statistiques
Midilibre.fr
Tous les blogs | Alerter le modérateur| Envoyer à un ami | Créer un Blog

22 septembre 2010

Se faire entendre jusqu’au bout…

Après la publication du Communiqué « Retraite des femmes : le feu au lac », le 20 septembre 2010, c'est la sénatrice Gisèle Printz qui me répond en retour :

 

« Madame,

 

Vous avez appelé mon attention sur le projet de loi portant réforme des retraites qui vient d'être adopté par l'Assemblée Nationale. 

Pour moi ce texte du Gouvernement est injuste car il ne contient aucune proposition sérieuse sur la pénibilité ni sur les carrières longues. En outre, les efforts ne sont pas équitablement répartis puisqu'ils portent quasi exclusivement sur les salariés et les fonctionnaires. Avec le recul de la retraite à taux plein de 65 à 67 ans les femmes seront les grandes perdantes de cette réforme, et d'ailleurs, l'article 23 auquel vous faites référence en fournit une parfaite illustration.  

En effet, d'une part, il supprime le droit de partir à la retraite sans condition d'âge pour les fonctionnaires parents de trois enfants justifiant de quinze ans de service, sans égard ni plus de respect pour les choix et les projets de vie de milliers de femmes fonctionnaires, mères de famille déjà pénalisées par les congés parentaux et autres temps partiels.  

D'autre part, il fixe des règles de calcul de la pension moins favorables à partir du 1er janvier 2011 - et jusqu'au 31 décembre 2011 pour les parents demandant à bénéficier du dispositif transitoire. L'amendement n°728 rectifié du Gouvernement que vous évoquez, proposé sans doute suite aux fortes mobilisations, ne résout que très partiellement, pour ne pas dire aucunement, le problème soulevé. 

En effet, les conditions de calcul restent inchangées pour les seuls agents qui sont aujourd'hui à cinq ans de l'âge de la retraite : les salariés âgés de 57 ans au moins au 1er janvier 2011. Pour les autres, le bénéfice de la règle des paramètres applicables à la date où l'agent remplit les conditions du dispositif - trois enfants et quinze années de service - reste remis en cause, avec la conséquence que cela emporte concernant l'exclusion de ces personnes du bénéfice du minimum garanti. 

Je serai donc très attentive à ce projet de loi lors de son examen au Sénat, je ne manquerai pas d'intervenir sur les dispositions relatives à la retraite des femmes pour plus d'équité et de justice. Je demanderai par ailleurs à ce que les dispositions de l'article 23 qui vous est préjudiciable soient révisées.  

Restant à votre écoute, je vous prie de croire, Madame, à l'assurance de parfaite considération. 

Gisèle Printz »

 

... suivie de Camille S F, journaliste à Midi-Libre qui ajoute « heureusement que tu restes sur le qui vive !  », ce qui me fait vraiment plaisir, mais ne m'évite pas au passage de me faire en... par Yvette Roudy,  Ministre des droits de la femme de 1981 à 1986, qui me dit : « Sauf erreur  l'auteur de la première loi sur l'Egalité professionnelle de 1983  s'appelle Roudy. On peut le rappeler. Ce n'est pas infamant

Amicalement

Yvette Roudy ».

 

            C'est juste, j'aurais du préciser, Mme Roudy est bien l'inventeure de cette première loi sur l'Egalité professionnelle ... qui n'a jamais été réellement appliquée. A l'époque, les entreprises devaient présenter un rapport annuel sur les inégalités hommes-femmes ;  dans les faits il tenait généralement en un ligne : « il n'y a pas de problème particulier d'égalité dans notre entreprise ».

            Mme Roudy a confié plusieurs fois sa « naïveté », en n'ayant pas prévu de sanction pour non application de la loi. Excès de confiance ?

            Une deuxième loi votée en 2001 cette fois à l'initiative d'une députée, Catherine Génisson prévoyait des sanctions pénales pour les contrevenants. Ces sanctions n'ont pratiquement jamais été prononcées.

 

            Ce qui, considérant l'ampleur des effets négatifs de la réforme des retraites sur les femmes  soulevés par la sénatrice Gisèle Printz et le cynisme des employeurs qui ont, en toute impunité,  fait des pieds de nez tant à Mme Roudy qu'à Mme Génisson, me fait largement douter de la volonté du Gouvernement de dépasser le simple affichage de mesures pour essayer de contenir la forte désapprobation de l'opinion.

 

            Et j'en reviens au nœud de la question : la sous représentation des femmes à l'Assemblée nationale  et au Sénat, là, où en démocratie s'exerce le pouvoir transformateur qui conditionne la vie des gens. Et où, parce qu'elles n'y représentent pas une masse critique suffisante, les femmes  peinent toujours à se faire entendre jusqu'au bout.  

11:53 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0)

Les commentaires sont fermés.