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17 septembre 2011

Sineau

 C’est avec une  précision d’horlogère suisse, que dans ses « Femmes et pouvoir sous la Ve République. De l’exclusion à l’entrée dans la course présidentielle »* qu’elle vient de faire paraître, Mariette Sineau** met un certains nombre de pendules à l’heure de « la parité », avec des guillemets, précise-elle, tant le texte de la loi du 6 juin 2000 « a banni le mot de parité au profit d’égalité. Derrière la « parité » se jouait l’enjeu du renouveau des élites, perçu par les Français et plus encore par les Françaises comme remède indispensable à la crise de représentation politique ».

   De la « Glaciation gaulliste », au « Dégel giscardien », Mariette Sineau, démonte les mécanismes et ne nous épargne rien. Si bien que malgré les gages que François Mitterrand va donner à la lutte des femmes, le « Le tournant mitterrandien » pointe du doigt sa «  distance à l’idéologie féministe »  que traduit certainement la rareté « des élues du prince » . Ainsi, pendant le premier septennat,  si sept femmes seront nommées ministres,  elles ne représenteront de 1981 à 1986  que 5,3% des effectifs de l’Assemblée nationale, c'est-à-dire moins que dans l’immédiat après guerre où les femmes étaient devenues électrices et éligibles.

Et c’est bien cela le problème.

D’une élection présidentielle à l’autre, la real politik a eu toujours raison tant  des promesses de gouvernements paritaires que des engagements « à promouvoir l’égalité réelle d’accès à la députation ».

Et c’est bien là que le bât blesse.

Si les femmes sont peu nombreuses sur les bancs de l’hémicycle (18,5% des effectifs), elles  sont  moins encore à s’inscrire dans la hiérarchie des pouvoirs de l’Assemblée nationale. Et ipso facto pour Sineau « dans la puissante conférence des présidents qui dispose des plus grandes prérogatives politiques ». Dont celle de fixer l’ordre du jour.

Alors comment s’étonner encore de la question sur les inégalités salariales qui n’est toujours pas réglée ?

 

 

 

* Femmes et pouvoir sous la Ve République. De l’exclusion à l’entrée dans la course présidentielle. Mariette Sineau. Les Presses de SciencePo. 324 pages, juillet 2011.

 

** Mariette Sineau, politologue est directrice de recherches CNRS au Centre de recherches politiques de Sciences Po.  

 

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