée au Parlement, vraisemblablement, dès la session extraordinaire de juillet ou septembre au plus tard et nous reviendrons au statuquo actuel, à savoir la parité maintenue à l’occasion d’élections régionales au scrutin proportionnel. Restera à savoir si l’élection se déroulera en 2014 ou en 2016, respectant le principe des mandatures de six ans.
- En revanche, si Nicolas Sarkozy est réélu, la loi du 16 décembre 2010, créant les conseillers territoriaux mais surtout supprimant l’élection de conseillers régionaux et donc abolissant un scrutin de type proportionnel, entrera en vigueur…et donc rayera de la carte électorale un des trois dispositifs paritaires existants ; la parité ne sera obligatoire que, dès lors, dans le scrutin municipal des communes de plus de 3 500 habitants et dans le scrutin « européen ».

Comment les militantes du parti présidentiel, celles des différentes composantes de centre droit pourraient admettre un tel recul ? Comment ne pas rappeler, que cet abandon des élections régionales et donc de la parité est à inscrire au bilan du quinquennat !

Certes, on peut deviner que la « généreuse » proposition présidentielle d’introduire une dose de « proportionnelle » pour le scrutin de 2017, réparerait l’injustice de 2010 ! D’abord, il n’est pas dit qu’une telle proposition soit honorée au cours de la XIVème législature par ce président virtuellement reconduit ; ensuite, ce ne sont pas vingt ou cinquante femmes, certes bienvenues à l’Assemblée, qui remplaceront les contributions que 900 élues régionales ont apportées, à ce jour, aux territoires régionaux…

La parité est un objectif ; un objectif, en République, ne recule jamais


Denys Pouillard
Directeur de l’observatoire de la vie politique et parlementaire


Les commentaires sont fermés.