statistiques
Midilibre.fr
Tous les blogs | Alerter le modérateur| Envoyer à un ami | Créer un Blog

25 septembre 2010

Confirmation

« Chez les catholiques», nous renseigne le Petit Larousse, la confirmation « est un sacrement administré par l'évêque, qui affermit dans la grâce du baptême ». Le prélat donne une légère tape sur la joue de l'enfant agenouillé devant lui dans le cœur de la cathédrale. Joyeusement à l'époque, je devais avoir 10 ans, les mauvais esprits du catéchisme traduisaient : « On va prendre notre baffe ! ».  

            Eh bien ce matin, ce n'est pas l'évêque de Montpellier, mais une éminence de la direction du Parti socialiste qui nous la colle à froid. Le grand exercice démocratique, annoncé ubi et orbi (avec entre autres la parité à l'Assemblée nationale, le non-cumul des mandats et LA rénovation) dans le discours de La Rochelle de Martine Aubry d'août 2009, des primaires "ouvertes "pour désigner qui des papabile serait candidat (e) à la présidentielle de 2012, part en fumée.

            De fait, affirme Claude Bartholomé, un proche de la Première secrétaire « nous pourrions nous orienter vers une primaire de confirmation, où des millions de Français viendront (s'agenouiller ?), donner leur énergie à celui ou celle qui pourra permettre à gauche de gagner » (Midi-Libre, 25 septembre 2010).

            Après mon exclusion a la suite des régionales, Communiqué 23 février 2010.doc , j'étais en dernière position sur la liste de Georges Frêche, excommuniée par la suite  à Budapest (Martine Aubry m'a fait écartér du Prix pour la parité  le 6 mars dernier), Communiqué Budapest fev 2010.doc , il est hors de question pour moi de recevoir une confirmation, c'est déjà fait  il y  a longtemps à la Cathédrale de Béziers.

            Je ne sais pas si la Première secrétaire a reçu ce sacrement de l'Eglise.

            Mais il faut qu'elle sache que le Parti socialiste n'est pas la bonne chapelle. Et redire à ses cardinaux que jusqu'ici, chacun avait compris que les primaires étaient une méthode ouverte de désignation.

            Et pas une cérémonie de confirmation du mode de son élection à la suite du Congrès de Reims.

11:17 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0)

22 septembre 2010

Se faire entendre jusqu’au bout…

Après la publication du Communiqué « Retraite des femmes : le feu au lac », le 20 septembre 2010, c'est la sénatrice Gisèle Printz qui me répond en retour :

 

« Madame,

 

Vous avez appelé mon attention sur le projet de loi portant réforme des retraites qui vient d'être adopté par l'Assemblée Nationale. 

Pour moi ce texte du Gouvernement est injuste car il ne contient aucune proposition sérieuse sur la pénibilité ni sur les carrières longues. En outre, les efforts ne sont pas équitablement répartis puisqu'ils portent quasi exclusivement sur les salariés et les fonctionnaires. Avec le recul de la retraite à taux plein de 65 à 67 ans les femmes seront les grandes perdantes de cette réforme, et d'ailleurs, l'article 23 auquel vous faites référence en fournit une parfaite illustration.  

En effet, d'une part, il supprime le droit de partir à la retraite sans condition d'âge pour les fonctionnaires parents de trois enfants justifiant de quinze ans de service, sans égard ni plus de respect pour les choix et les projets de vie de milliers de femmes fonctionnaires, mères de famille déjà pénalisées par les congés parentaux et autres temps partiels.  

D'autre part, il fixe des règles de calcul de la pension moins favorables à partir du 1er janvier 2011 - et jusqu'au 31 décembre 2011 pour les parents demandant à bénéficier du dispositif transitoire. L'amendement n°728 rectifié du Gouvernement que vous évoquez, proposé sans doute suite aux fortes mobilisations, ne résout que très partiellement, pour ne pas dire aucunement, le problème soulevé. 

En effet, les conditions de calcul restent inchangées pour les seuls agents qui sont aujourd'hui à cinq ans de l'âge de la retraite : les salariés âgés de 57 ans au moins au 1er janvier 2011. Pour les autres, le bénéfice de la règle des paramètres applicables à la date où l'agent remplit les conditions du dispositif - trois enfants et quinze années de service - reste remis en cause, avec la conséquence que cela emporte concernant l'exclusion de ces personnes du bénéfice du minimum garanti. 

Je serai donc très attentive à ce projet de loi lors de son examen au Sénat, je ne manquerai pas d'intervenir sur les dispositions relatives à la retraite des femmes pour plus d'équité et de justice. Je demanderai par ailleurs à ce que les dispositions de l'article 23 qui vous est préjudiciable soient révisées.  

Restant à votre écoute, je vous prie de croire, Madame, à l'assurance de parfaite considération. 

Gisèle Printz »

 

... suivie de Camille S F, journaliste à Midi-Libre qui ajoute « heureusement que tu restes sur le qui vive !  », ce qui me fait vraiment plaisir, mais ne m'évite pas au passage de me faire en... par Yvette Roudy,  Ministre des droits de la femme de 1981 à 1986, qui me dit : « Sauf erreur  l'auteur de la première loi sur l'Egalité professionnelle de 1983  s'appelle Roudy. On peut le rappeler. Ce n'est pas infamant

Amicalement

Yvette Roudy ».

 

            C'est juste, j'aurais du préciser, Mme Roudy est bien l'inventeure de cette première loi sur l'Egalité professionnelle ... qui n'a jamais été réellement appliquée. A l'époque, les entreprises devaient présenter un rapport annuel sur les inégalités hommes-femmes ;  dans les faits il tenait généralement en un ligne : « il n'y a pas de problème particulier d'égalité dans notre entreprise ».

            Mme Roudy a confié plusieurs fois sa « naïveté », en n'ayant pas prévu de sanction pour non application de la loi. Excès de confiance ?

            Une deuxième loi votée en 2001 cette fois à l'initiative d'une députée, Catherine Génisson prévoyait des sanctions pénales pour les contrevenants. Ces sanctions n'ont pratiquement jamais été prononcées.

 

            Ce qui, considérant l'ampleur des effets négatifs de la réforme des retraites sur les femmes  soulevés par la sénatrice Gisèle Printz et le cynisme des employeurs qui ont, en toute impunité,  fait des pieds de nez tant à Mme Roudy qu'à Mme Génisson, me fait largement douter de la volonté du Gouvernement de dépasser le simple affichage de mesures pour essayer de contenir la forte désapprobation de l'opinion.

 

            Et j'en reviens au nœud de la question : la sous représentation des femmes à l'Assemblée nationale  et au Sénat, là, où en démocratie s'exerce le pouvoir transformateur qui conditionne la vie des gens. Et où, parce qu'elles n'y représentent pas une masse critique suffisante, les femmes  peinent toujours à se faire entendre jusqu'au bout.  

11:53 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0)

20 septembre 2010

Retraites des femmes : le feu au lac !

Dans la précipitation, et devant le tollé général provoqué par les effets négatifs du projet de réforme des retraites sur les femmes, le Gouvernement veut inclure dans la loi sur les retraites  des pénalités pouvant aller jusqu'à 1% de la masse salariale dans les entreprises qui  ne respecteront pas l'égalité salariale entre les femmes et les hommes.

            Après avoir proposé d'intégrer le congé de maternité dans le calcul de la durée de cotisation, il s'agit d'un deuxième coup d'épée dans l'eau pour essayer d'éteindre à coup de mesurettes  le feu au lac que la réforme, tel un déni de justice pour les femmes, a allumé dans l'opinion.

            L'Assemblée des femmes -Observatoire de la parité du Languedoc-Roussillon, rappelle que la France qui a proclamé le principe de l'égalité de rémunération en 1983 affiche, trente ans plus tard des écarts de salaires de plus de 25%.

            L'Association souligne le caractère purement incitatif des pénalités de 1% dont il est d'ores et déjà prévu, dans la proposition de l'exécutif,  qu'elles n'auront rien d'automatique.

            Elle rappelle qu'une législation non contraignante produit des effets limités sur la parité : 10 ans après une modification constitutionnelle et le vote de plusieurs lois,  la part des femmes à l'Assemblée nationale demeure inférieure à 20% ; les parti politiques préfèrent s'acquitter des pénalités que faire élire des députés.

           

Rappelons que le report de 65 à 67 ans du bénéfice de la retraite à taux plein affectera particulièrement les femmes, que le montant des pensions des femmes trentenaires d'aujourd'hui sera toujours inférieur de 30% de celui des hommes  à l'horizon 2040/2050  (Source :  Conseil d'orientation des retraites -COR).

 

Communiqué de l'Assemblée des femmes-Observatoire de la parité du Languedoc Roussillon

 

11:27 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0)

16 septembre 2010

Sondages

Dans des sondages réalisés par les instituts IPSOS et IFOP pour les hebdomadaires « Le Point »  « Paris Match » parus cette semaine, « l'action des personnalités socialistes » est mesurée comme étant globalement en progrès. Ainsi, à l'exception de DSK et Martine Aubry qui enregistrent de légères baisses, Ségolène Royal et François Hollande progressent.

            Et, selon les premiers commentaires effectués concernant ces sondages, l'information à retenir est que la hausse la plus importante est celle de François Hollande.

En effet, pour IPSOS  François Hollande réalise une progression de + de 7 points en 1 mois (+ 13 points chez les sympathisants socialistes) ; plus largement, il réalise la plus forte hausse des 32 personnalités testées. Mieux encore, il a gagné 15 points de bonnes opinions en un an ; la progression de François est de 8 points dans le sondage IFOP.

D'aucuns analysent d'ores et déjà cette progression comme n'étant pas uniquement conjoncturelle mais structurelle dés lors qu'elle est régulière et ne semble pas être uniquement soumise aux soubresauts de l'actualité et/ou à des « coups d'éclats » que François Hollande aurait réalisés.

Cette embellie sondagière semble traduire une amélioration de la perception de François Hollande par l'opinion publique.

Sans méconnaître le fait que les sondages réalisés près de 2 ans avant une échéance présidentielle n'ont jamais donné le nom du vainqueur, le résultat des trois dernières élections présidentielles le prouvent, je demeure persuadée que la démarche engagée par François Hollande depuis plus d'un an pour rechercher des solutions crédibles et justes aux difficultés que les Français rencontrent quotidiennement en matière d'emploi porte ses fruits.

            De même que son engagement fort aux côtés des femmes, vent debout contre le projet de retraite qui ruinent leurs espérances de vie ! (Voir « Retraite des femmes », 9 septembre 2010).

 


1. Retrouver sur le blog l'interview de François Hollande lors du journal de 20 heures de TF1 mercredi 8 septembre.

13:12 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0)

15 septembre 2010

Cinq sénateurs et la burqa

A l'heure où la Direction nationale du Parti socialiste s'érige en donneuse de leçons, - la commission constituée au lendemain des régionales pour, initialement « concilier » le conflit languedocien qui avait débouché sur l'exclusion de 58 candidats socialistes présents sur la liste de Georges Frêche demande aujourd'hui par un habile détournement de l'objet de sa mission,  la mise à l'index de la Fédération de l'Hérault -, cinq sénateurs socialistes du Languedoc Roussillon, (Mr Courteau et Mr Rainaud, Aude ; Mr Sutour et Mme Laurent -Perrigot, Gard ;Mr Navarro, Hérault), se souvenant qu'ils avaient introduit fin 2008 dans la Déclaration de principe de leur parti, un nouvel article affirmant « le parti socialiste est féministe »,  se sont dissociés de la position du Groupe PS en votant hier la loi interdisant le voile intégral (la burqa) dans l'espace public.

            Ce qui pose trois questions.

Est-il plus condamnable d'enfreindre comme ils l'ont fait, la consigne de vote de leur parti, l'abstention sur ce texte, que de violer en l'espèce l'un des principes fondamentaux du PS ?

            Est-il condamnable, comme l'ont fait les cinq sénateurs, de placer les droits des femmes au dessus d'intérêts intra-partisants ?

Est-il condamnable de barrer,  même au grand dam de certains socialistes opposés aux droits des femmes,  la route des fondementalistes qui testent la République sur ce point ?

            J'ai toujours pensé que lorsque les revendications des féministes avançaient, il y avait à l'origine l'intervention d'une personnalité politique de premier plan.

L'histoire du Général de Gaulle,  demandant, au lendemain de la présidentielle qui l'avait placé en ballottage face à François Mitterrand au député Lucien Neurwith, un médecin, de ressortir du tiroir des oubliettes sa proposition de loi sur l'usage de la  contraception (le député avait découvert au Royaume Uni l'usage des contraceptifs «  au contact des petites anglaises ») est célèbre. Parce que François Mitterrand, inspiré à l'époque par le Mouvement démocratique féminin (MDF) avait osé pour la première fois en faire une proposition de campagne.

            Je salue donc le volontarisme politique des sénateurs languedociens qui n'ont pas hésité, dans l'intérêt des femmes, à « mêler leurs voix à celles de droite ». Parce que la cause était juste.  

            Reste à savoir si la Première secrétaire va demander leur exclusion.

            Sauf à penser qu'il s'agisse, à l'égard des agissements du Bureau national, d'un sévère avertissement lancé à Martine Aubry, avec une quarantaine d'autres sénateurs qui se sont aussi affranchis de la position du Groupe.  

           

16:59 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (3)