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23 février 2011

Paru dans Le Monde daté d'aujourd'hui

Comment amener les partis politiques à respecter la parité

Une étude réalisée en Languedoc-Roussillon propose une méthode de féminisation

 

Depuis 1999 et la révision constitutionnelle qui a permis l'adoption de lois favorisant " l'égal accès des femmes et des hommes aux mandats électoraux ", la féminisation de l'Assemblée nationale n'a que peu progressé : 10,8 % de femmes au Palais-Bourbon en 1997 - avant la " loi sur la parité " -, 12,1 % en 2002, 18,5 % en 2007. La France se situe au 64e rang mondial et au 19e rang des pays de l'Union européenne pour la présence des femmes à la chambre des députés.

En matière de parité, " laisser du temps au temps reste (presque) sans effet ", constate la sociologue Françoise Gaspard, une des pionnières de la parité politique (députée d'Eure-et-Loire de 1981 à 1988). Le principe de la parité est devenu effectif dans les scrutins proportionnels, où son application est contrainte. Mais, les scrutins uninominaux, tels que les législatives et les cantonales, restent un obstacle à une représentation équilibrée entre les femmes et les hommes.

Aux élections législatives, plus un parti a de chances de remporter des sièges, plus il s'affranchit de l'incitation à présenter des candidates, préférant s'acquitter de sanctions financières. Et quand la proportion de candidates augmente, le nombre d'élues, lui, reste à la traîne, les deux principaux partis - UMP et PS - s'ingéniant à réserver aux femmes les investitures difficiles. Au plan national, l'UMP a présenté 26,6 % de candidates mais ne compte que 14 % d'élues, le PS en a présenté 45,5 % pour 28 % d'élues.

L'Observatoire régional de la parité de Languedoc-Roussillon, animé par l'Assemblée des femmes, vient ainsi de réaliser un rapport, rédigé par Geneviève Tapié, destiné à nourrir la réflexion des partis politiques à l'heure des investitures pour les législatives de 2012.

La région ne s'illustre pas par le nombre de ses représentantes dans les Assemblées nationales : depuis 1944, elle a fourni 9 députées et 5 sénatrices. La distorsion entre " candidates " et " élues " aux législatives de 2007 y est flagrante : 44,4 % de candidatures féminines (41,6 % au niveau national), 9,5 % des élus (18,5 % au niveau national).

Comment inverser cette situation ? C'est en cela que l'étude de l'Observatoire est d'un précieux concours. Elle prend en compte les délimitations issues du redécoupage de 2009 et la création ou la disparition de circonscriptions. Sur les circonscriptions redécoupées, elle projette les résultats électoraux des législatives de 1997, 2002 et 2007. Et elle propose une méthode, s'inspirant du dispositif qu'avait mis au point le Parti travailliste britannique en 1993, pour imposer des femmes en nombre au Parlement.

Les circonscriptions sont alors classées en plusieurs catégories : nouveau siège à pourvoir ; siège détenu par un parti et dont le sortant ne se représente pas ; siège " béton " (gagné à toutes les élections), siège " sûr " (2 fois gagné avec 52,5 % des voix ou plus) ; siège " probable " (deux fois gagné avec moins de 52,5 %) ; siège " gagnable si " (1 fois gagné) ; siège " très difficile " (3 fois perdu). L'Observatoire propose alors d'appliquer un principe de féminisation des candidatures dans les circonscriptions créées et celles où leparti a le plus de chances de l'emporter.

Que la situation électorale de 2012 penche dans un sens ou dans l'autre, l'application de ce système garantirait une représentation considérablement renforcée des femmes à l'Assemblée. " Le degré de volonté politique sera déterminant ", reconnaît Mme Tapié.

Patrick Roger

 

AG 10 fevrier 2011 Rapport souscription.doc

13:21 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0)

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