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22 juillet 2010

Huis clos et motus les femmes

C'est une évidence,  force est de constater que ce sont les femmes qui vont encore une fois  payer la note de la réforme des retraites.

L'Indépendant Dupuis RETRAITES 22 juin 2010.pdf

            La  délégation  aux droits des femmes de l'Assemblée nationale que préside la députée UMP Marie-Jo Zimmermann vient de faire le constat de l'effet négatif de la réforme de 2003 sur le montant des pensions des femmes  : en 2004 ces montants représentent en moyenne 62% de ceux perçus par les hommes (1020 euros contre 1636), les droits acquis par les femmes en 2008 ne représentant que 58% de ceux des hommes. En clair et bref, la moitié des femmes ont une retraite inférieure à 900 euros contre 20% des hommes. Et  le Gouvernement a beau prétendre que « les inégalités du niveau des pensions résultent des écarts persitants dans le déroulement des carrières professionnelles », les projections effectuées par le Conseil d'orientation des retraites (COR) montrent  qu'avec la réforme, les choses ne vont pas s'arranger !

            Mais c'est secret d'Etat. L'examen de ces questions en Commission des affaires sociales se fait actuellement à huis clos (Le Monde, 21 juillet 2010). J'en conclue, les femmes, motus !

            Pourtant, dans son Rapport, Mme Zimmermann (UMP), avec courage monte contre le Projet de sa majorité : « ce sont les femmes qui vont devoir travailler jusqu'à 67 ans ou qui partiront avec des retraites incomplètes ». Et de souligner que dans la mesure où « leurs carrières sont en moyenne plus courtes, elles sont contraintes de liquider leurs droits plus tard ». Sans parler des conséquences du temps partiel que le projet de loi ignore qui « va peser de plus en plus fortement sur les pensions des femmes » ; actuellement, 82% des travailleurs à temps partiel sont des femmes, 30%  des femmes actives n'ont pas d'emploi à temps plein contre 5, 7% des hommes.

            Solution : la délégation aux droits des femmes demande des « correctifs obligatoires » ; sa présidente a déposé plusieurs amendements dans ce sens.

            Ce n'est semble-t-il pas l'avis ni du Président du groupe UMP, Jean-François Copé, ni celui de la Commission des affaires sociales, Pierre Méhaignerie (UMP).

            Et comme une fois de plus, vous le voyez, ce sont les hommes qui décident, le huis clos a été décrété sur ces travaux. Histoire pour la majorité de montrer qu'il n'y a pas de problème puisque le problème n'existe pas.

            Sauf si Florence, l'épouse du Ministre en charge avait travaillé à temps partiel pour 200 000 euros annuels.

            Et si là aussi  c'était « Huis clos et  motus les femmes » ?

10:10 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0)

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