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28 septembre 2011

Le Pacte

Pourra-t-on l’appeler le « Pacte du 3 rue Aristide Briand », puisque ce sont  ces locaux de l’Assemblée nationale à Paris que François Hollande avait choisis pour signer  ce « Pacte de l’égalité » par lequel une Association parisienne, « Le Laboratoire de l’égalité » se propose « d’interpeller les candidats à l’élection présidentielle de 2012 » sur la réalisation de " l’égalité professionnelle des hommes et des femmes".

            Il fallait croire que les initiatrices, dont Olga Trostiansky, avaient hâte d’en découdre !

 

            Avec son sérieux habituel, François Hollande s’est donc prêté au jeu.

 

-         Présenter 50% de femmes au législatives ? «Oui, mais dans des circonscriptions gagnables. Ce sera un effort très important au lendemain de la primaire. Cet effort engage le candidat que je suis et aussi le PS. Seule la contrainte permettra d’aboutir. Et la contrainte financière qui suspend en totalité le financement des partis qui biaisent la loi est dissuasive. Car un parti privé de financement public ne peut plus vivre aujourd’hui ».

-         Plus de femmes dans les conseils généraux ? « Il faut changer le mode de scrutin cantonal ».

-         Plus des femmes dans les conseils d’administration des entreprises ? « Oui, mais il faut instituer la parité de nomination, au Conseil constitutionnel, au Conseil d’Orientation des retraites (1 femme sur 33), dans les CESER … bref dans tous les organes de décision »

-         L’égalité salariale ? « Cela passe par le contrôle effectif en 10 ans de tous les bilans sociaux  et la suppression pure et simple des exonérations de cotisations pour les contrevenants ».

-         Le temps partiel ? « Il faut décourager le temps partiel subi. Et pour cela  en particulier corriger le dispositif pervers du RSA, non voulu par Martin Hirsch, mais qui contraint les bénéficiaires au temps partiel ».

-         Les retraites ? « Il faut des mesures correctrices pour les retraites des femmes dont le recul à 67 ans est une grande injustice. Et aussi s’occuper des femmes d’artisan, des femmes de commerçant, d’agriculteurs qui n’ont pas pu ou trop tard bénéficier d’un statut ».

-         La dépendance ? « C’est surtout sur les femmes que repose la prise en compte de la dépendance d’un  parent ou d’un beau parent âgé.  Le temps passé à cela devra être reconnu et  décompté comme auxiliaire de vie. Et l’accueil des enfants handicapés en milieu ordinaire sera pour les mêmes raisons favorisé ».

 

Point par point, François Hollande continue, rappelle, au chapitre sur « La valorisation de l’implication des pères et la conciliation des temps de vie »,  le congé paternel proposé à l’époque « sous les sarcasmes par Ségolène Royal, Ministre de la famille, un succès aujourd’hui qu’il faudra prolonger », souligne les 500 000 places de crèche et dans le réseau des assistantes maternelles auxquelles il s’est engagé (Discours de Clichy) ainsi que les nouveaux postes d’enseignants qui permettront d’accueillir dès 2 ans les enfants en maternelles.

 

On lui présente le papier à signer. Instant solennel, François Hollande saisi son stylo (bleu) puis se ravise.

 

« Vous avez oublié une chose » :  

« Réfléchir dans le cadre de la fiscalité, à plus de justice de l’impôt » :

 

On peut s’étonner que les mouvements féministes français n’aient pas réclamé, pour les couples — comme l’ont fait il y a déjà plus de 30 ans les mouvements des pays de l’Europe du Nord — le remplacement de l’imposition conjointe par l’imposition séparée. Une telle mesure serait une incitation à l’emploi des femmes mariées ou vivant en couple. Ceci permettrait de limiter les ruptures de carrières. Et par conséquent leurs conséquences sur les retraites.

 

Je me charge, si nécessaire de le lui rappeler. Depuis  Joseph Caillaux qui a institué l’impôt sur le  revenu en 1914, chaque fois que la gauche a été au pouvoir  la fiscalité a fait un pas en avant vers l’équité et la justice.

 

Au fait ! Rassurez-vous, il a quand même signé ! www.francoishollande.fr

 

 

 

23 septembre 2011

Féminisme sélectif

            Pour rattraper son retard dans les sondages, Martine Aubry, après avoir essayé de se démarquer, sans grand succès,  de son ami DSK multiplie aujourd’hui les signes envoyés aux femmes. La question est de savoir avec quel succès et si les femmes ont la mémoire courte.

 

            Car, si rien ne m’autorise à délivrer des brevets de « féminisme », le cynisme ridicule  de Martine Aubry illustré à propos du célèbre épisode de Budapest au moment des élections régionales,Midil Libre 2 mars 2010.pdf,  n’a d’égal aujourd’hui que les certitudes de son amie Mme Guigou, députée de la 9e circonscription de Seine Saint Denis. Cette denière était l'une des  invités au débat/rencontre organisé à Paris mercredi dernier par le CEVIPOF autour du dernier ouvrage de Mariette Sineau « Femmes et pouvoir sous la Ve République : de l’exclusion a l’entrée dans la course présidentielle ». 

 

Certitude 1 :

Martine Aubry est contre le cumul des mandats (cela tombe bien moi aussi). Ainsi, à l’occasion des élections sénatoriales du 25 septembre "chaque candidat lui a remis une lettre par laquelle il s’engage à démissionner de ses autres responsabilités exécutives s’il est élu au sénat ". A bon ? Mais où se trouvent ces lettres ?  "Dans un coffre ", rue de Solférino le siège du Parti socialiste. Ah bon ? Alors c’est lundi qu’on va ouvrir le coffre ? Ah non ! « On y travaille, pour après les législatives ». Bien, mais quelle sera la sanction pour ceux et celles qui ne s’exécuteront pas. Silence… Si j’ai bien compris, de sanction, il n’y en a pas !

Constat numéro 1 :   le « volontarisme » de Martine  trouve ici ses premières limites.

 

Certitude 2 :

Justement, pour les législatives, Martine Aubry est pour la parité absolue : 50% de candidates et pas une de moins. C’est bien. Mais comment on fait pour véritablement avoir des élues ? Bonne fille, je propose à Mme Guigou notre méthode de féminisation de la représentation nationale ; elle permet, avec une bonne dose de volontarisme politique de passer de 18% à 44 % de députées en 2012. Proposition balayée d’un revers de main. C’est raté, Patric Roger journaliste au Monde, présent parmi les intervenants a justement écrit un papier là-dessus (Le Monde du 23 février 2011) et Martine Aubry a reçu notre rapport.

Constat numéro 2 : si la méthode ne l’a pas inspirée est-ce parce que Bruno Le Roux, député et porte parole de François Hollande la soutenait ?

 

Certitude 3 :

Une femme aux commandes "est une garantie pour faire avancer leur cause". Je n’en suis pas persuadée. Françoise Milewski économiste à l'OFCE le dira aussi. La question de l’égalité de rémunération des hommes et des femmes en est l’illustration. Plus tard, dans la soirée Martine Aubry assurera dans un cabaret de la capitale vouloir en faire « la première loi de son quinquennat ».  Il y en a déjà 7 que deux femmes socialistes Ministres des affaires sociales et du travail pendant le « quinquennat » Jospin Premier Ministre n’ont pas su faire appliquer.

Constat numéro 3 : le féminisme de ces deux ministres socialiste est inversement proportionnel à leur capacité à l’exprimer lorsque qu’elles sont précisément en situation de le faire.

 

Certitude 4 :

Les incidences très négatives de la réforme territoriale sur la parité sont un "véritable scandale". C’est bien vrai ! Je rappelle alors à Mme Guigou la proposition de scrutin bi-nominal (on divise le nombre de circonscription territoriales par deux et dans chacune d’entre elle on présente un homme et une femme) employée avec succès au Pays de Galle en 1999.

Proposition rangée aussitôt par l’oratrice aux affaires classée. Parce que François Hollande s’est prononcé pour ou parce qu’elle a été formulée dans Le Monde par Françoise Gaspard ?

Ou encore parce que Françoise Gaspard vient de rejoindre le staff de François Hollande ?

http://democratie2012.fr

Constat numéro 4 : comme le tri, le féminisme de Martine Aubry est bien sélectif.

 

 

[1] « Législatives 3012. Objectif : parité des éluEs. Proposition de méthode pour féminiser la représentation nationale ». Rapport de l’Assemblée des femmes –Observatoire régional  de la parité du Languedoc Roussillon. Doc. 40 pages. Janvier 2011.

 

[2] Le Monde, 23 février 2011. « Comment amener les partis politiques à respecter la parité. Une étude réalisée en Languedoc Roussillon propose une méthode de féminisation ».

 

[3] « Les femmes dans les Conseils généraux du Languedoc Roussillon. Aujourd’hui après les élections cantonales, demain, avec la réforme territoriale, à la Région et au Département. Rapport de l’Assemblée des femmes –Observatoire de la parité du Languedoc Roussillon. Doc. 34 pages. Avril 2011.

[4] Le Monde, 15 juin 2010. « Pour sauver la parité, vive le scrutin bi nominal ». Françoise Gaspard, sociologue

 

 

 

 

 

 

17 septembre 2011

Sineau

 C’est avec une  précision d’horlogère suisse, que dans ses « Femmes et pouvoir sous la Ve République. De l’exclusion à l’entrée dans la course présidentielle »* qu’elle vient de faire paraître, Mariette Sineau** met un certains nombre de pendules à l’heure de « la parité », avec des guillemets, précise-elle, tant le texte de la loi du 6 juin 2000 « a banni le mot de parité au profit d’égalité. Derrière la « parité » se jouait l’enjeu du renouveau des élites, perçu par les Français et plus encore par les Françaises comme remède indispensable à la crise de représentation politique ».

   De la « Glaciation gaulliste », au « Dégel giscardien », Mariette Sineau, démonte les mécanismes et ne nous épargne rien. Si bien que malgré les gages que François Mitterrand va donner à la lutte des femmes, le « Le tournant mitterrandien » pointe du doigt sa «  distance à l’idéologie féministe »  que traduit certainement la rareté « des élues du prince » . Ainsi, pendant le premier septennat,  si sept femmes seront nommées ministres,  elles ne représenteront de 1981 à 1986  que 5,3% des effectifs de l’Assemblée nationale, c'est-à-dire moins que dans l’immédiat après guerre où les femmes étaient devenues électrices et éligibles.

Et c’est bien cela le problème.

D’une élection présidentielle à l’autre, la real politik a eu toujours raison tant  des promesses de gouvernements paritaires que des engagements « à promouvoir l’égalité réelle d’accès à la députation ».

Et c’est bien là que le bât blesse.

Si les femmes sont peu nombreuses sur les bancs de l’hémicycle (18,5% des effectifs), elles  sont  moins encore à s’inscrire dans la hiérarchie des pouvoirs de l’Assemblée nationale. Et ipso facto pour Sineau « dans la puissante conférence des présidents qui dispose des plus grandes prérogatives politiques ». Dont celle de fixer l’ordre du jour.

Alors comment s’étonner encore de la question sur les inégalités salariales qui n’est toujours pas réglée ?

 

 

 

* Femmes et pouvoir sous la Ve République. De l’exclusion à l’entrée dans la course présidentielle. Mariette Sineau. Les Presses de SciencePo. 324 pages, juillet 2011.

 

** Mariette Sineau, politologue est directrice de recherches CNRS au Centre de recherches politiques de Sciences Po.  

 

15 septembre 2011

Ils, elles se mouillent !

Elles sont dix, vingt, trente peut-être, toutes élues de l’Hérault, du Gard, des Pyrénées-Orientales à se jeter à l’eau, pour ramer (a contre courant ?) afin que nous soyons mieux représentées : seule une femme,  sur les  21 postes de  députés que dénombre la Région Languedoc Roussillon, siège à l’Assemblée nationale et moins de 10% dans les conseils généraux.

            Le pire est-il à venir pour l’Association des femmes politiques progressistes* ?

            Rien ne permettant d’affirmer le contraire, elles anticipent : «  Qui se présentera aux prochaines législatives (pour être élue) ? Qui succèdera a qui aux prochaines élections territoriales ? ».

            J’ai quelques idées.

De son côté, l’Observatoire régional de la parité du Languedoc Roussillon a démontré.

 

            Ainsi, une méthode de féminisation de la représentation nationale  proposée en février 2011[1], fixe aux formations politiques des règles de féminisation des circonscriptions[2]. On obtient au bout du compte près de 45% d’élues aux élections de 2012.  « Il faudra de la contrainte » nous a déclaré en Assemblée générale le 10 février dernier à Montpellier,  Bruno Le Roux, membre de la Commission des Lois de l’Assemblée nationale, et porte parole du candidat à la primaire François Hollande.

 

            Des projections ont aussi pointé du doigt l’immense danger pour la parité que représentait la Réforme des collectivités territoriales[3]. Un mode de scrutin bi-nominal, une méthode qui a fait ses preuves au Pays de Galles au moment de l’élection de son Parlement en 1999 a été suggérée. Elle se traduit ainsi : chaque formation politique doit présenter deux candidats, un de chaque sexe. Il n’est pas nécessaire de doubler le nombre de circonscriptions électorales mais d’en fondre deux en une.

Pour le Languedoc-Roussillon, ce système permettait d’obtenir 82 conseillères territoriales en 2014, contre 49 élues actuellement (31 conseillères régionales et 18 conseillères générales).

Cette proposition, publiée dans Le Monde sous la plume de Françoise Gaspard[4]a reçu le soutien de deux présidents de Conseil général : Philippe Adnot, président du conseil général de l’Aube, et François Hollande, président du conseil général de la Corrèze. 

 

*Association des femmes progressistes politique. Présidence : Anne Yvonne Ledain, Vice-présidente de la Région LR.



[1] « Législatives 3012. Objectif : parité des éluEs. Proposition de méthode pour féminiser la représentation nationale ». Rapport de l’Assemblée des femmes –Observatoire régional  de la parité du Languedoc Roussillon. Doc. 40 pages. Janvier 2011.

[2] Le Monde, 23 février 2011. « Comment amener les partis politiques à respecter la parité. Une étude réalisée en Languedoc Roussillon propose une méthode de féminisation ».

 

[3] « Les femmes dans les Conseils généraux du Languedoc Roussillon. Aujourd’hui après les élections cantonales, demain, avec la réforme territoriale, à la Région et au Département. Rapport de l’Assemblée des femmes –Observatoire de la parité du Languedoc Roussillon. Doc. 34 pages. Avril 2011.

[4] Le Monde, 15 juin 2010. « Pour sauver la parité, vive le scrutin bi nominal ». Françoise Gaspard, sociologue

11 septembre 2011

L’EXEMPLE DU LANGUEDOC-ROUSSILLON : La parité dans les responsabilités économiques

AssembléeDesFemmes_REGION_logo 1.jpgVoici un article de synthèse Parité économique article synthèse juillet 2011.doc des travaux que nous avons présentés, à l'invitation du Président Christian Bourquin,  jeudi 8 septembre à l'Hôtel de Région à Montpellier, en présence de près de 250 participants dont une très forte représentation du monde économique masculin et féminin. Parité écononomique Bon de souscription Rapport.doc

Vous pouvez aussi retrouver cet article sur le site de Démocratie 2012 http://democratie2012.fr

DEMOCRATIE 2012 rassemble des personnes attachées au progrès et à la démocratie qui souhaitent éfléchir ensemble à la situation de la France, de l'Europe et dans du mondeen ce début du XXIe siècle et aux possibilités de l'améliorer.