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17 janvier 2010

Jupes dorées

Un temps il y a eu les « jupettes », du nom de l’ancien Premier Ministre Alain Jupé entré dans l’histoire du féminisme pour avoir à la première occasion  licencié sans préavis un paquet de femmes membres de son Gouvernement. Il y a aujourd’hui les « golden skirts », entendre les « jupes dorées ». Une invention du monde de la grande entreprise norvégienne pour désigner les nouvelles recrues que la loi leur a imposée dans leurs Conseils d’administration. A Oslo, depuis 2003, une loi impose aux sociétés cotées de compter un minimum de 40% de femmes dans leurs Conseils d’administration depuis 2006 : cela semble bien avoir  marché, aujourd’hui elles sont 44%, bref, une quasi parité.

            En France, la « bagarre » démarre mercredi à l’Assemblée nationale. Du pain béni pour l’UMP qui s’assure une tribune  à la veille des élections régionales.

            Il n’empêche. Actuellement le taux de féminisation des conseils des entreprises du CAC 40 est de 10% (22% en Suède, 21% en Finlande, 15% au Royaume Uni) ; l’objectif est de le porter à 40% dans les 6 ans qui suivront  la promulgation de la loi.

            C’est là que le bât blesse. D’une part, les décrets d’application des lois peuvent dans notre pays s’éterniser pendant des années – la loi permettant aux femmes de donner leur nom à leurs enfants a mis plus de 5 ans à s’appliquer -, d’autre part, les sanctions prévues ne devenant effectives que 6 ans après, comptons dans le pire des cas une petite parité dans 11 ans.

            De quoi laisser aux administrateurs en place le temps de continuer a empocher tranquillement leurs indemnités, et aux comités de rémunération de ronronner dans la douce torpeur des écarts de salaires entre les hommes et les femmes,  toujours prégnants  malgré une législation « a travail égal, salaire égal » qui date de près de 40 ans (1972).  

            J’attends donc, au-delà des cris d’alarme (« il faudra trouver dans les 6 ans 1350 femmes pour siéger dans les 650 entreprises cotées ! »), les déclarations vertueuses des troupes de Mr Copé (du style « on mesure la modernité d’une société à la manière dont on traite les femmes », que je ne peux qu’approuver),  la main sur le cœur et le regard bleu fixé sur le vote des femmes aux régionales.

            Quant à la principale force d’opposition, le Parti socialiste, il ferait bien aussi peut-être de s’en préoccuper ! Des femmes. Car même quant elles ne portent pas de « jupes dorées », leur talent est un moteur de développement régional. A condition de le reconnaître et de leur donner les moyens de l’exercer !

 

NB : a propos de «  La parité hors de la loi » (12 janvier 2010) Colette Kréder, fondatrice du Réseau d’Associations féminines « Demain la parité », me signale 2 choses : la première qu’il n’y a pas 3 mais 6 femmes têtes de liste UMP aux régionales

http://www.lemouvementpopulaire.fr/pdf/Tetes_Listes_regionales_2010.pdf

et la seconde que Mme Bernadette Malgorm, ancienne préfète, candidate en Bretagne se situe « dans la ligne gaulliste de gauche, et n'est affilié à aucun parti ».

11:18 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0)

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