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28 octobre 2010

Post mortem

J'ai choisi ces  jours -ci de ne pas en rajouter aux hommages posthumes rendus à la mémoire de Georges Frêche, je n'excelle pas dans le genre.

            En revanche, j'ai plongé dès mardi dans le récit que Gérard Laudinas*, journaliste au quotidien régional Midi-Libre fait dans son dernier livre de cette « tumultueuse campagne des régionales 2010 en Languedoc Roussillon » ; il l'a suivie au jour le jour.  

            Le décor planté par Georges Frêche « je suis investi en politique depuis cinquante sept ans et je n'ai perdu que trois élections sur la trentaine auxquelles j'ai participé ! Alors, vous m'avez compris,je ne vais pas me laisser impressionner parce qu'une poignée d'intellectuels s'offusque d'un mot de travers », illico, Ernest Ferroull est convoqué pour mieux souligner la similitude entre les deux hommes. Député, maire socialiste de Narbonne (1891/1897 et 1902/1921), Ernest Ferroull, « ce félibre rouge qui lors de la crise viticole de 1907, défia Clemenceau en hissant un drapeau noir au fronton de la mairie et en jetant son écharpe de maire du balcon de l'hôtel de ville »,  excelle aussi  en son époque « en ce doux royaume »  de la politique où « l'embarras du choix pour livrer des guerres picholines » n'a manqué à un siècle de distance ni au premier ni au second. Et cruel, l'auteur de conclure « Eric Andrieu[1] en sait quelque chose » !

            Et Andrieu l'explique, minutieusement, clairement. Le problème, c'est qu'aujourd'hui post mortem, ses paroles très dures résonnent autrement.

             Plus loin, de l'évocation des « sénateurs gratte-cul du PS », à celle du « capitaine d'entreprise de nettoiement mal embouché », de ce « professeur-la- bavure à la langue trop bien pendue », à ce « fripon d'anarcho-libertaire, qui n'en finit plus de pressentir la Toussaint du Parti socialiste et d'enfouir sous des tombeaux de chrysanthèmes ses principaux dirigeants », au sénateur Navarro « qui roule les r comme des barriques lorsqu'il est en pétard », à ce président de conseil général de Seine Saint Denis « qui ne laisse pas sa part aux chiens » quant il s'agit de stigmatiser les camarades, les formules à l'emporte pièce de Gérard Laudinas font  si bien mouche qu'elles vous arrachent des éclats de rire.

            Jusqu'aux larmes. Parce que celui dont il s'agit bien tout au long de ce voyage  en politique vous a  définitivement laissé parce qu'il est parti. Sans rien dire de plus.  

 

*Journal d'une curée de campagne- Gérard Laudinas - Editions Au diable Vauvert - octobre 2010.



[1] Conseiller régional, maire de Villerouge-Termenés un village des Corbières, Eric Andrieu premier secrétaire de la puissante fédération socialiste de l'Aude a disputé sans succè l'investiture à Georges Frêche pour les élections régionales de 2010.

11:38 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0)

27 octobre 2010

Le « Grand »

A son entrée dans la cathédrale de Montpellier ce matin, le cercueil de Georges Frêche porté sur les épaules de six costaleros*, ondoyait au dessus de la foule au même rythme, avec la ferveur d'un  paso, dans les rues de Granada pendant la Semaine sainte.

            A l'intérieur, le peuple des plus proches, celui des élus, du protocole, serrés les un contres autres. Ils étaient venus de partout : de Chalabre, aux confins de l'Aude et de l'Ariège, des Corbières, de Mende, de la Canourgue et de la Margeride en Lozère, des Cévennes  gardoises, des Pyrénées, de  l'Ardèche, du Puy de Dôme, de Lyon, de Bruxelles, du Mans... que sais-je ? Le silence était absolu.

            Sur le parvis, une foule, immense, compacte, celles des socialistes, du peuple de gauche,  des amis, des montpelliérains, des languedociens débordait depuis le matin des rues adjacentes, de la Place de la Canourgue en surplomb, toute  proche.

            Au sortir de la dépouille, telle la salida eglesia qui consacre en Espagne le rite du passage du paso de l'ombre de l'église à la lumière, la foule a crépité d'applaudissements, longtemps,  pendant tout le passage du cercueil.

            Moment intense d'émotion.

            Georges Frêche est parti, comme il a vécu, en Grand !

 

 

* C'est le nom donné aux personnes chargées de transporter dans les rues les scènes de la Passion du Christ qui forment les processions de la Semaine sainte en Espagne.

http://wikipedia.org/wiki/Costaleros

 

15:32 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (1)

20 octobre 2010

La parité à l’épreuve du partage du pouvoir

C’est le thème de l’intervention qui m’a été demandée pour ouvrir, samedi 23 à Montpellier (14 heures, Domaine de la Providence) un débat auquel participera aussi l’éditorialiste Jean-François Khan : « Face aux défis du XXIe siècle, balayons les idées reçues ! ».

            Pour en savoir plus : Désirs d’Avenir Montpellier, une Association « bouillonnante d’idées ».

http://www.desirsdavenir.org/accueil-lassociation/les-comites/les-territoires-en-action/1641-23-oct-da-montpellier-debat-face-aux-defis-du-xxie-siecle-balayons-les-idees-recues-.html

11:49 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (1)

14 octobre 2010

Législatives 2012

A la fin de sa mise sous tutelle, disons au printemps 2011, la Fédération de l'Hérault du Parti socialiste aura à se pencher sur les investitures des candidat(e)s aux élections législatives qui suivront la présidentielle de l'année suivante.

            Il y a aujourd'hui 9 circonscriptions électorales dans le département de l'Hérault. Par rapport au scrutin législatif précédent, deux nouvelles circonscriptions viennent d'être crées à la suite d'un redécoupage opéré par le Ministre Marleix, en vue d'un rééquilibrage démographique selon la règle nationale d'un député pour 113 000 habitants.

            La loi sur la parité demande aux partis politiques de présenter 50% de candidats et  50% de candidates à ces élections. Faute de quoi, des pénalités leur sont infligées sur le montant annuel de leur dotation nationale.

            En 2007, le PS a investi  en France 46, 50% de candidates, l'UMP  26, 70%. Au final le PS s'acquitte chaque année d'une « amende »  de 518 000 euros représentant 2, 23%  du montant de sa dotation financière, soit, 10 millions d'euros.  Les retenues de l'UMP  s'élèvent à 4, 13 millions d'euros, soit 12, 41% des 33 millions versés tous les ans par l'Etat.

            En mars 2006, dans l'Hérault, le Parti socialiste avait, selon une procédure fixée au niveau national, réservé 3 de ses 7 circonscriptions d'alors à des femmes, à Montpellier Est (la 3eme circonscription), à Sète/Agde/Frontignan (la 7eme circonscription), à Béziers (la 6eme circonscription). L'UMP n'avait présenté aucune candidate. Ce qui explique, compte tenu du mauvais résultat enregistré par le PS, le déficit abyssal de députées dans ce département.

            Pour les législatives de 2012, Martine Aubry ne pouvant pas faire moins que son prédécesseur  François Hollande en 2007, il faut au minimum s'attendre à la féminisation de 4 des 9 circonscriptions. L'observation des équilibres géographiques devait logiquement conduire à une réservation dans le biterrois, une dans le centre du département et deux dans le montpelliérain à qui Mr Marleix a généreusement octroyé, à compter de 2012, deux nouveaux députés.

            La logique voudrait qu'au moins une candidate (voire deux) soit investie sur l'une de ces deux créations, soit la 8e circonscription (Montpellier Frontignan), soit la 9e (Montpellier Lunel Mauguio) dont on estime qu'elle a été taillée sur mesure pour la droite.

            La logique est aussi de présenter des candidates pour qu'elles soient élues afin d'augmenter la représentation féminine tant à l'Assemblée (18, 5% de députées) qu'au cœur du Groupe socialiste (27% de femmes). C'est l'essence même de la parité, et le sens de la mission assignée aux partis par la Constitution (art.4).

            L'exercice (difficile) consistera donc aussi, à veiller à présenter des femmes dans des circonscriptions où elles auront des chances véritables d'être élues.

            C'est le sens même du pari de la « rénovation » prônée par la nouvelle Direction du PS issue en novembre 2008 du Congrès de Reims.

10:49 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (1)

11 octobre 2010

Le suffrage des morts

En 1916, le député Barrès, inspiré par les valeurs patriarcales et familialistes  de l'époque, dépose à la Chambre dans une proposition de loi, « le suffrage des morts », pour accorder le droit de vote aux veuves de guerre et aux mères des soldats tués. Il fallait bien récompenser le civisme des militantes féministes

              Dans un élan patriotique, les féministes avaient différé de nombreuses revendications, dont l'accès à la pleine citoyenneté, être électrice et éligible, avait failli aboutir si  la Déclaration de guerre de 1914 ne leur avait coupé l'herbe sous les pieds.

 L'effort de guerre absorbe les énergies.

            La crise économique aussi !

            Les femmes  d'aujourd'hui, font les frais des réformes. La loi de réforme territoriale a éradiqué la parité dans les conseils régionaux (49% de femmes aux élections de 2010 et 53% de vice-présidentes en Languedoc Roussillon) pour faire davantage de place aux hommes dans les futurs conseils territoriaux élus en 2014, et le projet sur les retraites sacrifie les futures pensionnées sur l'autel des inégalités : après 30 ans de luttes féministes, les différences salariales persistent (27%) ; les pensions des femmes sont inférieures de 40% à celles des hommes.

            Pour faire passer la pilule, l'exécutif a repris les vieilles recettes de Barrès : faire appel aux valeurs patriarcales et opposer au passage féministes et familialistes.

            Au troisième jour du débat sénatorial, le Gouvernement a fait (enfin !) un geste en faveur des femmes : il propose de maintenir la retraite à taux plein à 65 ans pour celles qui, mères de trois enfant (ou plus), ont délaissé leur carrière pour se consacrer à leur éducation.

            Au bas mot, cela concerne 130 000 femmes, et pendant 5 ans.  

            Et les autres ?

           

09:55 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0)