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05 juin 2011

Bavardages

Je me rallie ce matin au propos de Sylviane Agacinski, philosophe, qui pointe du doigt  dans Le Monde[1],  les « bavardages contre le machisme (…) de certaines pseudo-féministes »,  soudain promptes au-delà de ce qu’il convient d’appeler « l’affaire DSK », à nous raconter leurs propres déboires, leurs propres expériences.

            Car la question n’est pas de connaître, comme en témoignent plusieurs femmes députées encore aujourd’hui dans le Journal du Dimanche[2],  le détail des « bons mots » machistes ou des blagues salaces qu’elles ont essuyées sur les bancs de l’Assemblée nationale, mais bien de s’interroger sur les raisons qui font que jusqu’ici on ne les a pas entendues. Ces députée, elles forment ensemble un groupe supérieur à la centaine, siègent pourtant au plus haut niveau du pouvoir politique. Leur rôle me semble-t-il était non seulement de dénoncer comme elles viennent de le faire, mais aussi d’exercer leur pouvoir d’initiative pour transformer non seulement les mœurs de la représentation nationale, mais aussi ceux de la société toute entière.

            Quand au milieu des années 1980, Yvette Roudy, ministre des droits de la femme (1981/1986) a présenté au Parlement un projet de loi « antisexiste », le ciel, comme elle l’a confié « lui est tombé sur la tête », et le projet de loi n’a jamais été inscrit à l’Ordre du jour.

            Son adoption aurait pourtant permis en jouant aussi un rôle de garde fou, de sanctionner les abus, et d’offrir aux associations féministes la capacité de citer, à l’image des associations anti-racistes,  les contrevenants à la loi devant la justice.

            Alors, je suggère aux femmes députées socialistes, qui ont si l’on peut dire, grâce à DSK, eu le courage de parler d’elles, de ressortir du tiroir des oubliettes  le Projet de loi de Mme Roudy ;  et à celles de l’UMP, qui sont prêtes,  comme le dit encore Mme Agacinski « à enfermer les femmes dans un statut de « travailleuse du sexe » en proposant la réouverture des maisons closes, de les soutenir.

            C’est ainsi qu’on change le monde !

           



[1] Pour une culture du respect réciproque. La question cruciale est celle de la survivance d’un mépris des femmes et de leur corps. Le Monde, Dimanche 5- Lundi 6 juin 2011.

[2] Sexisme ordinaire à l’Assemblée. Le Journal du Dimanche, 5 juin 2011.

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