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31 mars 2010

Scélérats !

 

  Au Conseil national du Parti socialiste du 27 mars, Laurent Fabius, ancien Premier Ministre a lancé : « Les textes gouvernementaux sont scélérats. On dit que la réforme (territoriale) est destinée à combattre l'abstention. Non ! Elle est destinée à combattre le mauvais score de l'UMP  (Le Figaro, 29 mars 2010).  Il est loin d'avoir tort. Sauf qu'il omet de dire que la Réforme  est aussi destinée à assassiner la parité.

Un calcul de projection[1] prenant en compte les proportions d'hommes et de femmes dans le conseil régional et les 5 conseils généraux du Languedoc Roussillon : respectivement 45,45% de femmes élues au scrutin de liste (en 2010), pour seulement 9,7% d'élues au scrutin uninominal (cantonales de  2008) permet sur cette base, d'anticiper  les conséquences du mode d'élection des futurs conseillers territoriaux sur la parité.

 

 Projection F/H aux élections territoriales de 2014, selon le mode de scrutin  (Languedoc-Roussillon)

 

 

Scrutin de liste

20% des conseillers territoriaux

avec contrainte paritaire

sur projection régionales 2010

=45,45 %F 54,55 %H

Scrutin uninominal

80% des conseillers territoriaux

sans contrainte paritaire

sur projection cantonales 2008

= 9,7%F et 90,3%H

Total

Femmes

9,01%

7,8%

16,8%

Hommes

10,9%

72,2%

83,2

Total

20%

80%

100%

 

Après le scrutin régional des 14 et 21 mars 2010, le Languedoc Roussillon, rappelons le,  a élu 45, 45% de conseillères régionales et 53% de vice-présidentes.

La réforme est destinée à ramener à 16,8% la proportion de femmes dans la future Assemblée territoriale du Languedoc Roussillon. Et la France entière sera touchée dans les mêmes proportions.

Je ma suis demandée si Mr Fabius le savait ou semblait volontairement l'ignorer.

Car, au moment où le projet de l'exécutif vise aussi à diviser par deux le nombre total d'élus territoriaux, éliminer les femmes peut représenter une solution  pour faire davantage de place aux hommes. Et, pour reprendre la logique de Laurent Fabius, « il est plus facile à un homme de céder sa place à une femme dans l'autobus que son siège de député ».

Il serait donc criminel que le Parti socialiste se prête à cette hypocrisie dont, au bout du compte, parce que c'est la patronne, Martine Aubry porterait la seule responsabilité.

Les femmes ont cependant des alliés.

A l'occasion  de la réunion de l'Union départementale des Elus socialistes et républicains de l'Aude du 27 février 2010 à Capendu, j'ai saisi de ce souci le Sénateur Roland Courteau, son Président.

J'ai appris par la suite qu'il avait soulevé la question de « la parité assassinée » devant une assemblée de plus de 700 élus audois.

Un exemple à suivre et à méditer.

 



[1] Calcul effectué pour le Languedoc-Roussillon selon la méthode déterminée par l'Observatoire de la parité entre les femmes et les hommes, Service du Premier Ministre.

11:48 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0)

30 mars 2010

Maison closes

     Réouverture des Maisons closes : c'est le cadeau aux femmes que nous fait la nouvelle Rapporteure générale de l'Observatoire de la parité entre les femmes et les hommes, Service du Premier Ministre à Paris, Chantal Brunel, députée UMP  qui propose ainsi de faire de la prostitution une activité professionnelle..

            Dans un communiqué, le Mouvement Citoyennes Maintenant, « s'indigne de la remise en cause du principe éthique et humaniste du respect sans condition du corps humain en général et du corps des femmes en particulier »  et appelle tous les défenseurs des droits de l'être humain à s'unir pour combattre cette indignité.

            Le Mouvement Citoyennes Maintenant rappelle en outre :

« En 1946, il a été mis un terme à un régime « réglementariste » que la France avait d'ailleurs, inventé et expérimenté, en interdisant les maisons de prostitution qui se sont révélées être, en fin de compte, des établissements à risque sanitaire, de séquestration et de traite des femmes.

En 1960, en ratifiant la Convention des NATIONS UNIES de 1949, puis en adoptant ,notamment, les deux Ordonnances  qui posent le socle de notre système, la France est définitivement entrée dans le champ des pays abolitionnistes et interdit donc de tirer profit de la prostitution d'autrui. »

Comment, s'interroge le Mouvement,  des «  représentant(e)s élu(e)s du Peuple français pourraient, au mépris de tous les droits fondamentaux, proposer une loi qui va à l'encontre de tous les principes que défend notre pays ? ».

« Certains pays européens réglementent le proxénétisme. Ce sont eux qu'il faut  gagner au principe abolitionniste et non le contraire, alors qu'il est démontré que ces pays sont désormais confrontés à des problèmes très durs de criminalité organisée.

Cette proposition aberrante est en fait « cousue de fil blanc ».Sous couvert de vouloir se préoccuper du « bien-être » des prostitué(e)s, il s'agit en fait de se préoccuper surtout du confort  des clients dont la demande est incessante et de drainer, à travers des réseaux hôteliers  « honorables » les énormes profits dégagés par la prostitution.

 Le cynisme de ce projet est intolérable : il va permettre d'organiser l'exploitation sexuelle des femmes en situation de  précarité et de pauvreté  en se donnant la bonne conscience d'être dans la nécessité d'aménager une fatalité.

Des milliers de femmes, françaises et étrangères, continueront, sous le label d'une « profession » qui, elle, ne sera jamais « honorable », d'être contraintes par les coups et les viols par les trafiquants internationaux qui ne peuvent que se réjouir à chaque fois que saute un  verrou abolitionniste ».

citoyennes maintenant
Adresse(s) de messagerie :
  citoyennes@gmail.com

 

 

08:21 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (2)

27 mars 2010

Total respect

C'est le thème de la manifestation du Mouvement Ni Putes Ni Soumises, organisée à Narbonne  samedi 3 avril, et c'est leur 5e édition.

            Rendez-vous donc toute le journée pour ceux qui le souhaitent au Palais du Travail, mixité, égalité laïcité, respect seront au menu, et au centre des rencontres, des échanges, des films, des musiques et des débats.

            A 16 heures 30 donc, présence  de personnalités  engagées dans ce combat.

NPNS NARBONNE DEPLIANT_2010 (1).pdf

NPNS NARBONNE AFFICHE_A3_DEBAT[1].pdf

08:49 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0)

26 mars 2010

Sectarisme à la Coopol

 

            La coopérative politique du Parti socialiste, La Coopol, elle se définit comme « Le Réseau social du Parti socialiste pour tous ceux qui veulent débattre et agir à gauche » (ce n'est pas une blague !), vient pour la deuxième fois en un mois de claquer la porte au nez à ce militant socialiste dont je vous parlais déjà le 11 mars dans « Oukases et Commandement ».

            Je viens, me signale-t-il, de recevoir le message suivant : « Votre comportement a été de nouveau signalé comme abusif sur le groupe « Violence faite aux femmes ». Coup de froid : aurait-il laissé son épouse, sa compagne, sa conjointe  comme morte sous ses coups ?

            Main non! C'est bien pire : « Vos posts à propos de Geneviève Tapié n'ont à priori pas de rapport avec le groupe et la responsable du groupe ne souhaite pas que vous continuiez à les publier ».  

Si je m'interroge sur le mutisme de la dite responsable, je ne puis croire à son ignorance qui porterait à penser que seule la sphère privée est le lieu d'exaction des violences.

 J'ai peu pour habitude de faire état de mon cas personnel. Mais les faits rapportés par le Réseau Demain la parité le 2 mars (Voir « Le Parti socialiste français s'oppose à  la remise du Prix de l'européenne ayant le plus œuvré pour la parité en 2009, la française Geneviève Tapié », 2 mars 2010), témoignent d'une violence dans la sphère publique, au sein même d'un Parti, qui a fait en son temps, de Mitterrand, à Roudy et Jospin, du droit des femmes le fer de lance de tous ses combats.

            Et ce n'est pas parce que l'actuelle Première secrétaire, alors numéro 2 du Gouvernement Jospin a récusé en 1997  pendant plus de  6 mois toutes les femmes politiques féministes au poste de Secrétaire d'Etat aux droits des femmes, (je pense à Marie-Claude Vayssade, députée européenne pendant 3 mandats ou à Françoise Gaspard, plusieurs fois parlementaire, maire de Dreux célèbre pour avoir bouté le Front national hors des murs de la Ville et initiatrice du mouvement pour la parité) ; ce n'est pas parce que  l'année suivante Martine Aubry à marqué sa résistance  à l'allongement du délais de l'IVG, deux mesures finalement imposées par Lionel Jospin, qu'elle doive l'ignorer. Et balayer d'un trait les travaux d'un corpus de recherche important, sur les violences faites aux femmes en politique, par ailleurs présentés par l'Universitaire Sandra Frey aux journées de la Rochelle en août 2006.

            Que les administrateurs de la Coopol ne le sachent pas n'a rien d'anormal. Leur rôle semble se limiter à celui de Commissaire politique.

Mais qu'ils s'acharnent sur Yves Epain, puisque c'est de lui qu'il s'agit, pour avoir « posté un message sur la nomination de 8 femmes au Conseil régional Languedoc Roussillon », (Voir, « 8 femmes », 24 mars 2010) relève d'un sectarisme « imbécile » selon le mot de Mitterrand.

            Et quand ces mêmes « Commissaires »  suspendent en guise de sanction le compte de Yves Epain jusqu'au 29 mars, je me dis, sans vouloir paraphraser Georges Frêche, qu'au Parti socialiste, nous sommes décidément  retournés à l'école maternelle.

            Avec Martine comme directeur, certainement, car elle pourrait considérer que  Martine directrice d'école maternelle dévaloriserait  sa fonction.

09:57 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (4)

24 mars 2010

« 8 femmes »

« 8 femmes » ! Elles seront donc huit à siéger à partir de vendredi « parmi les 15 ministre du Gouvernement Frêche II »  (Parick Nappez, Midi-Libre 24 mars 2010). Ce qui signifie de la part du chef de l'exécutif une interprétation large de la loi sur la parité ; elle stipule que sur les listes « l'écart entre le nombre des candidats de chaque sexe ne peut être supérieur à un ».

            Une belle avancée donc (53% de vice -présidentes) qui respecte non seulement la lettre de la Loi, mais l'esprit des engagements pris ; en novembre 2008, Georges Frêche, en signant la « Charte européenne pour l'égalité des femmes et des hommes dans la vie locale »[1] s'était engagé à faire de la participation équilibrée des femmes et des hommes à la prise de décision, un préalable de la société démocratique.

Rapport bon de souscription.doc (Les femmes sur la scène politique régionale. Radiographie de la parité en Languedoc Roussillon. Doc 87 pages, juillet 2009).

            Et si besoin est de le répéter, la preuve par neuf, d'une volonté politique forte, exprimée par une personnalité de premier plan, pour que notre Région tire le meilleur parti des aptitudes spécifiques des femmes en augmentant leur participation à la Res publica


 

[1] http://www.ccre.org/docs/banner_charter_fr.doc

08:41 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (1)