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29 novembre 2010

La loi mauvaise

Je me suis demandée quel aurait été le sort réservé par la justice à la jeune mère qui a oublié son bébé à l'arrière de sa voiture en juin, la petite fille a été retrouvée morte sur le parking par la police, si le juge n'avait pas été une femme.

            Car les conséquences judiciaires de ce drame, la mère a été déclarée coupable mais dispensée de peine, pose la double question de la féminisation de la justice et de la répartition des tâches domestiques au sein de la famille.

            Sur le premier point justement, j'ai été récemment interpellée « sur la parité à l'envers » dans l'administration judiciaire « où il y a plus de femmes que d'hommes ». Comme si cela créait une situation incongrue insoutenable pour certains esprits. « Rassurez » vous, la place des femmes, importante au bas de l'échelle se raréfie au fur et à mesure que l'on grimpe dans la hiérarchie, pour se compter sur les doigts de la main au niveau des chefs de Cour.

            Il n'est pas si loin le temps où seuls des hommes jugeaient des femmes pour des délits (ou des crimes, car cela fût un temps qualifié comme tel) qui touchaient au plus intime de leur propre vie, je veux parler de l'avortement quand la contraception était prohibée. Il fallait bien qu'elles se débrouillent toutes seules. La littérature ou le cinéma sur des procès célèbres  jusqu'aux années 1970  montrent une justice masculine assez peu encline à comprendre ces drames féminins.

            Le récit du procès de la mère de Maxine, 16 mois retrouvée morte le 4 juin à Arcueil, met en scène une femme de 37 ans surmenée, mère de quatre enfants, en proie à la maladie grave de son aîné, source de difficultés professionnelles avec son employeur. Dans son témoignage, le père pointe du doigt le poids des tâches domestiques qui pèse lourd encore aujourd'hui sur les femmes : « Ce matin, elle était fatiguée. Elle m'a demandée si je pouvais emmener Maxine chez la nourrice, je lui ai dit que je n'avais pas le temps ». (Le Monde, 28, 29 novembre 2010).

            Et, au-delà de ce que l'on pourrait qualifier de simple drame familial, la mort du bébé, met en lumière le vrai problème de notre société, encore organisée comme lorsque les femmes restaient à la maison. A l'heure où leur taux d'activité  atteint presque celui des hommes, elles continuent pour 86%  des charges à tout assumer : métier, soins des enfants, courses, cuisine, linge.... Comme avant.

            Faudra-il pour sortir de cette l'hypocrisie qui piège les femmes un profond bouleversement?  A l'image du procès de Bobigny où  les femmes ont montré aux  gouvernants, à propos de l'avortement, que puisque  la loi était mauvaise il fallait la changer.

           

11:28 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0)

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