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24 juillet 2010

INVITATION

photo chappert(2).jpgMarcelle Chappert (Voir « Les mots justes », 17 mai 2010)  m'a légué une partie de sa bibliothèque.

            Comme fait exprès, un carton d'invitation a surgi ce matin dés l'ouverture du premier livre,  un vieux bouquin (Le fait féminin -Qu'est ce qu'une femme ?*).  

            INVITATION...

«          Pour vous Monsieur : Une réunion scientifique

                     Pour vous Madame : Une présentation de mode »

            Bref, un laboratoire pharmaceutique invite des Monsieur à écouter quelques sommités médicales, notamment sur les « Risques contre les bénéfices du traitement des ménopause par les œstrogènes » où les Madame, vous le voyez,  ne sont pas conviées.

            Par contre à la même heure,  elles le sont,  à un  « Show-mode » organisé, précise l'invitation,  par la Boutique x (Lanvin, Timwear, Ungaro), la Bijouterie y, le Chausseur z (Cardin, Dior, Danau) et le fleuriste r ;  le tout clôturé par un « lunch »  (après 20 heures 30 ?) et  placé  comme il se doit,  sous le signe de « l'élégance » et de la ... « médecine ». J'en déduis que pendant que les sommités médicales dissertaient doctement de santé féminine entre eux aux frais du dit laboratoire, les femmes étaient simplement  invitées à dépenser l'argent de leurs praticiens de conjoints sur place. Une réponse à  la question que pose ce vieux bouquin : Qu'est-ce qu'une femme ?

            Rien ne dit si elles étaient venues nombreuses à cette fameuse  soirée du 24 mars 1981 à l'Hôtel Sofitel Nîmes.

Line Fromental.JPGMais m'autorise réïtérer ce que j'écrivais récemment à un homme politique de premier plan,  à propos de Brins d'enfance, le premier livre de Line Fromental (Editions du Papillon Rouge, 2009 - Voir « Brins d'enfance », 8 février 2010) dont l'aspect pédagogique permet en un trait de plume  de mesurer le chemin parcouru par les femmes depuis 50 ans.

 Et me permet d'affirmer que personne n'oserait désormais,  même si l'auteure de Brins d'enfance est épouse de médecin, produire aujourd'hui une telle invitation ...

            Vous voyez bien qu'on avance !

 

* « Le fait féminin. Qu'est ce qu'une femme ? », sous la direction de Evelyne Sullerot, préface de André Lwoff, prix Nobel- Editions Fayard - 1978.

           

20:16 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0)

23 juillet 2010

34° à l’ombre

Deux femmes voilées et vêtues de la tête au pied,  « seul leur visage était découvert »,  ont prétendu mardi dernier dans l'Aude se baigner ainsi dans la piscine d'un centre de vacances géré à Port -Leucate par la Fédération des œuvres laïques de l'Aude (FAOL).

            Ce qui leur a été refusé ... au seul motif du règlement intérieur qui stipule que la tenue pour la baignade est le maillot de bains.

            Soit !

            Toutefois, tant l'attitude de la FAOL, « à la direction du village de vacances on minimise l'incident » (Midi-Libre du 22 juillet 2010), que les propos de la sous-préfète de Narbonne, considérant que « c'est avant tout un problème de règlement intérieur du centre de vacances, mis en place pour des raisons d'hygiène et sanitaires ... » demeurent choquants.

            Parce qu'ils occultent sciemment l'existence de ces « fondementalistes, pas fous qui commencent par la burqa puis demandent des piscines et des classes séparées ... » (Voir Yvette Roudy dans « La colère d'Yvette », 19 juillet 2010)   . Et tant la Fédération des œuvres laïques le d'Aude que la représentante de l'Etat qui s'abritent pour ne pas faire de vagues derrière l'hypocrisie du prétexte réglementaire ne grandissent pas l'honneur de la République.

            Les premiers, parce qu'ils n'ont pas hésité à trahir leurs principes laïques et républicains, la seconde parce qu'elle n'a pas osé aller jusqu'au bout de la logique du Gouvernement qu'elle est censée représenter à Narbonne et dont la majorité vient de voter une  loi sur l'interdiction du voile intégral.

            Je participais fin juin à la Marche mondiale des femmes à Istambul. Dans cette ville cosmopolite où les femmes ont le droit de vote depuis 1934, où la polygamie est interdite depuis 1926,  le voile quand ce n'est pas le niqab,  sinistre et noir,  est désormais la règle.

            L'incident survenu à Port-Leucate n'est pas un hasard. Ni certainement une exception. Sur le parking des piscines de l'Espace de Liberté à Narbonne, le même jour un monsieur et une dame attendaient. Le premier portait une grande barbe, et elle abhorrait le voile sinistre et noir, intégral.

            Il faisait 34° à l'ombre !          

16:08 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0)

22 juillet 2010

Huis clos et motus les femmes

C'est une évidence,  force est de constater que ce sont les femmes qui vont encore une fois  payer la note de la réforme des retraites.

L'Indépendant Dupuis RETRAITES 22 juin 2010.pdf

            La  délégation  aux droits des femmes de l'Assemblée nationale que préside la députée UMP Marie-Jo Zimmermann vient de faire le constat de l'effet négatif de la réforme de 2003 sur le montant des pensions des femmes  : en 2004 ces montants représentent en moyenne 62% de ceux perçus par les hommes (1020 euros contre 1636), les droits acquis par les femmes en 2008 ne représentant que 58% de ceux des hommes. En clair et bref, la moitié des femmes ont une retraite inférieure à 900 euros contre 20% des hommes. Et  le Gouvernement a beau prétendre que « les inégalités du niveau des pensions résultent des écarts persitants dans le déroulement des carrières professionnelles », les projections effectuées par le Conseil d'orientation des retraites (COR) montrent  qu'avec la réforme, les choses ne vont pas s'arranger !

            Mais c'est secret d'Etat. L'examen de ces questions en Commission des affaires sociales se fait actuellement à huis clos (Le Monde, 21 juillet 2010). J'en conclue, les femmes, motus !

            Pourtant, dans son Rapport, Mme Zimmermann (UMP), avec courage monte contre le Projet de sa majorité : « ce sont les femmes qui vont devoir travailler jusqu'à 67 ans ou qui partiront avec des retraites incomplètes ». Et de souligner que dans la mesure où « leurs carrières sont en moyenne plus courtes, elles sont contraintes de liquider leurs droits plus tard ». Sans parler des conséquences du temps partiel que le projet de loi ignore qui « va peser de plus en plus fortement sur les pensions des femmes » ; actuellement, 82% des travailleurs à temps partiel sont des femmes, 30%  des femmes actives n'ont pas d'emploi à temps plein contre 5, 7% des hommes.

            Solution : la délégation aux droits des femmes demande des « correctifs obligatoires » ; sa présidente a déposé plusieurs amendements dans ce sens.

            Ce n'est semble-t-il pas l'avis ni du Président du groupe UMP, Jean-François Copé, ni celui de la Commission des affaires sociales, Pierre Méhaignerie (UMP).

            Et comme une fois de plus, vous le voyez, ce sont les hommes qui décident, le huis clos a été décrété sur ces travaux. Histoire pour la majorité de montrer qu'il n'y a pas de problème puisque le problème n'existe pas.

            Sauf si Florence, l'épouse du Ministre en charge avait travaillé à temps partiel pour 200 000 euros annuels.

            Et si là aussi  c'était « Huis clos et  motus les femmes » ?

10:10 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0)

20 juillet 2010

Parti champêtre

C'est de bonne guerre, l'été arrivé, le député soigne ses ouailles. Discours, cela va de soi, repas « champêtre » sous les arbres et ... imparité. Sur la photo, les pages locales de Midi-Libre (20 juillet 2010), ILS sont, (en plus du bout du nez d'un sixième) cinq à témoigner du succès : entre autres,  un député-maire, vice-président du conseil général ;  un sénateur maire vice président du conseil général ; un maire ; un conseiller général, maire de sa commune...

            Côté discours, il n'y a rien à dire : « situation alarmante de l'économie », « réforme des retraites injuste », « démocratie locale mise en pièce par le projet de loi de réforme territoriale ».

            Côté imparité, par contre c'est gagné !

            Nous adressons donc nos félicitations à ces socialistes qui se sont affirmés l'année dernière « féministes » dans leur Déclaration de principe et qui ont adopté le mois dernier comme un seul homme la parité en tant que clef de voûte de la rénovation de leur parti.

            C'est vrai, ce n'est pas gentil ce que je dis.

            Mais il paraît, que la fête était si réussie, qu'à la fin ils se sont mis à danser. Entre eux ?

13:57 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0)

19 juillet 2010

La colère d’Yvette

C'est le Magazine Mariane de cette semaine qui le rapporte. L'ancienne Ministre des droits de la femme de François Mitterrand, Yvette Roudy a poussé un grosse colère contre l'abstention des socialistes lors du vote de la loi interdisant le voile intégral, dite, loi antiburqa.

            Adoptée en première lecture à l'Assemblée nationale le 13 juillet par 335 voix contre une, celle d'un député UMP, les Verts, et les socialistes se sont abstenus au motif « du risque juridique » présenté par une telle loi, à savoir une censure possible du Conseil constitutionnel.

            Dis plus clairement, cela s'appelle le manque de courage. D'un côté, le PS ne voulait pas mélanger ses voix à celles de l'UMP (même pour protéger les droits des femmes), et de l'autre, il ne voulait pas se mettre à dos une partie de son électorat, femmes et féministes notamment, favorables à la loi contre la burqa.

            Yvette Roudy a donc écrit à Jean-Marc Ayrault, le président du Groupe socialiste pour « l'engueuler », et elle sait faire : « Les fondementalistes ne sont pas fous, ils commencent par la burqa, ensuite ils demanderont des piscines et des classes séparées ( ...) ils savent que pour certains socialistes cette question n'est pas toujours prioritaire ».

            J'ajoute que celle relative aux femmes en général ne l'est toujours pas.

            Vous faisant grâce des mille exemples qui me viennent immédiatement en mémoire, je rappellerai simplement qu'en d'autres temps, d'autres socialistes avaient, en entraînant le reste de la Gauche parlementaire, apporté leurs suffrages à la Loi Veil sur la dépénalisation de l'avortement que la seule majorité de droite n'aurait pas réussi à faire passer.

            C'était en 1974. Donc pour certain(e)s aux calendes grecques.

            Seule Yvette ne l'a pas oublié. Et seulement deux députés socialistes, Aurelli Felippeti et Manuel Vals (ils ont voté contre la Burqa) se sont souvenus qu'ils avaient introduit dans la Déclaration de principe de leur Parti, un nouvel article affirmant « le Parti socialiste est féministe ».

           Oui mais voilà, rien ne proclame dans cette Déclaration que « le Parti socialiste n'est pas hypocrite » !

            Je joins mon courroux à celui de Mme Yvette Roudy, par ailleurs présidente nationale et fondatrice de l'Assemblée des femmes.

11:00 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (2)