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30 décembre 2010

Le système de Moscou

Ce matin, le Blog de la Section socialiste de Béziers Centre, http://partisocialistebezierscentre.midiblogs.com, évoque « le triste Noël des socialistes de 1920 », le Congrès de Tours, avait le 29, consacré la scission de ses membres qui allait « donner naissance quelques mois plus tard, au parti communiste ». On sait comment Léon Blum, victorieux du Front populaire de 1936, avait alors décidé de garder la « Vieille maison ». On connaît la suite : les premiers congés payés, la limitation du temps de travail à 40 heures…

            Noël 2010 est bien triste aussi.

            Ainsi, Martine Aubry ne désarme pas. Celle qui ne manque jamais de rappeler le rôle très important qu’elle a joué au cabinet du Ministre du travail dans l’élaboration des Lois Auroux pour renforcer les droits syndicaux et ceux des salariés dans l’entreprise au lendemain de l’élection de François Mitterrand en 1981, celle qui, dans la continuité de l’œuvre sociale de Léon Blum a imposé en France la Loi sur les 35 heures, démontre qu’à l’inverse de son illustre prédécesseur, non seulement, elle viole les actes fondamentaux dont procède son action, mais harcèle les salariés.

            Histoire de lui gâcher les fêtes, vieille ficelle de déstabilisation employée par le patronat,  la permanente de la Fédération de l’Hérault du Parti socialiste vient de recevoir une « lettre de mise à pied » dont les motifs lui seront explicités en janvier, mais qui laisse préjuger non seulement de sa mise à l’écart de la « Vieille maison » héraultaise, mais d’un probable licenciement au motif qu’elle est, je l’ai déjà dit la femme de son sénateur de mari. (Le mari de la femme du sénateur, 30 novembre 2010).

            La dernière Convention du Parti socialiste préparatoire au programme de l’élection présidentielle portait sur « L’Egalité réelle ». Le droit des femmes y était entre autres abordés. Celui de leur égalité professionnelle avec les hommes aussi.

            La mise à pied et le licenciement présumés de Mme Dominique Navarro, puisqu’il s’agit d’elle, vont dans le sens de l’histoire du staff dirigé par Martine Aubry : on fait le contraire de ce que l’on dit !

 

Alors, rajoute le Blog du Parti socialiste de Béziers Centre sur son « Triste Noël », " nous vous disons que votre dictature n'est plus la dictature temporaire qui vous permettra d'aménager les derniers travaux d'édification de votre société. Elle est un système de gouvernement stable, presque régulier dans votre esprit, et à l'abri duquel vous voulez faire tout le travail. C'est cela, le système de Moscou ". (Léon Blum, Congrès de Tours, 1920).

 

10:19 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (2)

28 décembre 2010

Le Président et les absents

J’ai vu hier à Montpellier, Le Président, de Yves Jeuland. C’est, techniquement de l’excellent cinéma, un travail de vrai professionnel dont souvent les images parlent d’elles même.

Mais il y a trois absents dans l’histoire.

Les femmes. Le réalisateur force –il la caricature ? Dans l’océan masculin des équipes qui entourent le candidat Georges Frêche, il en émerge trois : la dame qui transporte à  la Région les montagnes de parafeurs à signer, et deux qui époussettent la poussière, l’une dans l’hémicycle, l’autre sur le bureau présidentiel. Furtivement, on aperçoit dans une voiture à un moment le minois de Mme Jullian, candidate non inscrite en deuxième position sur la liste ; le spectateur n’échappe pas non plus au regard de Julie, en fille très aimante qui, de manière touchante semble veiller de près sur son président de papa.  

Bref, comme dans les vestiaires  ils sont partout entre eux, et même si Jeuland nous en dispense, l’air compassé du  Préfet Constantin, il fait partie autour de la table de la bande, nous laisse a penser que des petites blagues non montrables viennent néanmoins de fuser. Privilège de l’entre soi.

Les colistiers. Le film, comme les femmes, les projette dans une parfaite invisibilité. La différence, c’est que si aucune d’entre elles n’avait été jugée apte à figurer dans le staff, les colistiers, eux, on ne pouvait, c’est la règle électorale, les éviter. Ils étaient, outre Georges Frêche, 58, biffés cependant  de la « ligne » de campagne, par le club des stratèges qui suggère à un moment à leur « Président » que pour gagner, seule prévaut sa personnalité.  D’où, le parti d’emblé éliminé.

Le Parti. Il fait partie aussi, c’est donc un choix, des grands absents. Pour faire passer la pilule, le pot servi début janvier chez Georges Frêche aux hiérarques socialistes compte comme un grand moment : présentation du matériel de campagne en veux –tu en voilà, mais sans la Rose (précisons que nous nous situons en aval de la vague d’exclusion), le Sénateur Robert Navarro semble avaler son chapeau. Moi aussi.

Le reste suit, mais tout a été dit. Ce n’est du Frêche ni en mieux ni en pire. Mais ce n’est surtout pas de la politique, cet « art du possible », pour changer le cours des choses. Jeuland l’a dit, ce n’est pas cela qu’il voulait montrer. Soit !

C’était hier au Diagonal  au centre ville de Montpellier. Il y avait du monde, beaucoup. J’ai quitté la salle avant la fin d’un générique présenté comme si le film avait mis en scène une véritable fiction avec de vrais acteurs. Peut-être pour cacher mon trouble.

 

09:49 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (1)

27 décembre 2010

Femmes d'Exception en Languedoc Roussillon

            On peut regretter, et d’ailleurs l’auteur le souligne d’emblée que les premières femmes de notre Région élues à la Représentation nationale, c'est-à-dire en démocratie au cœur du pouvoir politique transformateur, ne figurent pas dans ce « Femmes d’Exception en Languedoc Roussillon » publié par Hubert Delobette aux Editions Le Papillon rouge en octobre 2010*. L’auteur lui-même semble faire amende honorable, citant dans son avant-propos « Gilberte Rocca, gardoise et première députée du Languedoc Roussillon » qui aurait pu mériter de « figurer dans cette galerie de portraits ».

Mais le parti pris est ailleurs.

 Et si « l’hommage au courage » qu’il choisit de rendre à une vingtaine de  Languedociennes, prend le risque de flirter quelquefois avec la petite histoire, le mérite revient à Mr Delobette de sortir des oubliettes des personnalités parmi lesquelles mes préférences vont à Madeleine Brès (première femme médecin en France, elle vient de Bouillargues dans le Gard) ainsi qu’à à Elisabeth Eidenbenz, institutrice née en Suisse qui s’établit dans les Pyrénées Orientales pour aider, après « la défaite des républicains espagnols  »  ceux massivement parqués dans des camps « improvisés à Saint Cyprien, Argeles sur Mer, Le Barcarès, Arles sur Tech, Prats de Mollo, avant d’accueillir de toute l’Europe des victimes fuyant plus tard les persécutions nazies ».

            L’ouvrage de Hubert Delobette ne manque pas d’ interpeller  les politiques dans le sens où les femmes sont généralement oubliées lorsqu’il s’agit de donner un nom par exemple à de nouveaux lycées. Par l’intermédiaire de plusieurs de ses portraits, Hubert Delobette met à mal ce déficit de féminisation généralement évacué  par de péremptoires « impossible, il n’y en a pas » !  

            Je ne peux que conseiller à ces responsables de se procurer cet ouvrage pour mieux se documenter et à Hubert Delobette de parachever son travail par un deuxième tome consacré aux députées et sénatrices du Languedoc Roussillon. Qu’il n’ait crainte ce n’est pas un Bottin que je souhaite lui voir réaliser : depuis 66 ans que les femmes sont électrices et éligibles, seules 14  d’entre elles y ont été amenées  à représenter. Dont 9 à l’Asemblée nationale et 5 au Sénat. Pour combien d’hommes ? Nous dirions en tout près de 300[1].

 

* Femmes d’Exception en Languedoc Roussillon. Hubert Delobette. Editions Le Papillon Rouge, octobre 2010, 288 pages, 19,90 euros.

 

 

 

 

 

 

 

 



[1] In «  Les femmes sur la scène politique régionale. Radiographie de la parité en Languedoc Roussillon » - Rapport de l’Assemblée des femmes- Observatoire régional de la parité du Languedoc Roussillon , doc 87 pages, juillet 2009,

et  « Etre femme en politique au lendemain de la Deuxième guerre mondiales. Madeileine Laissac, première femme députée de l’Hérault » - Mémoire de l’Assemblée des femmes, Observatoire régional de la parité du Languedoc Roussillon, doc 40 pages, février 2002.

12:17 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (2)

23 décembre 2010

Devoirs de vacances

Dans un des nombreux mails dont le PS continue à m’abonder, la Direction nationale me recommande « Trois choses à faire avant la fin de l’année » :

-         faire un gentil dessin pour ses dirigeants, en participant à la réalisation « ensemble de la carte de vœux 2011 »,

-         battre campagne pour faire voter pour le candidat(e) qu’ils ont déjà choisi pour les primaires, ou comme ils le disent « pour l’inscription sur les listes électorales »

-         et enfin, leur distribuer mes sous, en pensant « à la boutique du PS » pour mes cadeaux.

Comme on apprend pas aux vieux « sages » (singes ?) à faire des grimaces, je me dis que le potentat qui compose la Tutelle sous laquelle Martine Aubry continue à maintenir le département de l’Hérault pour cause de « frêchisme » aux élections régionales du début de l’année, ne doit pas savoir exactement où il en est. Car on ne peut perpétuellement assener des leçons de tenue de fichier et ignorer que je figure parmi les 17 héraultais qui n’ont pas été réintégrés.

            On ne peut aussi vouloir tout et son contraire. C’est pour cela que je ne ferai ni le dessin, ni la campagne, ni offrirai des cadeaux siglés PS. Non pas parce que je boude. Mais parce que je ne puis créditer de mes faveurs ces potentats au comportement «illégitime,  immoral, indigne » (Philippe Saurel*) et inutiles vu ce qu’ils font.

 

* Maire adjoint de Montpellier, conseiller général in Midi-Libre, 21 décembre 2010.

 

08:53 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0)

17 décembre 2010

La Rose

Les droits des femmes en économie avaient été pourtant affirmés bien avant la parité en politique (2000). Leur éligibilité dans les Chambres de commerce et d’industrie (CCI) date de 1924 quand les femmes n’ont obtenu le droit de vote en France qu’après de hautes luttes au lendemain de la Résistance (1944).

Pourtant ce n’est qu’en 1980 que la CCI de Montpellier a élu sa première Vice-présidente, Mme Olga Bernabé. Pourrait-on dire en cela que cette pionnière a ouvert la voie à Mme Gabrielle Deloncle dont la liste vient de sortir victorieuse des nouvelles élections ?

La longueur du chemin parcouru depuis 1924  par deux femmes pour se hisser au plus haut niveau du pouvoir économique montpelliérain n’a d’égale que les montagnes de roses qui n’ont certainement pas tapissé leur parcours. Mais à y regarder de plus près, les deux, la première est la fondatrice de l’Association des femmes chefs chef d’entreprise (FCE), la seconde des Femmes de décision et d’action (FDA), partagent une sacrée dose de courage et de détermination.

Bref, Madame Deloncle est la première présidente d’une Chambre de Commerce et d’Industrie du Languedoc Roussillon ; sa liste présentait la particularité régionale d’être la plus féminisée. Ce qui m’autorise à conclure que les femmes font gagner et pas perdre comme l’accréditent certains de nos responsables quant ils faut les écarter d’investitures par ailleurs très convoitées.

Tenez, prenez du côté de la Rose, les élections cantonales.

La Direction du Parti socialiste qui, dans l’Hérault a retiré l’investiture à une femme que les militants avaient élue pour porter leurs couleurs dans leur canton, a dealé avec les Verts le retrait de deux  de ses candidats  pour protéger dans leurs cantons le devenir de deux « poids lourds », sortants du Conseil général. En échange, et, au motif, notamment de la préservation de la parité, deux femmes vertes devront se coller à la tâche aux Matelles et à Mauguio, où il est clair que la Rose ne leur fera pas de cadeaux.

Non seulement, la Direction du PS prend les femmes pour des Mimi (la femme de Mickey) mais sa patronne montre une fois de plus qu’elle se contrefiche de la parité. Dans le meilleur des cas, le Conseil général de l’Hérault continuera a afficher le pourcentage le plus bas de conseillères générales dans son assemblée, mais battra le record du nombre de suppléantes qui attendront pendant trois ans sur leur banc de touche que leur titulaire passe de vie à trépas. En espérant que d’ici là, la Rose ne dépérisse pas.

 

09:17 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (1)