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22 février 2011

Sanctuaire

Pour la dernière fois, les 20 et 27 mars 2011, les Français éliront la moitié de leurs conseillers généraux, ils sont renouvelables par tiers tous les 3 ans. Dès 2014, les vainqueurs  de cette ultime élection, devront céder leur place à ces conseillers territoriaux, ces élus « hybrides » issus de la réforme territoriale qui siègeront à la fois au département et à la région.

            Sauf, si le PS, vainqueur à la Présidentielle de 2012, décide de revenir sur cette loi. La Direction nationale ne s’est-elle pas engagée sur le principe de non cumul des mandats ? Et du strict respect de la parité, tant dans le parti que dans les élections publiques politiques ? N’ont-ils pas fait dire par vote massif des militants (octobre 2010) qu’au Parti socialiste il ne serait plus entre autres désormais, admis de biaiser la loi ou de contourner l’esprit de la parité ?

 

            La loi du 31 janvier 2007 « contraint les candidat(e)s aux élections cantonales à se présenter au côté d'un(e) suppléant(e) de l'autre sexe ».

 

            La préfecture de l’Hérault fait état de 143 candidats. Parmi eux, 123 hommes, soit 86,1% se présentent aux côtés de 20 femmes, soit 13,99%. Il résulte d'une l’application restrictive de la loi que les femmes représentent le gros bataillon des suppléantes (86%). Parce que leurs chances de siéger dans les 3 ans à l’Assemblée départementale sont réduites à peau de chagrin, l’esprit de la loi est bel et bien biaisé.

 

            La preuve ? Au cours du renouvellement précédent de 2008, sur près de 90 cantons renouvelables dans les 5 départements de la Région Languedoc Roussillon (Aude, Gard, Hérault, Lozère, Pyrénées-Orientales), 78,80% d’hommes ont postulé à un mandat de titulaire. En 3 ans, une seule suppléante a été conduite (dans l’Aude) à remplacer son conseiller général : dans ces conditions, les chances des suppléantes en Languedoc Roussillon s’évaluent grosièrement à un peu plus de 1%.

 

            Il n’est pas interdit aux femmes de se présenter sur les postes de titulaires. Et bien entendu dans les partis dominant la majorité départementale où les probabilités d’être élues sont les plus grandes.

            Toujours dans l’Hérault, le parti dominant au Conseil général, le PS, présente 23 candidats dont 22 hommes (95, 65%) et une femme (4,35%). C’est un différentiel à la parité important qui ne devrait pas, en raison des principes  qu'elle a énoncés  échapper  à Mme Aubry.

            Il semble pourtant bien tard à pour qu’elle puisse y changer quelque chose.

            A moins de vouloir consacrer pour conserver d’ici 2012 ses arrières, ce sanctuaire masculin « où  le conseiller général est un homme (88%), âgé de plus de 50 ans (…) qui cumule au royaume des notables indéboulonnables » (Gérard Courtois, Le Monde, 22 février 2011).

            N’hésitant pas à sacrifier, ni l’esprit, ni la lettre de la Loi Républicaine, ni le suffrage universel intra partisan de la formation politique dont elles assume la direction.

 

Bonus : sur les 26 cantons renouvelables dans l’Hérault, 15 cantons sont dépourvus de femmes candidates titulaires soit 57,70% .  

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