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28 décembre 2010

Le Président et les absents

J’ai vu hier à Montpellier, Le Président, de Yves Jeuland. C’est, techniquement de l’excellent cinéma, un travail de vrai professionnel dont souvent les images parlent d’elles même.

Mais il y a trois absents dans l’histoire.

Les femmes. Le réalisateur force –il la caricature ? Dans l’océan masculin des équipes qui entourent le candidat Georges Frêche, il en émerge trois : la dame qui transporte à  la Région les montagnes de parafeurs à signer, et deux qui époussettent la poussière, l’une dans l’hémicycle, l’autre sur le bureau présidentiel. Furtivement, on aperçoit dans une voiture à un moment le minois de Mme Jullian, candidate non inscrite en deuxième position sur la liste ; le spectateur n’échappe pas non plus au regard de Julie, en fille très aimante qui, de manière touchante semble veiller de près sur son président de papa.  

Bref, comme dans les vestiaires  ils sont partout entre eux, et même si Jeuland nous en dispense, l’air compassé du  Préfet Constantin, il fait partie autour de la table de la bande, nous laisse a penser que des petites blagues non montrables viennent néanmoins de fuser. Privilège de l’entre soi.

Les colistiers. Le film, comme les femmes, les projette dans une parfaite invisibilité. La différence, c’est que si aucune d’entre elles n’avait été jugée apte à figurer dans le staff, les colistiers, eux, on ne pouvait, c’est la règle électorale, les éviter. Ils étaient, outre Georges Frêche, 58, biffés cependant  de la « ligne » de campagne, par le club des stratèges qui suggère à un moment à leur « Président » que pour gagner, seule prévaut sa personnalité.  D’où, le parti d’emblé éliminé.

Le Parti. Il fait partie aussi, c’est donc un choix, des grands absents. Pour faire passer la pilule, le pot servi début janvier chez Georges Frêche aux hiérarques socialistes compte comme un grand moment : présentation du matériel de campagne en veux –tu en voilà, mais sans la Rose (précisons que nous nous situons en aval de la vague d’exclusion), le Sénateur Robert Navarro semble avaler son chapeau. Moi aussi.

Le reste suit, mais tout a été dit. Ce n’est du Frêche ni en mieux ni en pire. Mais ce n’est surtout pas de la politique, cet « art du possible », pour changer le cours des choses. Jeuland l’a dit, ce n’est pas cela qu’il voulait montrer. Soit !

C’était hier au Diagonal  au centre ville de Montpellier. Il y avait du monde, beaucoup. J’ai quitté la salle avant la fin d’un générique présenté comme si le film avait mis en scène une véritable fiction avec de vrais acteurs. Peut-être pour cacher mon trouble.

 

09:49 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (1)

Commentaires

Moi ce qui m a gêné fortement, outre les absents cités plus haut, c'est le sentiment que sans son directeur de cabinet et ses communicants, Freche ne pouvait rien faire, qu'il n'était rien....
Or Freche était tout à lui tout seul... Il n'a eu besoin de personne pour devenir ce qu'il était.....Et ca le film ne le dit pas, le renie même.....

Écrit par : mimilarose | 31 décembre 2010

Les commentaires sont fermés.