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04 décembre 2009

La pîqure de rappel

A Saint-Georges de Levejac en Lozère, le maire est une femme. Quand Madeleine Malaval a été élue en mars 2008, « faute de candidat homme, le maire ne souhaitait pas se représenter », elle a voulu créer une halte garderie dans son village. Au Conseil municipal, la réponse a aussitôt fusé « : « Les femmes n’ont qu’à s’occuper de leurs gamins » et le premier adjoint a ajouté: « On ne va pas se faire commander par une étrangère ! ». http://www.ps11.fr/spip/php?article264

Depuis hier, les médias nous administrent une piqûre de rappel. On (re) découvre qu’en ce début du XXIe siècle, les femmes « assurent toujours 80% des tâches ménagères » et que lorsque l’enfant paraît, ce sont toujours elles qui prennent les congés parentaux, sacrifiant par là même leur propre carrière.

On s’étonne alors, que tout en étant plus diplômées que les hommes, elles persistent à percevoir des salaires inférieurs de 27% de ceux de leurs collègues masculins.

Et de s’indigner en chœur, et la main sur le cœur, de l’échec de la parité dans les grandes entreprises ou dans les milieux politiques.

Aimé Laffon, un élu délicieux du Grand Narbonne, déçu d’avoir vu sa commune, Marcorigan, classée au palmarès de l’Assemblée des femmes-Observatoire de la parité du Languedoc-Roussillon au rang des municipalités « en bonne voie », s’explique : http://www.ps11.fr/spip/php?article264,  « Je suis déçu, classé comme commune en bonne voie avec 6 femmes sur 15 hommes au conseil municipal. 5 des 6 femmes ne sont pas originaires de la commune. Il y a beaucoup de femmes jeunes, mères de famille, qui travaillent et n’ont pas le temps. Les plus âgées veulent être disponibles pour leurs enfants qui sont loin ». Et Marie Bat, sa voisine, maire de Bages (Aude) de préciser : « Le fait de mettre au monde des enfants, la chose la plus formidable, nous enferme dans une sorte d’esclavage et de soumission ». 

 Le Projet de loi relatif à l’élection des conseillers territoriaux qui sera discutée dans les prochains jours à l’Assemblée nationale est l’occasion de rappeler aux élus et à l’ensemble des électrices et des électeurs que la modification du 23 juin 1999 de notre constitution rend les partis politiques responsables d’un nouveau principe républicain : le partage du pouvoir entre les femmes et les hommes. Ce principe est un principe constitutionnel consacré, aussi impérieux que celui du suffrage universel ou de la séparation des pouvoirs.

            Or, il est démontré que sans incitation légale et contraignante, la parité de représentation n’est pas respectée dans les assemblées élues. Rapport bon de souscription.doc

            Cessons donc toute hypocrisie ! Notre société fonctionne encore aujourd’hui comme dans les années 1950, quand les femmes ne travaillaient pas !

            Par conséquent la partage du pouvoir entre les hommes et les femmes, principe consacré par la Constitution ne deviendra effectif que lorsque toute hypocrisie cessera.

            20% de femmes à l’Assemblée nationale peuvent-elles changer le cours des choses ?

Le nouveau défi de ce XXIe siècle est d’inscrire à l’agenda politique et institutionnel, un débat décisif pour arrêter des mesures susceptibles de permettre aux femmes de mener (à marche forcée ?) leurs 3 ou 4 vies : professionnelles, politiques, familiales, culturelles….

            Plutôt que de s’esbaudir sur ces « nouveaux pères » qui poussent le landau, mais le lâchent à la moindre occasion : en 20 ans le temps passé aux tâches à la maison par les pères de famille a augmenté de 6 minutes par jour.

            Ce n’est pas moi qui le dis, c’est l’enquête de l’Ined dont on nous administrent aujourd’hui la piqûre de rappel.

18:16 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (1)

Commentaires

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Écrit par : poussant.hebert | 05 décembre 2009

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