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30 novembre 2010

Le mari de la femme du sénateur

Ces derniers jours, la décision d'une chaîne de télévision de mettre de côté une de ses journalistes au motif que son conjoint envisageait de concourir aux primaires du Parti socialistes en vue de devenir son candidat en 2012 m'a passablement agacé.

            Car le couple Audrey Pulvar/Arnaud Montebourg qui serait coupable de mélanger les genres aujourd'hui, s'ajoute à l'ostracisme subi par d'autres femmes journalistes de premier plan, au premier duquel figure Béatrice Schonberg et Anne Sinclair expulsées de l'Antenne en leur temps pour des motifs identiques.

            J'en conclu, qu'en faisant porter a priori le soupçon sur leur professionnalisme, le couperet tombe dru sur la tête des femmes quant il s'agit de protéger les biens pensants de présumés « conflits d'intérêts ». Bref, au nom de la morale et de l'éthique, ce sont elles qui sont toujours sacrifiées.

            Un article minutieux paru ce matin dans la presse régionale (Midi-Libre, 30 novembre 2010), évoque le détail des griefs faits à la Fédération de l'Hérault du Parti socialiste par la Commission dite « Dialogue et rénovation », mise en place par la Direction nationale afin de mettre un terme au contentieux des élections régionales qui a abouti à l'exclusions de 58 candidats socialistes (dont je suis) pour cause de fidélité à la liste conduite par Georges Frêche en mars 2010.

             Le Rapport de la Commission reproche notamment à la Fédération de n'avoir pas envoyé à Paris 25 kilos de photocopies de chèques faisant foi du paiement de cotisations, un préalable exigé des militants avant leur vote. A trois chèques par page, cela fait un paquet !

            Mais bref, Solférino[1] voulait vérifier, et pas seulement constater  que les chèques existaient,  les preuves avaient été néanmoins produites  à Paris.

            Il y a comme dans l'affaire Pulvar/Montebourg deux choses qui me gênent. D'abord, à moins de deux ans de l'élection présidentielle dont le tournant va peser sur le sort de millions de français qui souffrent, le principal parti d'opposition qui a la responsabilité de l'alternance se préoccupe... de compter des papiers.

            Ensuite, la nécessité de recompter à Paris des papiers induirait que le comptage des papiers aurait été mal fait à Montpellier.

            Soit ! Mais le Rapport ne met nullement en cause l'administration de la Fédération, mais directement « Le Premier secrétaire  et sa femme ».

            Attendons nous donc, à la mise au rencard de cette professionnelle de la politique -elle est permanente du parti-, au motif qu'elle est la femme de son sénateur de mari, et qu'il ne plait pas à Martine Aubry.

 


[1] Siège du PS à Paris, 10, rue de Solférino.

17:23 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0)

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